SECOND MAHIAGE DC DUC CHARLES IV
Résolu à mettre promptement un terme à son veuvage, le duc Charles fit rechercher dans toute l'Europe les princesses en situation de devenir son épouse. Puis, sur les renseignements qui lui furent adressL's, il annon(;a son intention de se rendre lui-même en France pour donner suite à ses projets, « Les I' passions dominantes en lui, <> écrivait Tessé au marquis de Torcy, >• sont la peur et l'amour. La première le détermine i « désirer sortir de ses États, car où ira-t-il? I) ne.croît pas être 1. en sûreté à Manloue d'où, pour éviter la poudre à canon, il " avait cru, se réfugiant à Casai, pouvoir vivre dans quelque <( repos. Présentement la guerre l'y suit, et dans la vue qu'il " a de se marier, l'amour le convie de chercher une femme <i qu'il a la fantaisie de vouloir voir, n [Nous croirions sortir du cadre de cette élude en racontant l'odyssée matrimoniale du duc Charles IV à la cour de Versailles. Les mémoires du temps abondent à ce sujet en piquantes anecdotes ', Marié au mois de novembre 1704 avec Suzanne-Henriette de Lorraine, lille du duc d'Elbeuf, le duc de Mantouc retourna peu après dans ses Etats et séjourna pendant toute l'année 1705 à Casai. Enhardi par les victoires de Cassano et de Calcinato, il lit au mois do mars 1706, son entrée à Mantoue avec la nouvelle duchesse.
Quelques mois après, le désastre de Turin (7 septembre HÛG) mit les armées françaises dans la nécesité d'abandonner enfif;rement l'Italie. Le duc de Mantoue se trouva dès lors exposé sans défense à la vengeance des Impériaux. VainemenI proposat-il de donner à la maison d'Autriche quelques gages de sa fidélité ; vainement aussi essaya-t-il d'apitoyer sur son sort le Pape et les Vénitiens, et de les amener à négocier en sa faveur un arrangement avec la cour de Vienne. Menacé de perdre sa liberté en même temps que sa capitale, il se rendit, au mois de janvier 1707, à Padouc sur le territoire vénitien, puis à Venise, tandis que la duchesse se retirait elle-même en Suisse. Peu après (S juillet 1708), le duc Charles mourut misérablement à Padoue sans laisser de postérité légitime.
1. On {veut noUmment consulter à ce sujet les Mémûirtt dt SainiS flêmairtt de Tew.