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les liens du sang, et pour qui elle a constammciitconscrvédefi sentiments particuliers de considération et d'csttme.
L'atlontioD lu plus essentielledu baron de Choiseul dans le* premiers temps de s« résidence à Turin, doit avoir pour objet de se procurer les notions les plus exactes sur les vues et sur le système politique du roi de Sardaigne, sur le caruclèrc et sur les dispositions du duc de Savoie, sur les qualités et les ufTeciions des ministres qui ont une part principale à l'administration des affaires, sur le degré de faveur et de crédit qu'ils ont auprès de leur maître, sur le plus ou le moins de liaison que ce Prince entretient avec les autres puissances, et on particulier avec les cours d'Espagne, de Vienne, de Londres et de Lisbonne, sur sa façon de penser par rapport à rétablissement de deux Princes de h maison de France en Italie; enfin, sur tout ce qui doit exciter les recherches et diriger les spéculations de l'ambassadeur du ïtoi.
Le baron de Choiseul veillera spécialement avec le plus grand soin sur tout ce qui pourroït lui faire découvTir quelles sont tes liaisons et quels peuvent Ctre les engagements du roi de Sardstgne avec l'Angleterre, qui n'a rien négligé depuis plus de vingt uns. pour le fixer dans son alliance. Il scroit uxtrCmemont important de démêler où les choses en sont à cet égard, et le haron de Choiseul doit rendre successivement un compte détaillé de toutes les notions qu'il lui sera possible de se procurer à ce sujet ; mais 11 évitera de Lcnir aucun discours ou de faire aucune démarche qui marque de l'empressement de la part du Roi, soit pour se lier par quelque traité avec le roi de Sardaigne, soil pour l'indisposer contre l'Angleterre, et le détourner de l'intention où, selon toutes les apparences, il est actuellement de mettre sa principale confiance dans l'amitié et les subsides de ta cour de Londres. Les sentiments du [loi sont assez connus en Europe pour qu'on puisse douter que Sa Majesté ne se propose le repos et le bonheur public pour base de son gouvernement et de ses résolutions ; et ce n'est point à Elle à faire des avances qui ne conviennent ni & sa dignité ni aux maximes qu'elle a adoptées pour règle de sa conduite. Si les circonstances exigent dans la suite que l'ara-
eu qu'
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Rot à Tarin sorte des bornes de la réserve et de lu circonspection dans lesquelles il se renfermera tl'abord. Sa Hajeâté lui fora connoître ses inlealions et envoyer ses ordres.
LACommuDication qoï a été donnée au baron de Chois«al de toutes les dépêches de ses prédécesseurs depuis plus de trente ans dans les foncUons qu'il va remplir, dispense d'entrer ict. à cet égard, dans des détails inutiles. Il y aura vu que depuis la ^erre terminée par le traité d'Aix-la-Chapelle, la France n'a eu que deux objets de négocialioa â suivre avec la cour de ci qu'ils ont eu ie succès que les deux Puissances se isoienl pour leur satisractioa réciproque, 'im de cos objets regardoit rétablissement d'un InfanI lagne dans lea ducht'S de Parme, de Plaisance el de Guastalla. La slipulatiuD du traité signé en I7&8 à Aix-la-Chapelle rendoit cet établisse ment peu décent et peu solide, et te cas de la réversion de Plaisiuice et d'une partie du Plaisantin au roi deSardaigne, auroit dû avoir lieu k la mort du feu roi d'Es- (Mgne Ferdinand VI, si le Roi n'avoit pas pris d'avance les précautions nécessaires pour prévenir l'exécution de ce qui avoit été coQvenu à cet é^ard, et si Sa Majesté, de concert et conjointement avec le Itoî Catholique actuellement régnant, n'avoil pas euËuite contracté avec le roi de Sardatgne les engagements énoncés dans la convention du lu juin i7(i3. dont on joint ici une copie pour l'information particulière du baron de Cboiseul.
L autre objet concemoit un règlement général et définitif à faire eulre le Roi et le roi de Sardaignc relativement aux limites des deux Etals. Un arrangement hxe et solide sur ce point étoit d'autant plus intéressant à statuer, qu'il arrivoit sans cesse sur les frontières respectives, des incidents qui donnoient lieu à des discussions fâcheuses qui pouvoient devenir dangereuses par leurs suites. Cette négociation a été heureusement terminée le 21 mars lICU, par le traité dont le baron de Choiscut trouvera un exemplaire ci-joiut, ainsi que des pièces doBt il est accompagné et qui sont relatives à la mi-nie affaire. II ne reste, quaut à présent, qu'on irokième objet à régler
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concernant l'extradition réciproque des malfaiteui's. La cour de Turin a paru disposée à conclure avec ta France une convention à ce sujel, et rien ne seroîl plus conforme au maintien de la sûreté publique et au repos des frontières des deux Etals. Mais, il y a eu, de la part des magistrats du Royaume qui ont été consultés, une opposition fondée sur une jurisprudence de forme qui a suspendu le succès des vues salutaires des deux Cours.
Le sieur Sabatier de Cabre a mandé qu'on lui avoit fait en dernier Heu quelques insinuations, tendant à reprendre le fil de cette négociation, et si les ministres piémonlois font quelque ouverture sur le mi>rac sujet au baron de Cboîscui. il leur donnera les assurances les plus précises de la disposition sinct're où est le Roi de s'entendre avec le roi son oncle afin de parvenir au but que Leurs Majestés se proposent pour empocher que leurs sujets, qui se rendent coupables de crimes atroces, ne puissent trouver aucun asile dans les États respectifs, et que leur extradition réciproque les livre à toute la sévérité des lots.
La connoissance du caractère, des talents et des affections des ministres et des principaux personnages d'une Cour élanl nécessaire pour diriger les discours et la conduite de l'ambassadeur étranger qui y fait sa résidence, le baron de Choiseal doit regarder comme un de ses devoirs les plus importants, de se procurer & cet égard des lumières sbres. Il faut à Turin encore plus qu'ailleurs attendre du temps et de l'expérience ces sortes de notions. Les Piémontais sont habiles dans l'art de la dissimulation, et tes ministres surtout qui ont en main l'administration des affaires, y ont contracté depuis longtemps l'Iiabitude de cacher sous des dehors spécieux de franchise, les V(5ritables sentiments dont ils sont intérieurement affectés.
Le comte de Viry est chargé du département dos Alfaires ËtrangJires, et le baron de Choiseul aura vu dans les relations tant du marquis de Chauvelin que du sieur Sabatier, ce qu'ils pensent l'un et l'autre de ce ministre.
C'est d'après l'examen que le baron de Choiseul fera Iqîm(>me sans pnïvenlion et ù loisir, de tout ce qui cooceme la
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comle de Viry, qu'il formera sod opinion particulière et en rendra compte.
La santé di5licate de ce ministre pïémonlois, et peut-^tre encore plus son peu de goût pour le travail et pour la représentation, mettent souvent le chevalier Raiberti', principal commis de son déparlemeut, dans le cas do travailler directement avec le roi de Sardaigne, et les ambassadeurs de Sa MajestÊ ont constamment rendu des témoignages avantageux des tatcnU et des intentions du chevalier Raiberti. Il sera à propos que le baron de Choiseul cherche à gagner sa confiance, en évitant cependant toute démarche, trop marquée, qui pourroit rendre ce premier commis suspect à son supérieur.
U roi de Sardaigne, persuadé avec raison, que le commerce i est pour un Etat une source de richesses et de grandeur, parott \ depuis longtemps vouloir faire usage de tous les moyens qui peuvent augmenter celui de ses sujets. Il s'est proposé pour cet effet, de construire un port à Nice, et il y a apparence que l'Angleterre l'excite à exécuter ce projet. Les avantages que celte couronne pourroit en retirer, surtout dans le cas d'une guerre en Italie, n'ont pas besoin de preuves. On doit se rappeler i ce sujet que le principal motif qui occasionna la stipulation lia traité de Worms, concernant le marquisat de Final, qui fut si injustement destiné à ce Prince en HiS, fut la préfCDiliie nécessité exprimée dans l'article 10 de ce traité, de lui procurer une communication immédiate par la mer avec les Puissances dites Maritimes. Le port do Final auroit rempli cet "bjet; mais le Roi en ayant exigé la restitution à la République ue Gênes, il n'est pas douteux que les Anglois, conduits par les fCniM principes de politique, ne désirent de former à Nice l^lablissemcnt qu'Us a voient compté défaire à Final. C'est sur
'Ctrlo-FUiainio Raiberti (ITOS-ITTI) enlra au ministira des Affaires ctrangèrei ' ituio MDs le iniiitjilèrt àa marquis d'OrmiSa ; premier commis de U st^cirlairejJV^ Altûres étrangÉres en 1715, secrétaire d*EU( bous le minislÈro du chaialier '**>rio. féraal intérimaire du mîaîstère, surintcadjtnt des ArchiTes royales ayec UOtaçtidn de président en mo. ■ Celait un homme d'une fermeté éproiiTée et V mnde «ipinence. . Cf. D. Carultî, Storia detia diplonuitia itrlla etaa di ***i.tlV, p. 433, et l'n legrelo epi*>dio deVa vila minUttriaU dri marchtn J^Wo *t del Cm. (haorio (4740-nMI), dans les Aim«les do lAcadémio rojide "• Bcitnce* de Tnrin. 1805-1896.