‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 56 sur 224 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

MANTOUE

Posséder Pignerol, c'est-à-dire une porte toujours ouverte pour entrer en Italie; tenir dans la dépendance de la France, comme deux postes avancés contre la maison d'Autriche en Lombardie, les places de Casai et de Mantoue, les plus considérables de la vallée du Pô : telles sont les deux idées dont s^est inspirée la politique française vis-à-vis des ducs de Mantoue au xvii® siècle.

Les événements qui survinrent pendant le règne de Louis XIU

dans la maison de Gonzague fournirent à Richelieu l'occasion

de concevoir et de réaliser ce double dessein. Depuis cette

époque jusqu'à la disparition du duché de Mantoue en 1708,

'^s efforts de la diplomatie française eurent pour objet de main-

^enîr la situation créée par le Cardinal et d'en tirer le meilleur

P***ti possible au cours de la lutte engagée contre l'Espagne et ,• * EnQpire.

Bluvisagée au point de vue des intérêts de la politique fran-

^^seen Italie, la période de l'histoire des ducs de Mantoue qui

ûous occupe, n'est pas autre chose qu'un grand épisode né

inopinément en 1628 du fait de l'accession des Gonzague-

wevers aux duchés de Mantoue et de Montferrat, et irrévoca-

Mement clos, en 1708, par suite de l'extinction de cette branche

I de la maison.

LE MANTOl'AN ET LE HONTFEBRAT.

Les historiens Fixent à l'anni^o 1328 la date à laquelle Louis de Gonzague élablit sa domination à Mantoue. Son arrière-pelitfils Jean-François, se trouvant à la tête d'un Etal relalivement puissant, fut créé marquis, en 1433, par l'empereur Sigismond, suzerain des Princes de la Lombardie. Leur descendance se subdivisa en un grand nombre de rameaux, dont la plupart furent apanag(!s au moyen de territoires distraits de l'Éfat patrimonial. Us formèrent les branches de Guastalla, Vescovato, Gozzolo. Castîglîonc, Luzzara, Sabbionette, Novellara, Bozzolo, San-Martino, etc.. qui finirent par s'émanciper presque complètement de l'autorité de leurs aînés. Ces démembrements successifs constituèrent pour les Gonzague une cause d'affaiblissement et de décadence.

Frédéric n, marquis de Mantoue, reçut de Charles-Quinl, en 1530, le titre de duc, et épousa, en 1531. Marie Paléologuc, héritière du Montferrat. En dépit des prétentions des ducs de Savoie, il prit, en 1336, possession effective du Montferrat grâce il l'appui de l'Empereur. De ses trois fils, François, Guillaume et Lonis, les deux premiers régnèrent successivement i Mantoue ; le troisième s'établit en France et y acquit des biens considérables, par suite du mariage qu'il contracta, en 1565, avec Henriette de Clëves, héritière des duchés de Nevers et de Réthelois.

L'état de choses créé par l'incorporation du Montferrat aux domaines des ducs de Mantoue subsista plus d'un siècle et demi (1336-1708) sans subir en droit de profondes modifications sauf celles qu'entraînèrent, en 1631, les traités de Cberasco.

Le Mantouan était un pays plat, marécageux, mais fertile, et donnait un revenu de 400000 écus. Le Montferrat. également riche, était entrecoupé de coteaux, et pouvait rapporter environ 200000 écus par an<. Eu temps normal, on n'entretenait dans le duché de Mantoue qu'un petit nombre de troupes à peine

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