NEUTRALITE IMPOSEE A LA-SARDAIGNE
tideSardai^ccst donc aujourd'hui |>1us puissant qu'aucun de ses aneiMres ne l'a jamais été; maïs il ne faut pas douter que la maison de Savoie, qui doit son agrandissement à l'hsbileté avec laquelle elle s'est conduite jusqu'à présent, ne soit disposée à augmenter encore sa fortune par les mêmes maximes qui l'ont si cfUcacemenl servie pour l'établir au point où elle se trouve. Il est vrai que la rivalité qui, depuis le règne de François 1" jusqu'en 1756 avoit subsisté, pour le malhctu* de l'Europe, entre les maisons de Franco et d'Autriche, semble enlin devoir s'éteindre entièrement par les liaisons d'amitié et d'alliance qu'elles ont contractées et qu'elles paroissent désirer également de fortifier et de perpétuer pour le bien et le repos public et pour leurs intérêts et convenances réciproques.
il y a apparence que dans celte position et autant de temps qu'elle ne changera point, le roi de Sardaigne se bornera sans doute à observer attentivement et à prévoir autant qu'il sera possible. les événements qui sont dans l'ordre trop ordinaire des révolutions politiques, et qui pourroient favoriser ses vues ultérieures d'ambition. 11 est vraisemblable par conséqucnl que ce Prince, dans celte perspective d'un avenir incertain, ne cherchera point à iformcr des alliances fixes relativement aux affaires générales de l'Europe et qu'il voudra se maintenir dans la liberté de profiter, pour cet effet, des occasions qui pourront se présenter dans la suite, et dont il croira pouvoir retirer UQ avantage solide.
C'est dans cet état de choses que le Roi envoie h. Turin, avec le caractère de son ambassadeur, le sieur baron de Ghoiscul, dont Sa Majesté connoît les talents naturels, l'application et le zèle; et elle est bien persuadée qu'il justifiera, par toute sa conduite, la marque de confiance qu'elle lui donne.
Il doit, dans la première audience qu'il aura du ro! de Sardaigne, et dans sa correspondance avec ses ministres, se renfermer dans les assurances les plus fortes qu'il renouvellera de la tendre amitié do Sa Majesté pour le Roi son oncle, et du iinc^reinlér<*l qu'elle no cessera jamais de prendre à la gloire Ml à la prospérité d'un Prince qui lui appartient de si pr&s par
KECtTBIL DBS IN3TR, DIPLOM. XV. — 1