‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 46 sur 224 · M. SABATIER DE CABRE · texte numérisé non relu

M. SABATIER DE CABRE

(c tier qui a rhonneur d'être connu de Votre Excellence, sera charge « à Turin, jusqu'à ce que le nouvel ambassadeiir que le Roi se pro- (( pose d'envoyer au Roi son oncle soit arrivé, de tous les détails de « la correspondance relative aux affaires de Sa Majesté. Je prie « Votre Excellence de vouloir bien lui accorder ses bontés et tonte « la créance dont il aura besoin dans les occasions où il aura « quelques ordres à exécuter auprès d'Elle. L'intelligence, la (( sagesse et le zèle avec lesquels il a déjà rempli les mêmes fonc- (( tions, ne me laissent aucun doute qu'il ne se conduise de manière « à mériter l'estime et la confiance de Votre Excellence. J'ai Thon- « neur d'être, etc.

M. Sabatier ne reçut pas d'instructions proprement dites. Il fat seulement invité par diverses lettres du ministre Choiseul à renseigner exactement la Cour sur les démarches des agents autrichiens en Italie, et sur l'impression produite en Piémont par rinterrentioQ française en Corse.

Pendant sa gérance, il poursuivit, avec le gouvernement du roi Charles-Emmanuel, le règlement de diverses questions soulevées par l'interprétation du traité de délimitation signé en 1760 on relatives au droit d'ancrage à Nice. Il engagea, en outre, des pourparlers en vue de conclure un traité d'extradition. Ces pourparlers furent continués par le nouvel ambassadeur, le baron de Choîseol.

LE BARON \)E CllUISEUL

A»llAS!lAULi;iI

L.« Pacte de Famille conclu le 15 aoAl 1761 a scellé l'alliance de la '"'•ance et Je l'Espa^i^iie. Les traités de Paris et d"HaberUl)oiirg (10 *l 1 S février 1703) oDt mis (In à la guerre de sept ans. Le rappro Cheinent qui s'était opéré en 1S76 entre les cours de Vienne et de •ersailles continuait h s'affirmer chaque jour, et le maintien de leur Union semble élrc devenu l'un des principes fantamenlaux de leur Politique. La maison de Savoie se trouve en conséquence dans * impossibilité de tirer parti de rivalités auxquelles ces arrangements **nt eu pour résultat de mettre un terme.

Surveiller les manœuvres de la cour de Turin peu favorable h Qotre établissement en Corse ; observer ses démarches Vis-à-vis de ''Autriche et de la Prusse, au moment où se régla la question de lu succession de Bavière (1778-1779); noter pendant la guerre d'Amé- ^qoe les manifestations de sympathie à peine dissimulées des Pîômonlois pour la Grande-Bretagne ; arrâter les conditions des "•ariages de la princesse de Carignan avec le prince de Lamballe (1*766). des princesses Marie-Josëphe Louise et Marie-Th<^rèse de "*voie avec le comte de Provence et avec le comte d'Artois (1771- ^"^73) et du prince de Piémont avec H™ Clotilde de France (1775) : ^dle rot la tache, assez facile en somme qui incomba an nouvel ' ambassadeur, le baron de Choiseul '.

1 . Louis-Uuie-Gabclet-César baron de Cboiseul, chcTsIier de l'ordre de Saint- LK>aïi, cjipiiaine de» Oendarmes-Daupbln. brigadier des uméea do Roi, fat nommé, *•> liSB, grand d'Espace k lu daraande du Roi de Swdaigne (Corr. Turin, »^. CCLXVni).

96 LE BAIiON DE CHOlSEllI.. 1766-17»!.

Pendant le cours de sa longue mission, H. de Choiseul s'absenta rréquemment de son poste. De 1769 à 1776, l'ambassade fut gérée, durant ses congés, par M. Bigot de Sainte-Croix ', secrétaire de l'ambassade; de 1778 à 1791, il fut remplacé, lors de ses absences, par M. de Lalande*.

Les instructions suivantes furent remises au baron de Choîseal an moment de son départ poui* Turin. Le duc de Ghoîseul-Slain ville était alors ministre des Affaires étrangères.

mAhoihb pour aeavin d'instruction ac siecr DARon de choisebl,

CAPITAINE DES GENDARUES-DAIiPHlN, ALLANT A TirRIN POUR ï RÉSI- DER EN QUALITÉ d'aMBASSADEUR DU ROI AUPRÈS DU ROI DE SARDAIGNE.

AS. Étr., Fonds DiTers, Mém. et Doc. Sardoigne, toI. XIX. fui. S90,

Versailles, le 1S octobre 17».

Personne n'ignore les commencements, les progrès de la puissance à laquelle la maison do Savoie est parvenue successivement par le système politique qu'elle a constamment suivi de s'attacher îi la France ou îi la cour de Vienne, suivant le plus ou te moins d'avantage que l'une et l'autre proposoient à la cour de Turin pour l'associer à leurs querelles. Elle a été alternativement, depuis près d'un siècle, l'alliée des maisons de France et d'Autriche, et a ajouté par ce moyen à ses anciennes possessions, le royaume de Sardaignc, le duché de Monlferrat, et tout ce qui lui a été cédé par la France du cOté de la Provence et du Dauphiné cl par la maison d'Autriche du côté du Milanoîs.

I. CIsDdi-LoQii Bigot de Sûnte-CroU (tlU-iSOÎ) entra d'abord dans l'armée, dËtachi^ k ToriQ comme secrétaire du baron de Choiseul, pois secrélaire du comte d'Usson ambassade or Ji Scokhobn en 1781-1783, chargé d'affûree en Saède en 1T83. puis chargé d'aBaires Saiat-Pélersbourg en 1787. minUlce près l'Électeur de TréT«s en 1791, ministre des Affaires étrangères en 1792. èmigra en Angleterre, où il monrul. Cf. Grande Encydopédie et h Uinialire des Affairts étrangèrtê pendant la Révolution, par M. Frédéric Uasson. p. 300 et suiv.

i. Nicolas-François Tricot de Lalande accompagna c^mme sectétaire le comte de OoKort t Parme en 1771, revint en France en 1772, secrétaire du baron de Choiseol à Turin en 1778, se retira ii Oénes le 3 mai 1792, rentra en France ta congé en l'an II.

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