LE DUC DE NEVERS
prenait possession de ses Étals, Louis Xllt assiégeait la Rocfil et ne pouvait distraire ses forces pour une campagne en Italie. L'arrivée de Charles de Nevers à Mantoue eut pour contre-coup immédiat la conclusion d'une ligue entre l'Empire, l'Espagne et le duc de Savoie. Ce dernier réclamait le Montferrat ; un Gonzague-Guaslalla. soutenu par les Autrichiens et les Espagnols, se porta comme prétendant pour le duché de Mantoue. L'Empereur refusa d'accorder au duc de Nevers les investitures nécessaires et, dès le mois de février 1628, le gouverneur du Milanais el Charles-Emmanuel envahirent le Manlouan et le Montferrat. La guerre qui «éclatait porte, comme on le sait, dans l'histoire, le nom de Guerre de la succession de Mantoue. En face de si puissants ennemis, la situation de Charles de Nevers semblait désespérée. Il l'exposa lui-m<^me dans cette lettre éloquente qu'il ^dressa au roi Louis XIII :
H Sire L'on m'a assure' que le comte d'Olivarès et
t< don Gonzalès de Cordova ont dit, lorsqu'on leur parloit de « trouver quelque lieu d'accommodement en mes alFaires. qu'il « étoit aussi peu possible d'y trouver un milieu (si je ne me Il résolvois d'abandonner les États que je possède en Italie). " comme de faire que je ne fusse point né François et que je « n'eusse pas l'honneur d't^tre avoué de Votre Majesté pour fils " de la cousine-germaine du Roi son père. Ces paroles. Sire, " suivies de si violents effets, m'obligent d'avoir recours à Elle il et de lui faire entendre, en sa langue et de ma propre main, Il avec le très humble respect que je lui dois, mon ressentiment <i et l'extrémité en laquelle mes États et mes sujets se trouvent 1' maintenant réduits : estimant qu'après qu'EUe m'aura " fait l'honneur de les considérer, et l'intérêt que sa personne Il et sa monarchie y peuvent avoir, qu'Elle se trouvera non seu- II lementconviée, mais très obligée d'y prendred'aussi promptes (. et généreuses résolutions qu'Elle a fait par le passé en d'autres Il occasions, peut-^trc moins importantes à sa réputation et an " bien de ses affaires et de sa monarchie.
(I Votre Majesté se ressouviendra donc, s'il lui plaît, qu'i Il mon parlement de France, je l'assurai que je venois prendre " possession des États qui m'étoicnE échus avec la rai^meù