‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 88 sur 224 · EN MISSION TEMPORAIRE · texte numérisé non relu

EN MISSION TEMPORAIRE

I^endaDt les années 1654 et 165S, le cardinal Mazarin renouvela ï« tentatives qu'il avait précédemment faites afin d'obtenir en faveur du duc de Savoie l'investiture impériale pour les fiefs du ••ontferrat cédés par le traité de Cherasco. M. de VautorteS puis V- de Lumbres^, ambassadeurs du Roi à la diète de Ratisbonne, forent spécialement chargés d'engager des négociations à cet effet ^.

Au mois de décembre 1634, le prince Thomas de Savoie, grand ''wUtre de France, vint de son côté à Turin avec mission de conclure ^ accommodement avec le duc de Mantoue. Il était accompagné ^*^n des jeunes agents les plus remarquables de la cour de France, ^Kion Arnauld d'Andilly ^ qui s'illustra dans la suite sous le nom de

^- I«*rancoia Cazet de Vautorte, conseiller d*Etat, ambassadeur aaprès de Tempe- ^^^ d'Allemagne et des Princes électeurs à la diôte de Ratisbonne en 1653, mou- ^ <l*nB cette rille en 1654. Cf. Mémoires de du Plessis-Besançon, p. 76 ; Recueil ^ Mviàtruclions aux ambassadeurs en Espagne^ et Recueil des Instructions aux ^^^^9 1res en Bavière,

* - Antoine de Lumbres représenta successivement la France près de Télecteur '•* * ^éfes. du prince-CTéque de Liège et de l'électeur de Brandebourg. Il remplit *^ mission en Pologne en 1660. Cf. Recueil des Instructions aux ambassa- «»*•« en Pologne,

^- Affaires Etrangères, Corr. Mantoue, t. VIII, fol. 206, 236.

^- Simon Amauld (161 8-1699), fils de Robert Arnauld d'Andilly et de Catherine

w ^è^w de la Boderie. Il porta successivement les noms d' Arnauld de Briotte,

û'A^ndilly, puis de Pomponne à partir de 1660. Intendant de Casai (1642), conseil-

\tv d*Etat chargé de diverses missions en Italie, ambassadeur en Suède (1665),

pus en Hollande, il succéda à Lionne en 1671 comme secrétaire d*Etat des Affaires

^^^^"^ngères, et occupa ce poste jusqu'en 1679.

M. ARNAULD D'ANDIl.LY, lOHB.

Je croia aussi pouvoir Tuire un efForIpour trouver sur mon cri^-dit jasqn'i la somme de six cent raille livres payable la moitié à l'enlriiecn campagoe et le râstn au mois de septembre : moyennant quoi, M. le ilnc de Uodène qui recevroit le premier paiement avec les troupes fronçoises qui passeruient de son eûtê.s'obligeroit, de concert avec M. de Mantoue, de pom-vuir à la dépense des travaux, munitions de guerre, train d'arlillerie, paia de munition, et généralement à tout ce qui pourroit être nC'ressaire pout faire agir l'armée, A la résene seulement du paiement des officiers d'a^ti^ lerie quej'envoieroi d'ici et qui seroient payés sur le fond qui se fait pour l'équipage du Piémont.

Et, comme le Roi feroit des efforts extraordinaires de son câté, que H. de Modène est résolu de ne rien oublier du sien, et qu'il y a apparence que M. de Mantoue en usera de même, il faudrait que M. le duc de Savoie prit aussi la ml^ml! résolution et tûcliAt par toutes sortes de moyens, d'avoir au moins un corps de trois mille bommes de pied, à quoi il pourra être sollicité par M. d'Andilly de la part du Koi, et encore plus par son propre intérêt, étant certain quil n'y a personne qui puisse tirer tant d'avantage que Ini du bon succès des desseins qu'on projette d'exécuter sur l'État de Milan dans lequel, quand nous serions assex malheureux 1 pour n'y faire aucune conquête, rien ne saurait empêcticr que l'on ne | prit au moins des quartiers pour toutes les traupes généralement qui seront employées en cette guerre.

Je travaille présentement h faire le fonds pour l'équipage d'artillerie qu'on doit envoyer en Piémont, et pour, lu Fourniture du pain de munition, et, j'espère d'avoir ajusté cela de tous points dans la semaine prochaine. Je souhaiterais seulement que Votre Altesse prit la peine de me faire savoir ce qui est resté de delà des outils, munitions et autres chose? qu'on fournit l'année passée pour l'artillerie, y ayant apparence qu'il en doit Être demeurée la meilleure partie, vu qu'on n'a rj^n fait qui pnis^^ avoir donné lieu à une grande consommation.

Je ferai aussi pourvoir au fonds des travaux et dépenses extraordinaires de l'armée de Piémont : sur quoi je serai bien aise d'avoir aussi l'avis de Votre Altesse, la suppliant seulement de considérer que l'envie que j'aurois qu'il y eût abondamment de toutes choses, n'est pas secondée de la possibilité et que les finances du Roi ne sont pas en l'étal qu'il faudrait pour cet effet.

Je lui dirai de plus que rajustement des différends de la République de Tiènes avec le Roi d'Espagne n'est [las prêt à conclure, et qu'on n'oublie rien d'ici pour obliger cette république à prendre une bonne résolution à | laquelle il y a apparence qu'elle sera d'autant plus conviée si elle voit les forces du Roi considérables en Italie et les Princes susdits engagés dans ' le parti de Sa Majesté. '

Il y a encore sujet d'espérer que le duc de Parme ' sera en quelque fBi;on forcé à prendre le même parti s'il voit ces deux Princes ses voisins déclarés, et les Espagnols hors d'étal de faire une vigoureuse défense.

Je travaille en outre incessamment à préparer une puissante armé»navale à Toulon pour aller à la mer au commencement de mai, composée. à ce que j'espère, de trente-deux grands vaisseaux de guerre, doute brftloU et douie galères -. ce qui contribuera extrêmement à empêcher que lee Milan ne reçoive secours^l'hommes ni d'argent de Napics

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