‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 37 sur 224 · LE COMTE DE NOAILLES · texte numérisé non relu

LE COMTE DE NOAILLES

Sa Majesté a déjà fait savoir ses intentions au comte 1 Noailies, par rapport aux équipages el au nombre de personnel qu'il conviendra qu'il ait à sa suite. Il n'est pas question dans la circonstance présente d'une ambassade d'éclat el de représentation, el il suffira que le comte de Noailies se renferme à cet égard dans les bornes de décence qu'exigeât sa naissance, ses dignités, el les fonctions du caractère dont le Roi l'a revêtu.

Son premier soin, d^s qu'il sera arrivé à Turin, sera d'en informer le roi de Sardaigne, conformément au cérémonial de règle cl d'usage à la Cour de ce Prince. C'est sur quoi le comte de Noailies sera exactement inslruit par le chevalier Ghauvelin,ambassadeurordinaire de Sa Majesté auprès du Roi de Sardaigne.

Le comte de Noailies ayant désiré que le Roi voulût bien lui prescrire, el quanl au fonds, et quant à la forme, ce qu'il aurii à dire au roi de Sardaigne dans sa première audience, Sa Majesté a approuvé la délicatesse et la façon de penser du comte de Noailies ; et elle fait joindre ici, en conséquence, le discours qu'il prononcera dans les termes suivants, et dont il a lui-même donné le projet :

« Sire,

« Le Roi, mon mailre. se devoit à lui-même le désaveu qu'il « a fait de ce qui s'est passé sur le territoire de Votre Majesté, H et la punition des coupables.

<< Mais, les sentiments qu'il a toujours eus pour la personne " de Votre Majesté, ne lui ont pas permis de se borner à une « attention qui ne pouvoit satisfaire que sa justice.

» Le Roi, mon maître, a voulu que cette circonstance servit " à resserrer toujours davantage les liens de l'amitié, qui ne i< l'unissent pas moins intimement à Votre Majesté, que les Il liens du sang.

« Je viens lui en porter, de sa part, le témoignage le plus « solennel.

H Rien n'est plus bonorable pour moi, que d'exécuter des I ordres dictés par le cœur du Roi mon maître, et d'assurer

PPAIBE MANDRIN.

'•• Votre Majesté, que son amitié Ini sera toujours chère et pré- " cieuse. u

Si Je roi de Sardaigne désire une copie de ce discours, le comte de Noailles ne fera nulle difficulté de la remettre ; et 1 il demandera qu'on lui communique, également par écrit, la Téponse qui lui aura été faite par ce Prince.

Dans les occasions que le comte de Noailles aura d'entretenir le roi de Sardaigne, il lui renouvellera les assurances des sentiments du Roi. de la façon la plus propre h exprimer la tendre amitié de Sa Majesté pour ce Prince, et le désir sincère qa'Elle aura toujours de lui en donner les preuves les moins éqmvoques, et d'entretenir avec lui cette intelligence réciproque et intime qui convient si parfaitement à deux Princes aussi itroilemcnt unis pjir les liens du sang.

Tout ce que le comte de Noailles dira au duc et à la duchesse de Savoie et aux autres Princes et Princesses de la famille foyale. devra f tre conçu dans le môme esprit.

n est fort vraisemblable, et c'est une réflexion que le comte deNosilles a faite lui-même d'après la lecture des papiers qui lui oui été communiqués, que !a cour de Turin affectera d'éviter lUe l'ambassade extraordinaire dont il sera chargé, puisse ■ psroltre avoir eu un autre objet que celui qui regarde l'aven- 'ure de Savoie. En partant de cette opinion fondée sur les principes qui ont dirigé jusqu'à présent cette Cour, dans tout ^''- qui a eu rapport à cet incident, on ne doit pas s'attendre qu'elle fasse des ouvertures au comte de Noailles, relative- Menl à la crise actuelle des affaires générales, et aux suites qu'elle pourroit avoir.

Cependant, il est bien difficile que dans ses conversations, soit avec le roi de Sardaigne, soit avec ses ministres, il ne soit quelquefois question d'une matière trop intéressante, pour ne P39 cïciter l'attention de foutes les Puissances.

Dans ce cas-là, le comte de Noailles se contentera, d'abord, d*" lémoigner, en termes généraux, l'intérêt vif et sincère que le noi prendra toujours à la gloire du roi de Sardaigne, et à la prospérité de sa maison ; et la disposition où est Sa Majesté icerter avec la cour de Turin toutes les mesures qui

IL DES INSTH. UII'LdM. .\V. —

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