EXECUTION DU TRAITE DE
remettre entre (es mains de Su Majesté que la seule citadolle de Casai, néanmoins la connoïsBance certaine que Su Miijesté a fait donner à ce Prince des desseins que les Espagnols «voient formés pour se rendre maîtres du château de Casai et non seulement s'emparer ensuite de la citadellu par le moyen des troupes qui dévoient passer d'Allemagne dans le Milanojs, mais aussi de se saisir de la personne du Duc et le forcer à leur remettre la ville et citadelle de Mantoue. lui ayant Fait faire de justes réflexions sur la nécessité de faciliter & Sa Majesté les moyens de le protéger ; enfin ce Prince, pressé par les avis réitérés de ces entreprises et par In sûreté de sa personne et de ses Etats qui ne se peut plus rencontrer qu'en lùssant à Sa Majesté la garde entière des ville, château el citadelle de Casai, a enlin pris ce parti; en sorte que, de son consentement, il n'y a plus d'autres troupes que celles de Sa Majesté dans la citadelle et chfiteau de Casai et qu'il paroit même que ledit duc de Manfoue n'est pas éloigné de retirer uuUes qu'il a encore dans ta ville conjointement avec les troupes du Boi. Ainsi ledit sieur de Brethcuil ne peut recevoir aucune plainte sur ce sujet et, si on lui en faisoit quelques-unes, il peut tssurer ce Prince que, moins il donnera d'inquiétude aux officiers de Sa Majesté sur la garde et conservation des ville, citadelle et chAteau de Casai, et plus il doit i^tre assuré d'y exercer sa souveraineté dans toute son étendue et de jouir paisiblement de tous les droits et revenus qui lui appartiennent.
Ledit sieur de Bretheuil saura aussi qu'en conséquence de l'article 24 dudit traité, Sa Majesté a ordonné, par arrêt du 2* de ce mois, que le duc de Mantoue rcntreroit dans la possession de la souveraineté de Charleville pour en jouir en la mCmc manière qu'il faisoit auparavant les arrêts rendus par la Cour du Parlement de Paris.
Enlin, Sa Majesté a déjà satisfait à toutes les obligations dans lesquelles elle est entrée par ledit traité, à la réserve de celles qui ne sont que conditionnelles, comme les cas de succession, la garantie de Sa Majesté, au cas que ledit Prince soit attaqué, la pension promise et d'autres semblables avantages qu'il a stipulés pour l'avenir. De sorte que ledit sieur de
2!)i LE BARON DE BRETEUIL, 1683-1681.
Brethcuit trouvera, selon toutes les upparences, ce Prince rt ses ministres disposas à continuer de tenir une conduite qui soit iiçréable à Su Majesté.
Il doit se rendre incessnmmcnt pour eel effet à Manloue et. après qu'il aura pris une connoissancc exacte dudit sieur abb^ MorcI do l'étal où il laisse sa négociation, il demandera son audience au duc de Hantoue, dans laquelle, après avoir présenté sa lettre de cri^ancc h ce Prince, il lui dira que Sa Majesté ayant permis îl l'abbé Morel de retourner en France, Elle a bien voulu, conformément â l'article 27 du traité fait au nom de Sa Majesté avec ce Prince, l'honorer du litre d'Envoyé Extraordinaire pour lui conserver les assurances de la continuation de son estime et de la disposition où Elle est h lui donner, dans toutes les occasions qui s'en présenteront, de véritables marques de la sincérité de sun affeclion ; qn'Elle est bien persuadée que ce Prince y répondra toujours par un ferme altacheraont aux engagements qu'il a pris avec Sa Majesté et qu'Elle sera très aise aussi de procurer sa satisfaction et ses avantages tant par ses offices que par sa puissante protection. 11 lui fera mCme entendre que Sa Majesté lui a ordonné sur toutes choses d'apporter tous ses soins à pénétrer et à découvrir s'il se forme dans le voisinage de ce Prince quelque dessein soit contre sa personne ou contre ses États, de lui en donner aussitôt avis et de le faire savoir dans le même temps à Sa Majesté alin qu'elle donne les ordres nécessaires pour assister ledit Duc îi repousser de semblables attentats et se garantir de toutes injures ; qu'entin Sa Majesté lui ordonne de rechercher avec soin tout ce qui peut ôtre avantageux à ce Prince et de détourner son dommage avec la même application pendant tout le séjour 'qu'il fera à sa cour.
Il assurera aussi la princesse douairière et la duchesse de Mantoue de l'estime et de l'affection de Sa Majesté.
Ledit sieur de Bretheuil sera particulièrement informé par l'abbé Morel des talents et inclinations des ministres de ce Prince, savoir des marquis Cavrianî et Gonzagiu; et de Don Joseph Varano. Et, comme Sa Majesté a envoyé audit abbé Uorel depuis quelque temps trois boîtes de ses port
PfiINCÎPAUX MINISTRES DIT DOC DE MANTOUE 293
enrichis de diamants, il saura dudit abbt! Morel de quelle manitTo ils les ont reçus et comment il se doit conduire avec eux. Mais comme ils ont fort bion agi dans tout cf qui s'est passé au sujet de lit remise de Casai entre les mains de Sa Majesté. Elle no doute point aussi qu'ils no continuent toujours à maintenir ledit duc de Manloue dans les bons sentiments où il est h prissent.
Ledit sieur de Brelhcuil tâcheni d'Ctre bien informé de toutes les levées qui se font tant dans le Milanais que dans les États de Venise et de tout ce qui se passera de plus considérable soit à Mantoue. ou dans le voisinage pour en rendncompte directement à Sa Majesté par tous les ordinaires, et îl apprendra encore plus particulièrement ses instructions par toutes les dépêches qu'il en recevra.
Outro ce qui esl contenu dans l<i présente instruction des avis ordinaires que lo Roi veut que ledit sieur baron de Brclhouîl lui donne de tout ce qui se passera dans la cour de Slantoue, l'intention de Su Majestc' est que tous ses ambassadeurs et ministres au dehors lui apportent au retour de leurs emplois une rclntion exacte de ce qui se sera passé de plus important dans tes négociations qu'ils auront conduites, de l'état des cours et des pays où ils auront servi, des ciîrémonies qui s'y observent soit dans les entrées, soit dans les audiences ou dans toute autre rencontre, du génie et des inclinations des Princes et de leurs Ministres et enfin de tout ce qui peut <Ionner une counoissance particulière des lieux où ils auront été employés et des personnes avec lesquelles ils auront négocié, ^in^i ledit sieur baron de Brctheuil aura soin de préparer un mémoire de cette sorte en forme do relation' de l'emploi que Sa Majestfi lui confie pour le remettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.
Fût k Sùat-QBrmidn. le 3 tdavs inSi.
1. On trouve lu récil détïillo de celte miaaion duis un« Lettre du baron de llreleuilaa Jtoi qui est une relation de ce ijui l'ttl passé dans les négociation» de Manloue, depuit mai iUSi jusqu'à juillet i6Si. kSaires vtrineËces, Corr. Uuitone, Supplimenl, toI. V. *
Pendant le séjour du baron de Breleuil à Mantoue, l'attitude du duc Charles vis-à-vis de la.' France fui celle d'un allié soumis. Trop de voyages, trop de plaisirs, un peu Irup de complaisance à écouler di^s propositions accompagnées d'olTres d'argent et lendant h introduire des troupes espagnoles ou autrichiennes dans Mantoue : tels furent les sujets de plainle, d'ailleurs sans gravité, qu'eut ft nolcr l'Envoyé du Roi,
M. Uumbaud ' arriva à la cour du duc Charles IV au mois de juin 1684. Au même moment, l'Espagne, l'Empereur, l'Empire et les Étatsgénéraux, encore incapables de reprendre l'offensive, signeul avec la France les lr6ves de Lu Haye et de Ralisbonue (juin-août 1684). Deux ans après, les mêmes Puissances arrêtent ensemble les bases de la ligue d'Augsboug [juillet 1686). Au mois de septembre 1688, les hosliléséclalcntsur le Rhin.
Tandis que se nuuont les alliances coulre Louis XIV, le souverain qui régnait & Hantoue et à Casai ne pouvait manquer d'élre vivement sollicité. Dans l'enlouragc mémo du duc, se trouve une puissante faclioD vouée aux intérêts de l'Autriche. A sa tête, figurent la Duchesse douairii<rp, le marquis Canossa et le comte Vialardi. La
I. Amailor Oombaud, Beigaeur do lu GuilleUarie, fuL nommé oTant l'année IH79 genliUiomme do la maiaau du Roi. E!nvo<r<i aitraordinuira près l'érâiiDe do MUnater «t le landgraTo de Hessa en 1680, puis eiiToyâ eiiraordioaira h. Mantoua en 1681, il mourul en septembre iSBg. au camp deranl Belgrade. — Bibt. nat. Maniucrits. Fond» Clairembautt, vol. 986. Nonvellei acquisitionB, fr. Tolmne 5311; Cibineldea tiites, Piùce» oriRiniiIes.
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priacipalc occupatioD de M. Gombaud fut du les surveiller et de déjouer leurs manœuvres. Les évcQGments le serrirent à souhait, L'archiduchesse mère du priucâ mourut le 33 février 1685 el, peu après, le duc de Maatoue fit arrêter le marquis Canossa pris ea Qagranl délit d'intrigue avec la Cour de Vienne (Iti juin I6S5). Soutenu par Louis XTV qui lui paie réguliëreme&L ses pensions, le duc refusa l'élarfçissement du prisonnier réclamé par l'Empereur {février 1686).
L'action politique de M. Gumbaud sur la cour de Hantouc fat en somme satisfaisante. L'agent français fui toutefois mis à une rude épreuve au point de Mie de sa tranquillité. Accrédita auprès d'un prince mobile et léger, il a ordre d'accompagner le duc Charles dans tous ses voyages. Celui-ci ne peut tfllérer la monotonie de sa capitale et, pour retrouver galante compagnie, visite tour à tour les principales villes d'Italie, Rome, Paduue, NapleseLGénes, et surtout Venise où il passe des mois entiers. Pendant l'été de 1687, le duc toujours , suivi de l'agent français se rendit <i la cour de Vienne et puis, au delà de Budc. aux quartiers des troupes impériales qui guerroyaient contre les Turcs. L'année suivante même voyage. On faisait alors le siège de Belgrade. Le duc Charles et le ministre de Louis XIV arrivèrent le 15 aodt pour visiter les travaux d'allaqtie. Au commencement du mois de septembre. M. Gombaud fut pris de la Gèvre et mourut quelques jours après.
Les instructions suivaules lui avaient été remises par Golbert de Croissy pour sa mission auprès du duc de Uanloue.
MÉMOIRE POUR SERVIR d'iHSTHUCTION AU StEtlR GOMBAOD, CLMILHOXIIE: ORDUfÀIRB DU ROI. s'gH ALLA.NT Et QUAUTÊ d'eKVOTË EXTBAOHDI- MAIRE UE SA ILUESTË AUPRES DE ». LE DUC t>E MA:iTOtlE.
\B. Ktr., Corr. Uuiloar, toI. XYll, f<A. H. ^^H
VeMJûUi», le St «ml lau.^^'
Sa Majesté ayant permis au sieur de Brciciiil. qu'elle a depuis deux ans employé pour son service en ladite qualitt' d'Envoj^ Extraonlinairo auprès diidil sieur duc de Mantoue. de s'en revenir eu Franco tt cause de ses indispositions. Sa Majesté a choisi et nommé en même temps pour cet emploi