‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 89 sur 224 · PBOJET DE CAMPAGNE CONTRE LE MILANAIS · texte numérisé non relu

PBOJET DE CAMPAGNE CONTRE LE MILANAIS

Bâ de Sicile, parce que le comte de Casiriglio ' pouvanl croire uiséntenl que nous Touïons prendre notre revanche de l'année passée, emploiera ses soins à faire des levées et ne voudra pas se dessaisir des nioycns qu'il estimera nécessaires pour sa. propre conservation.

L'on envoient mardi prochain les ordres à Lyon pour donner en même temps toutes les recrues à l'infanterie de l'armée de Piémont ix raison de vingt hommes par compagnies. L'on pourvoit aussi au paiement de tout le quartier d'hiver de la cavalerie, alln qu'elle puisse remonter les cavaliers, Wre ses recrues et être en état, aussi bien que l'infanterie, de quitter iti quartiers et prendre la route de Piémont te IS d'avril : croyant que rien ne peut contribuer davantage aux bons succès de celle campagne que de commencer de bonne heure.

Après cela, je suis persuadé que quand Voire Altesse ne seroit pas disposée elle-même, comme elle me lait connottre qu'elle est par sa lettre, k demeorer en Italie pour y commander l'armée du Roi, elle en prcudruit brésolution voyant celle de Sa Majesté de faire de ce côté lii des cfTorts tODindérables, et, qu'il y ait lieu d'espérer que les deux Princes nommés ^-dessus en usent de même.

Je ne doute pas aussi que la demeure de Voire Allesse en ce pays là ne CMtribue fort à terminer ses intérêts avec H. le duc de Savoie avantageutooent pour elle, el que Madame Royale * ne se porte à la lin h les favotiier, prenant reconnoiasance tous les jours de plus en plus que vos senlinents sont pleins de respect pour elle et que Votre Altesse n'a pas soins de passion et ne s'emploie pas moins qu'elle pour le bien de M. le duc de Savoie et de toute la maison. Eu quoi l'on me doit celte Justice de ^oire que je ne perds aucune occasion de me signaler de mon cOté, el, Uen qu« ce ne soit pas le temps de m'ouvrir en détail sur ce qui est prélentement snr le tapis, je la supplie de croire que je n'oublie rien pour le faire réussir, et, je puis lui dire conGdemment que Sa Majesté me fait lluiDneur de m'écouter si favorablement sur ce qui est d'entrer en une ^DS forte liaison avec la maison de Savoie, que j'en ose espérer une hmne issue.

Pour ce qui est des principaux chefs qui pourroient servir sous Votre Altesse et sous MM, de Uodéne et de Mantoue, M. le Maréchal de Crancey ' ■DOboitcroît fort de retourner de delà; et, comme il est de mes amis, je Tosdrois bien qu'il eût ce contentement si d'ailleurs Votre Altesse jugeait

SU fut propre pour cet emploi : car, elle sait bien que mon principal t est et sera toujours le plus grand avancement du service du Roi prétirablement A toute autre considération.

Si Votre Altesse croit qu'il peut bien servir sous elle ou sous lesdits Princes, elle me le mandera s'il lui plall ; el l'on pourroil d'ailleurs y

1. Don Oarcia de Av«ll&neda y Haro, deuxième comte de CnstriUo, président du conseil des Indes (1633), membre da conseil d'Eui, vice -roi de N&ples, remplifé duis cette charge en 10,^8 par le comte de Pediranda, président du conseil it Castilla (t«eî-tS68). mort en 1670.

î. Christine de Pranee, fllle de Henri IV. veuve depuis l'année 1037 de Victor- Amédde I*', duc de Savoie.

3. Jacques Rnuiet, comte de Ortticey [16D9-i6S0]. maréchal de camp en lUSe, lituMoanl général en 1U16, maréchal de France sa lôM. commanda l'armée d'ttai>>p<cndant les campagnes de IÔS3 it 1654, gouverneur de Thiontille eo I60d, che- ~"ir des ordre» du Roi en ififll.

i80 M. ARNAULD D'ANDILLY, 4655.

envoyer aussi M. le maréchal de Clérambault', qui senriroit sous les uns ou les autres suivant ce qu^elle jugeroit plus & propos.

Sinon, elle me fera la faveur de m'écrire librement ses pensées là-dessus, la conjurant seulement que qui que ce soit n*ait connoissance du contenu de cette lettre que M. d'Andilly, auquel il plaira à Votre Altesse de la communiquer, ne lui ayant rien écrit, non pas même surTalTaire de.Mantoue, pour ne point faire de redites. Et, môme, je n'ai pas voulu faire mettre rien en chiffre, afin que Votre Altesse puisse voir le tout, sans être obligée à passer par tant de mains, étant bien assuré que cette lettre sera remise directement entro les siennes.

i. Philippe de Clérembault, comte de Palluau, maréchal de camp en 1642, liev* tenant général en 1648« maréchal de France en 1652, gouvemeur du Berri en 1Ô65, chevalier des ordres du Roi. en 1661 ; mort le 24 avril 1665.

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