‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 77 sur 224 · D2 SUCCESSION D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

D2 SUCCESSION D'ESPAGNE

(lu duc Charles à Paris el plénipoteDliain? mantouan au congrès, présenta une protestation écrite qui réservait les droits de son maître à un dédommagement, ainsi que la solution des anciens différends existant entre les ducs de Mantoue et de Savoie'.

AussilAt après la signature de la paix de Rysw'ick, la question de la succession d'Espagne s'imposa k l'attention des couronnes. A la mort de Charles II, de graves événements étaient à prévoir en Italie. On pouvait s'attendre à ce que le Milanais en particulier serait convoité par la maison d'Autricbe et par le duc de Savoie. Sî une guerre éclatait, l'alliance du duc de MantOHO devait, par suîlc de la situation de ses États, être ardemment recherchée par chacun des prétendants à la possession du duché de Milan. Ces mottfs décidèrent Louis XIV à accréditer M. d'Audiffret comme résident français à Mantoue. Cet agent Tit connaître au duc Charles les traités de partage des 13 et 25 mars 4100 ; puis, après la mort du roi d'Espagne, il notilla au duc l'acceptation du testament de Charles II par Louis XIV.

Le Milanais reconnut sîins peine Philippe V. Mais les protestations de la maison d'Autricfac et les préparatifs militaires de l'empereur ne permirent pas longtemps d'espérer une solution pacifique du conflit qui divisait l'Europe. Cette fois, le rôle séculaire des armées françaises dans la Haute Italie allait se trouver renversé. Au lieu d'attaquer le Milanais, elles allaient, unies à celles d'Espagne, avoir pour tdche de le défendre. La cour de Vienne n'avait pas pardonné au duc de Mantoue ses anciennes liaisons avec la France, et il était évident que les Impériaux, envahissant la Lombardie, commenceraient par s'emparer de sa capitale. La craiute d'une occupation allemande, dont il connaissait par avance toutes les rigueurs, plus encore peut-être que ses sentiments personnels à l'égard de Louis XIV. décidèrent le duc Charle.s IV à signer le 21 févjier 1701. avec le cardinal d'Ëstrées. plénipotentiaire du Roi, un traité qui confiait à la Franco et à l'Espagne la garde de Mantoue. Le

1. Aciet el mémoirt» dea niijoàations de [la paix de Rystcick, t. IV, p, lïS et

TRAITE D'ALLIANCE DU î! FEVRIER 1701. IBS 5 ftTTtl 1701, un corps d'année fraaco-espagnoi investit la place; après plaâieiirspouq)arlers et la menace duo bombardcmeBt, faite pour lu forme, il fat introduit dans la ville.

Le comte de Tessé commandait les troupes d'occupation. Nous croyons qu'il n'est pas inutile d'insérer dans cet exposé historique quelques piquants extraits des lettres par lesquelles il fit connaître à la duchesse de Bourgogne ses premières impressions sur le duc de Mantoue et sa cour ;

7 acri/ 1701 « Ce fut hier. Madame, un grand jour pour

n nous, c'est-à-diro pour les affaires du Roi en Italie : j'entrai « avec six mille hommes dans Mantoue, et j'eus ma première H audience du Duc. qui me reçut une épée sous le bras, de la " longueur d'environ sept pieds ot demi ; toute votre toilette, " ilormis votre miroir, tiondroit dans la garde de cette épée, " où étaient ses gants, deux mouchoirs, plusieurs tabatières, « des montres, des boites, enfin une boutique entière. 11 avait " sous i'sutre bras un petit chapeau de castor gris, avec un " long plumet noir. Au demeurant, le meilleur, le plus civil

*' et le plus obligeant prince du monde'

SS aeril 1701 • J'ai fait un second voyage à Mantoue et

<^tê tout autre chose que la première fois. M. le duc vint levant de nous monté sur un cheval isabelle entouré de t-quatre coureurs ; vous savez, madame, ce que c'est * q^'un coureur en Italie, gens eu camisole, le petit caleçon de taffetas, le petit bonnet en tète, toujours suants et le gousset

fort éveillé Il me dit en me faisant l'honneur de m*en-

brasser, qu'il n'avoit au monde confiance qu'en deux personnes, à la Sainte-Vierge et au Roi*

SS septembre 1701 ■ Les singularités de Mantoue me

fournissent toujours. Madame, quelque occasion de vous entretenir... Celte cour, quoique petite, ne laisse pas d'être ' celle d'un souverain, dont vous aimeriez le cœur, l'esprit et ' la conduit^, par l'attachement fidèle qu'il a pour le Roi, et " par la profession publique qu'il fait de respecter et d'aimer " Sa personne. Au surplus, sa manière de s'habiller, indépen-

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