‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 38 sur 224 · T.K COMTE DE NOAILLES, )7BS · texte numérisé non relu

T.K COMTE DE NOAILLES, )7BS

pourraient cuotribuer à la salisfaction et au succès des vues de ce Prince, soit pour le maintien de la paix de l'Italie, soit pour s'opposer aux Puissances qui entreprendroient de la troubler.

Il y a longtemps que la politique de la cour de Turin ne varie point.

EIIl^ u établi l'espérance de son agrandissement sur les guerres en Italie et sur les alliances qu'elle est dans l'habitude de contracter alteinativcment avec les cours de France et de Vienne. Cette méthode a procuré à la maison de Savoie, depuis le commencement de ce siècle, un royaume, un duch(^, une partie du Milanois, et des acquisitions considérables eo Dauphiné et eu Provence.

Il y a donc apparence que la cour de Turin, fidèle à ses maximes, ne se décidera sur de nouvelles liaisons & former de SB part, que lorsque les événements lui auront fait envisager le cOté le plus favorable pour elle.

A en juger cependant par les véri labiés intérêts du roi de Sardaigne, on devroit supposer que les vues ultérieures qu'il peut avoir, peuvent se concilier avec celles du Roi.

En effet, te roi de Sardaigne se propose, ou de passer dans les douceurs du repos le reste de son règne , ou de profiter d'une nouvelle guerre pour augmenter encore ses possessions.

Quelle que soit, h cet égard, l'intention de ce Prince , il n'a rien à craindre, et tout fL espérer de l'alliance de Sa Majestd ; s'il veut vivre tranquille, elle se concertera avec lui pour assurer la neutralité de l'Italie. S'il désire quelque nouvel agrandissement, Sa Majesté, lui fera un marché si bon et si sûr, qu'il ne devra pas hésiter à préférer cette liaison à tout autre engagement dans lequel on enlreprendoit de le faire entrer contre la France et contre la maison de Bourbon.

C'est à la dextérité du comte de Noailles, à faire un usage utile de ces réflexions; maïs il ne convient de les produire, qu'autant qu'on lui en fournira des occasions naturelles, et avec toute la circonspection nécessaire pour ne pas marquer un empressement qui pourroit Mre suspect.

L'intention du Roi est qu'il concerte avec le chevalier Chau-

INTÉRÊTS Dtr ROI DE SARDAIGNE. 83

velia le langage uniforme qu'ils auront iï Icnir relalîvoment i cet objet.

Le comte de Noaillcs trouvera dans cet ambassadeur extraordioairc de Sa Majesté toutes les connoissances locales que sa résidence à la cour de Turin a pu lui procurer, et sur lesquelles il est nécessaire que le comte de Noailles règle ses discours et ses di?marches.

Comme il est essentiel de convenir avec celte Cour des mesures à prendre . pour faire cesser, d'un commun accord, les «i(!sordres et les brigandages des contrebandiers, le Roi fera «nvoyer incessamment au chevalier Chauvclin des instructions à cet égard ; et cet ambassadeur les communiquera au «omte de Noaitlcs, et contribuera d'uilleurs, autant qu'il sera possible, au succès de son ambassade extraordinaire.

Le comte de Noailles est déjà informé des intentions de Sa Jtfajesté. au sujet du voyage qu'il devra faire à Parme, immédiatement après avoir exécuté la commission dont elle l'a chargé auprès du roi de Sardaigne.

Le Comte de Noailles trouvera vraisemblablement l'Infant et rinfante fort inquiets et fort alarmés des suites que peuvent avoir les premières hostilités que les Anglois ont commises contre les vaisseaux et les sujets du Roi. Le comte de Noailles doit s'appliquer à calmer leurs inquiétudes et leurs craintes à cet égard, en leur renouvelant les assurances les plus fortes de la tendre amitié de Sa Majesté, et de l'intérôt vif et sincère qu'elle prendra toujours à leur satisfaction et à leur sûreté.

Toute la prudence humaine ne sauroit prévoir quels seront les événements auxquels la crise actuelle des affaires publiques pourra donner lieu ; mais le Roi ne négligera rien pour empêcher que la guerre, si malheureusement il n'est pas possible de l'éviter, s'étende jusqu'en Itaîic. Cependant, si. malgré les désirs et les intentions du Roi, la tranquillité de cette partie de l'Eui-ope étoit menacée, l'Infant et l'Infante pourroient se reposer, sunle cœur de Sa Majesté, du soin de ne les pas laisser exposés aux inconvénients et aux dangers dont une pareille circonstance pourroit être susceptible. Et le Roi prendra d'avance les mesures les plus convenables pour mettre

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