LE DUC DE NEVERS
Ion de demeurer attacbi^ uux iiiti^rSts de sa couronne que " j'avois toujours eue auparavant, que je ne doutois pas toute- <i fois que ma noissance et cette considération donnei'oient '< sujet aux Espagnols de ne me pas laisser en repos, ni ea " jouir longtemps sans trouble.....
t Arrivant ici, je témoignai la même chose au marquis de " âaint-Chaniond pour le faire entendre à Votre Majesté, à " laquelle je pense aussi avoir continue de faire voir par toutes " mes actions, quelle étoit en cela la sincérité de mes inten-
" lions Cependant, jusques à cette heure, je n'ai point été
" honora d'aucune lettre de Votre Majesté depuis quatre mois, " ce qui m'eût Hé nu moins une très grande consolation au " milieu deâ persécutions que j'endure pour son nom, ce que " je pense pouvoir dire véritablement, puisque toute l'Italie. " <lans SCS gazettes et dans les discours imprimiis qui s'y font, « ixeai'yuomme plus que le martyre de Votre Majesté. Je tiens
* & la vérité, Sire, ce nom là fort glorieux, mais il me
* déplaît que ce ne soit au moins utilement pour votre couf i-onno, «t, au contraire, je vois que, me Irouvant abann «Jonné d'EUe, non par faute de bonne volonté en mon
* endroit, car j'en suis trop assuré, mais plutôt par quelque " Autre malheur qui m'est inconnu, Elle se voit perdre deux
* provinces dans l'ilalie des plus fortes et considérables, que
* je puis bien dire perdre pour Elle, puisqu'elles tombent " entre les mains de ses plus grands ennemis
tt J'ai rejeté jusqu'à cette heure, toutes les persuasions de " ces ennemis qui ne tendent, à ce que je vois, qu'à me ' Taire changi-r de dévotion à l'endroit de voire personne et de ■> Votre coifronne, Mais je me trouve, depuis huit mois, si " peu assisté, que mes répliques ne peuvent être que foibles, " Wayant vu perdre depuis ce temps-là une province entière, de laquelle il ne me reste plus qu'une place de demie-lieue " du circuit, en ayant perdu vingt ou vingt-deux prises par ' la force, et plus de trois cents châteaux qui ont été contraints
" de les suivre Je sais bien que la prise de La Rochelle
" est à Votre Majesté de telle considération et de tel avantage " que, pour quelque cause que ce fût, Elle n'en doit laisser
ISS GOERRB DE LA SUCCESSION DE HANTOUE. ] -< l'eDtreprisp. Mais aussi loi oseraï-je dire que conseï " réputation dedans, et la perdre an dehors, ce o'est pas futi- " lilé de son service... Cet abandonnement, à la vérité, m'avoit " porté d'entreprendre au-delà de mes forces, non seulement " par les levées de gens de guerre que j*ai faites en Italie, " mais encore (par la permission de Votre Majesté) en son " Royaume, sur l'assurance qu'Elle m'avoit donnée que, fai-
• sant cet elTort. Elle me vouloit honorer en même temps de '• l'assistance d'une armée de huit mille hommes de pied, et " de huit cents chevaux commandés par le maréchal de Créquv. " Mais, au lieu de cet honneur promis, et tant s'en faut qu'il i> ail tenté le passage pour le secours de Casai, que j'apprends
• qu'il a enti^remeat nui aux troupes que j'avois levées, le»- « quelles manquant de vivres, comme Votre Majesté sait, se Il sont entièrement dissipées en quatre jours, ne sachant, à " la vérité, à qui en allribucr la principale faute... Mats bien I sais-je assurément que i;'a été avec une très grande honte " pour la nation et qui a donné sujet enciire aux Espagnols, " a%'ec des cruautés et barbaries inouïes «1 au préjudice de la H capitulation signée en la reddition du château de Ponzonc, « non seulement de dépouiller et de dévaliser enti^reroejit •• tous les Français qui y étoienl. mais encore d'eo tuer " aucuns de sang froid, et couper le nez et les oreilles à •' d'autres en leur disant : Portez cela en France, el dit«s & " votre Roi que c'est de la sorte que nous voulons marn quer tous ceux qu'il envoiera jamais faire la guerre en Ita- '■ 4ie...
M Casai, cependant, sur l'espérance et promesse do votre
■ secours, se conserve en languissant, souffrant ndb-seulement « cette place là, mais tout \v reste de la province patiemment « Icors afflictions. Mais, parce que leurs forces déclinent à ^Tie « d'œil, et qu'elles sont quasi îi leur demi(>rc période, il est ■■ temps que Voire Majesté me fasse cet honneur de prendre
■ une dernière résolution, ne manquant, de mon ciMé, de m'ai- " der, selon que mes forces me le peuvent permettre, et '• filant ma vie, comme l'on dit, de jour en jour, i-n l'attente " de son secours ; lequel venant promptement, El'