DIFFERENDS ENTRE SAVOIE ET MANTOUE
fend nne plus grande sommo et soutient que l'évaluation dcsdiles terres n'a pas été faite selon la justice i>t leur véritable prix, il n'a jamais voulu jusqu'ici ni changer son dt^bileur ni accepter ledit traitiî de Quérasque, contre lequel il a toujours protesta nODObstanl qu'il ait é{é depuis confirmé par ceux de Munster et des Pyrénées.
Le Roi, d'autre part, ne peut jamais se départir en rien du contenu audit traité de Quérasque, ni permettre qu'il soit violé ou altéré en la moindre de ses parties, parce qup la sûreté (le l'acquisition de Pignerol roule loule sur le fondement dudit traité que Sa Majesté par celte raison a pris grand soin de faire approuvera ratifier par l'Empereur et l'Empire et par le Roi Catliolique, avec des clauses mi'^me qui ûtent toute liberté à l'un el à l'autre de pouvoir jamais appuyer ledit duc de Manloue en quoi que ce soiL qui fflL contraire à ladite convention de (Juérasque, pendant que Sa Majesté s'est réservi^ lafacullé de l« soutenir contre ledit duc môme par les armes, s'il en est bfsoÏB, sans que l'Empereur ni ledit Roi s'en puissent môler.
Tous les discours donc que ledit sieur ambassadeur aura occasion de tenir aux ministres dudit duc. se peuvent réduire à tAcher de leur faire connoitre que leur maître s'opiniâtrefort inutilement h résister audit traité, au maintien duquel Sa Majesté a engagé avec Elle tous les plus puissants princes de 1« Chrétienté; mais, que quand il voudra se résoudre à l'accepter en ce qui le touche, Sa Majesté est toute pi-éte de lui payer ladite somme de quatre cent quatre-vingt-quatorze mille écu9 d'or & la décharge de la maison de Savoie, pour ia plus-value des terres du Monlferrat dont ladite maison a été mise en possession .
Il est bon aussi que ledit sieui' ambassadeur ait connoissance, pour s'en prévaloir ainsi qu'il l'estimera à propos dans les occasions, d'une particularité qui se passa, il y a plusieurs années, entre Sa Majesté et la République de Venise, sur le «ujet dudit duc de Mantoue, oh elle n'eut pas toute ta satisfaction de ladite République qu'elle avoit lieu de s'en promettre. Voici le fait : ledit duc ayant eu dessein de se rendre plus maître qu'il ne l'étoit de sa place de Mantoue par lii sortie de
M. DE PINCUESNE,
LE HAHIJL'IS DE 1'01II■O^^E A U, OB i-ir^c M. Étr. Corr. Venue, vol. Cil, fol. î
Lu lettre de M. Varaiii ' uu siuur tJiuiiani Jont vous m'avet envoya copie, el ce que vous marquei des déclarations de M. le duc de Maatoue, que le comte Hallioli a'a point agi selon ses ordres, est une marque bien forte que les Impériaux elles Espagnols ont Tait changer de sentiment à ce prince et qu'il est dans le repentir et dans la crainte des enga^ntents qu'il a pris avec Sa Hajestë. Vous aureï appris par M. l'abbé d'Estrades que le comte Hattioli est en lieu de faire pénitence de sa perfidie. Le tout seroit de tirer les papiers qu'il avoit entre les mains, particulièrement la ratification du duc de Hanloue. M, l'abbé d'Estrades dépêche pour ce sujet le sieur Giuliam à Padoue ; s'il retire ces papiers. Sa Majesté désire que vous les receviez de ses mains, et que, pour plus grande sûreté, jiarce qu'ils courroient fortune s'ils passoient par le Hîlanois, vous les envoyiei par un courrier exprès à M. le duc d'Estrée * A Parme. Je lui mande de même de les renvoyer h Su Majesté par un courrier, parce qu'on ne peut prendre trop de précautions pour convaincre M. le duc de Monloue par sa ratification propre.
Le sieur Giuliuni a ordre de H. d'Estrades de ne se communiquer qu'à voua à Venise, et de régler avec vous tout ce qu'il devra faire à Padoue. Ainsi, vous travaillerez l'nn el l'autre avec toute l'applicaliou el l'industrie possibles, pour retirer ce papier important, qu'il n'y a pas lieu de croire qui ne soit remis par le père du comte Hattioli, tant que les lettres qu'il recevra, le mettront en élut de craindre pour son (ils.
Quelque peu de fondement qu'il y aîL vraisemblablement ù ce concert deâ Princes d'Italie pour s'opposer aux armes du Koi, il est bon toutefois de connaître Jusques à ces bruits. Aussi, J'ai élé bien aise de les apprendre dans votre lettre, autunl que les préparatifs que la république de Venise continue à faire pour mettre ses places en bon étui.
I . Don Joseph ViTftno |l(i39-t691l) prit du Mtiice à la cour du duc tic Mantone Charles IV, qui la nomma ta IGTO cli«Talier de l'ordre du Rédempteur : il derint grand maître de ta cour dufale en 1673, puis^successÎTement ministre d'Etat, directeur général des postes et, en IS93, grand 'chancelier du Duché de Uantâuo. Les Coun de Vienne et de Madrid ne lui pardonnèrent pas d'aToir conseill* l'aJlianc* française au duc de Uantoue el exigèrent son ôloignemcnl. Il se retira i Forraro où il mourut. Don Joseph Varano a laissé des teuTrei poétiques éditéis, aoiu le nom de Divertimenli potlici. à Venise et i. Bologne on I6N3, 168t el 1688. Il « publié en outre à Uilin en 1615 an drame poar musique tons t« titre de l'OrmuU. (UUa. Fami'jUe ceUbii Haliane. t. III.}
S. Françoii-Annibal. duc d'EsIrdes. lieutenant général des ■rmèet du Roi. ambassadeur k Rome en janrier Ie7ï ; il remplit sans interruption ce» foDClùms îusqu'tt sa mott, en 1087,