VENISE MENACEE PAR L'EMPEREUR
des occasions qui se présenteront de pouvoir entrer en conférence avec les ministres de TEIectcur de Bavière et du duc de Savoie, et de se servir utilement de tous les moyens que le Roi lui donne pour les détacher des intérêts de ses ennemis.
Sa Majesté lui fait remettre entre les mains toutes les lettres de créance nécessaires pour lesdits Princes et Etats et deux labiés de chiffres, dont la première lui servira pour ses lettres ordinaires, et l'autre pour les points qui seront d'une plus grande conséquence, et il ne manquera pas d'informer directement Sa Majesté par tous les ordinaires de ce qu'il fera en exécution de ses ordres, et môme dépêchera des courriers lorsqu'il le jugera nécessaire pour être plus promptement instruits ^les intentions de Sa Majesté dans les affaires les plus importantes.
Fait à Versailles, le 13 septembre 1691.
AI>OlTI0N A l'instruction QUE LE ROI A FAIT REMETTRE ENTRE LES MAINS DU SIEUR COMTE DE RÉBENAC, s'eN ALLANT POUR LE SERVICE I>E SA MAJESTÉ EN ITALIE.
Aff. Etr. Cor. Venise, vol. CXVI, fol. 249.
Fontainebleau, le 20* septembre 1691.
Quoique Sa Majesté ait assez fait connoître audit sieur de Rébenac par le susdit mémoire, que, s'il y avoit quelque négociation à faire avec le pape pour porter Sa Sainteté à prendre des liaisons avec tous les princes et états d*Italie pour le réto- Wissement de la paix, elle ne vouloit pas qu'aucun autre que le cardinal de Forbin en fût chargé, étant bien persuadée qu'il se conduira toujours dans l'exécution des ordres de Sa Majesté 3vec tout le zèle et l'habileté nécessaires pour les faire réussir, et qu'elle sait bien aussi que ledit sieur de Rébenac n'a proposé d*allor à Rome que comme un lieu d'<»ntrepôt, d'où il
pourroit prendre de justes mesures et pour se rendre à Venis< dans le temps qu'il s'y pourroit aboucher avec les ducs d< Bavière et de Savoie ; néanmoins, Sa Majesté a jugé à propo de lui ordonner, par ce mémoire, de ne point aller à Rome, i moins que ledit sieur cardinal de Porbin, auquel le Roi envoi dès à présent l'extrait de ladite ii^struction touchant les raison dont on pouvoit se servir auprès de Sa Sainteté pour la porte à s'unir avec les princes et états d'Italie pour le rétablissemen de la paix, n'écrive audit sieur de Rébenac pendant le séjou qu'il pourra faire à Florence, qu'il croit être absolument néces saire pour le service de Sa Majesté que ledit sieur de Rébena se rende à Rome, et que ledit cardinal ne soit persuadé qu cet envoi extraordinaire fera plus d'impression sur l'esprit d Sa Sainteté que les insinuations dont ledit sieur Cardinal s pouvoit servir. -.Et, pour lui donner lieu d'en bien juger, Tins truction de Sa Majesté est, qu'après que ledit sieur de Rébena aura été h Gênes, Florence, Modène, Parme et Mantoue, informe ledit sieur cardinal de Forbin du succès de ses négc ciations et de la disposition dans laquelle il aura laissé lesdil princes et républiques, et de ce qu'il auroit lieu d'espérer si 1 pape et les Vénitiens vouloient entrer dans ce concert. Mail si ledit sieur cardinal ne juge pas qu'il soit nécessaire pour 1 service do Sa Majesté que ledit sieur de Rébenac se rende Rome, comme il y a beaucoup d'apparence, en ce cas ledit siei de Rébenac s'en ira de Florence à Venise, soit pour disposa la République à entrer dans cette ligue, soit pour porter h ducs de Bavière et de Savoie à se détacher du parti des ennem de la Franco.
Quoique Sa Majesté ait donné assez de moyens et de raisoi audit sieur do Rébenac, pour porter l'Electeur de Bavière rentrer dans ses véritables intérêts et à se détacher de ceux d l'empereur, elle croit néanmoins qu'il ne sera pas inutile qu' fasse part à ce prince dans les entretiens qu'il pourra avoi avec lui, de Tavis certain qui a été donné à Sa Majesté qu dans le traité de ligue offensive et défensive qui s'est fait entr Tempereur et le prince d'Orange, les Etats généraux des prc vinces unies, et TEloctour de Brandebourg, ces trois dernier