NEGOCIATIONS DE M. DE GA^MÛNT
sToir offensf? Sa Majesté par l'inexécution d'un Iraîl^ de cette qualité, et fatro une sérieuse réflexion sur toutes les suites que cela peut avoir, et l'état d'assurance, de repos, d'estime et de respect que tous les princes et Étals d'Italie auraient pour lui, lorsque, exécutant ce traité ou en faisant un nouveau, il serait assuré des bonnes grâces de Sa Majesté et de sa protection pour tout ce qu'il pourra désirer.
L'évfiqiie d'Aconie ayant promis décrirv au marquis de Cavrtani, ministre du duc de Mantoiie, tout le détait de cette conférence et do lui recommander d'en faire lecture h son maître seul, Sa Majesté ordonna audit sieur de Gomont en m&roc temps de faire ses diligences pour avoir audience do ce duc quelques heures après que la dépCclie dudit évéquc serait arrivée, et de lui dire, en sorte que lui seul l'entendit, qu'en si^ant un nouveau traité, Sa Majesté lui ferait un présent de cent mille pistoles.
Ledit sieur de Gomont eut aussi ordre de porter parole au marquis de Cavriaui, qu'elle lui en ferait donner trois mille. rt, au cas que la dépêche dudit évoque d'Aconie eftl été communiquée à quelqu'aulrc mînislrc qui eflt pouvoir sur l'esprit du duc, Sa Majesté lui permettait de disposer encore de deux mille pistoles.
Elle envoya aussi audit sieur de Gomont le 17 décembre, un plein pouvoir pour un nouveau traité, et, par la dépêche do Sa Majesté du 11 janvier, il eut ordre de promettre, outre les cent mille pistoles, deux cent mille écus en deux années, & compte de ce qui reviendrait au duc de Hantouc de l'exécution du traité de Quérasquc, et de presser ce prince d'envoyer son pouvoir à t'évéque d'Aconie pour traiter auprès de Sa Majesté, à moins qu'il ne témoignât désirer que cette négociation demeurât audit sieur de Gomont pour la tenir d'autant plus secrtte.
Sa Majesté a depuis ordonné audit sieur de Gomont de ne se point déclarer des gratifications qu'elle lui a permis de faire aux ministres du duc de Mantoue, qu'il ue vît apparence qu'elle ferait un bon effet.
b paru aussi par toutes ses lettres qu'il ne s'en est point
Hl L ABDE MOBEL, 1680-1082.
encore expliqué, et qu'ainsi ledit sieur abbé Morcl mira cncon ce moyen tout entier pour rendre ses ministres plus facile h sa négociation.
Le duc de Mantouc étant enfin retourné chez lui le 19 jan vier, ledit sieur de Gomont lui parla suivant ses instructions et, lui ayant fuit connaître combien la négociation de Mattiol paraissait autorisée par lui, puisqu'elle n'était qu'une suit des entretiens que ce prince avait eus avec l'abbé d'Estrade à Venise, il interrompit ledit sieur de Gomont pour lui dîr qu'il était toujours convenu d'avoir eu un rendez-vous ave t'abbé d'Eslradr-s; maïs qu'il n'était pas vrai qu'il y eût 6i parlé d'aucun traité, et qu'on eût fait la moindre mention dl nom de Casai.
Ledit sieur de Gomont lui ayant réparti dans le môme sea qu'il avait été répondu à l'évéque d'Aconic, et offert cent mîlli pistolos au lieu des cent raille écus portés par le traité di Hattioli, ce prince répliqua, que, s'il faisait une telle chose, i ne serait plus souverain du Montferrat; que le feu duc sor père s'était délivré d'une telle charge et que, s'il était assci malheureux d'y rentrer, outre le désavantage qu'il en aurait il serait aussi blâmé de tout le monde. Toutes les contestatiODi que cette audience fit naître n'aboutirent du cdLé du duc d( Mantoue, qu'il un désaveu du traité de Mattioli, et & def remontrances de la part dudit sieur de Gomont, de tous let périls auxquels ce prince exposait sa personne et ses Etat5 en manquant à ce qui avait été promis de sa part à Sa Majesté.
Ce qui s'est passé dans cette négociation jusques au 17' février, ne peut rien ajoater aux éclaircissements qui viennenl d'être donnés audit sieur abbé Morel. Mais, comme ledit sieut de Gomont fit connaître en ce mâme jour 17% aux marquii- Frédéric de Gonzague ' et de la Vallée *, qu'il avait reçu soa
1. Frédéric de QûQiagQB (tfl3<t>in0i), marquis de Lnuua, flis dn marquis Lmûi et d'BéUne de Ooiuagoe-VescoTito. D dpouu »a conûne Lomw de Ooimgaa, fiUo de Ferdinand, priace de Cssli^Iione OL d'Ûljmpie Sforu-ViKoatî.
S. Alphonse marquis dalla Vatle éLiil fils du marquis François Roland, dont il a iti pi-éoidemmentquestîon. Ala mort doson p(re, il fut nomma goaremenFr' rai du Uootfoml, et fut chevolier de l'ordre du Redempletu. (Netiiït A' »ol. VU. p. 255.) """^