‹ Savoie-Sardaigne et MantoueChapitre 92 sur 224 · H. DE BAAS. I«S · texte numérisé non relu

H. DE BAAS. I«S

sont les mieux tnilées en France, on lenr donnera mille paloles par compagnie, à condilioa qu'ils payeront tout ce qu'il) prendront des peuples, sans prétendre autre chose que le codvert, desquelles mille pistoles, il leur ^ra payé la moitié d*abord. et l'autre, quand Son Altesse le ju^ra à propos : bien entendu qu'ils auront les compagnies (Complètes de trente maîtres sans les officiers et valets.

Et. comme quelques ministres de M. le duc de Mantouesê sont laissés entendre ici que ledit sieur duc pourroît bien faire instance afin d'avoir quelque nom)}re de gens h pied et à cheval dans le Mantinois. afin de pourvoir de bonne heure & ss sûreté, l'intention de ^ Majesté est que ledit sieur de Baas lui en parle en vertu d'une lettre de créance que je lui ai donnée du conjointement avec le sieur Palpera ' qui est chargé de la mfime chose, ou tout seul, en cas que ledit Palpera ne fût pas encore arrivé, et en cas que M. le duc de Mantoue témoigne de k ft souhaiter comme il seroit à propos qu'il fit. Sa Majesté entend ' qu'on prenne raille à douze cents hommes de pied, et cinq i six cents chevaux des troupes du Roi qui seront le plus & son gré et à sa bienséance. Sa Majesté se remettant à ce que MM. de Saint-André ' et de Broglia jugeront plus à propos. Il n'y aura qu'à parler de la part du Roî aux corps qui seront ainsi choisis; en tous cas, s'il faut quelques ordres d'ici, il n'y aura qu'à commander et on les envoiera aussitôt.

11 faudra choisir un des lieutenants-généraux ou maréchaux de camp pourcommandcr le lout ; et on examinera de delà celui d'entre eux [qui] seroit propre pour cet emploi et concerter le tout avec M. de Mantoue auquel on permettra le commandement en chef sur lesdites troupes non seulement durant l'hiver, mais aussi, lorsqu'on sortira en campagne que l'on exécutera

3. Aloiandre du Pujr, marquis de Sainl-André-Uonlbrun, maréchai de eunp dan» les armées protesLanlei du duc de Rohan en 1S21, passa sd serrice do Veniir. puis da la SuAde après k dèraile du parti protestant, rentra en France en 1S30. miu^chal de camp en tCil, lieutenant général en Italie en 1051, chargé de commandor l'armée française de Lombardie sous les ordre» du dac de Modène par

lettres du 18 mai IGùâ, AprAa la paît dos P;i-énécs, il se relira du serrice, puis U Ht U campagne du Candie en 1668 comme capitaine général des arméaa î,

dt la République de ^'enise ot mourut co 1673. '

PROJET DE CAMPAGNE CONTRE LE MILANAIS. 18R Ce qui a été résolu avoc lui. Et on assurera ledit sieur duc, que si on laisse, de concerl avec lui, un corps de pareille force dans le Montferrat, il aura aussi pareille autorité sur ledit corps y mettant un ofûcier qui \p commandera sous lui.

Ce corps de troupes qui sera dans le Mantinois se servira de l'occasion du passage des troupes de M. de Modène qui sera supplié de le favoriser.

L'intention de Sa Majesté est que pour la cavalerie, elle soit payée de la même manière que celle que le roi donne à M. le (tue de Modtne ; et pour l'infanterie de la même façon que M. de Mod^ne paiera la sicane durant le quartier d'hiver. Et, si l'on est obligé de renvoyer quelques recrues pour lesdits corps qui seront à Mantoue, on les envolera par mer à Lérici de même que celles qui seront destinées à M. le duc de Modène.

Pour ce qui est des deux cent mille livres que M. le duc dv. Modène dit lut être dues de reste des six cent mille livres qui lut avoient été promises, le sieur comte Ronchi en ayant déjà touché cent mille à Lyon, on donne un ordre au sieur de Baas pour recevoir une pareille somme à Lyon, ou la faire recevoir par quelqu'un sur son ordre, quoique ces messieurs des finances croient qu'il ne faudroil pas tant. Mais, je leur aï dit de no pas laisser de fournir cesdites cent mille livres entièrement, et qu'après on feroit le compte de tout.

Il est à propos de savoir de bonne heure si M. le duc de Modène désire faire quelque levée en France, comme aussi d'en tirer des armes et des munitions de guerre, afin qu'on [misse avoir le temps d'y pourvoir et d'envoyer le tout à Lérici ; car il y aura entr'autres choses beaucoup de peine à trouver de la poudre.

Pour ce qui est de prendre dos quartiers d'hiver et tout ce regarde le pain, je me remets au mémoire de "M. le Tellier' et h la vive voix du sieur de Baas. Je dirai seulement que 1» proposition qu'a apportée le sieur de Toucbcprès* est impraticable pour beaucoup de raisons que l'on a alléguées en pré-

I. Michel la Tellier ()G03-1&B£), secrélatre d'éui de la guerre de IGiJ A 1066. S. Charles do Meanard. seigneur de Toucheprèi, mardcEul de camp en tUï2, ^"- n cette nualiU en IlaU"; do 1954 à I65S.

186 M. DE BAAS. IfliB.

sencc de&dits sieurs de Baas et de Toucheprès lorsqu'on a examiné la mcitière et parliculièrcment pour la grande dt'penisc qu'il faudroit faire à laquelle on ne pourroit pas sufliri'. quelque bonne volonté qu'eût le Roi de irailer les troupes qui seront en Italie beaucoup mieux que celles qui hiverneront en France, et que s'il éloit possible de réduire cette dépense à une somme qu'il nous fût possible de fournir et que l'on vit jour de s'iHablJr sûrement dans le Milanois, le Roi y consentiroit et tîendroit particulièrement tout ce qu'il promelti-oit à l'avantage des troupes sans leur retrancher un sol de ce qu'il leur aurott promis, ni manquer aux termes qu'il auroit pris pour le paiement.

Bien entendu que Sa Majesté, en ce cas comme en tout autre, prétend faire une grande réforme, non-seulement des ré^i- . monts qui se trouveront faibles pour filre devenus en mauvais état, mais aussi de ceux qui ont mal servi, et dont les t laines ont témoigné peu de xHc pour le sei"vice Majesté.

Sur quoi, le sieur de Baas dira de ma part au sîeur Bra^ que l'intention du Roi est qu'après qu'il aura su les sentiments de M. le duc de Modène et bien examiné avec MM. de Sainl- André-Montbrun et comte Broglia la force et faiblesse de tous les corps de cavalerie et d'infanterie de l'armée, il dépêche ici un courrier en toute diligence avec un mémoire e leur état et la pensée de Son Altesse et sur le sujet de 1 forme.

Le sieur de Baas porte les ordres nécessaires pour faire que M. le duc de Modf-ne commande généralement tout, mais, étant son serviteur particulier, de lui dire, comme chacun est persuadé de sa bonté et de sa magnanimité et des autres vertus qu'il possède en un haut point, il est important que, s'il y a des ofliciers assez malheureux pour ne servir pas avec affection et manquer à la moindre chose de ce qui est dû à sa qualité et au poste qu'il occupe, ils ressentent irrémissiblement les effets de sa juste indignation, afm que, faisant exemple de quelque mat-intentionnés, on n'en voie plus à l'avenir et l'on reconnoisse que Son Altesse s

es aj^^

BracB^^

iliments e Sainlde tous dépêche

lire que I

PROJET DE CAMPAGNE CONTRE LE MILANAIS. (S7 obi^îr; et tille n oubliera pas. s'il lui plaît, de soutenir liautenipnt les ofliciers généraux qui servcnl sous lui. afin de lemeltre par ce moyen toutes choses dans l'ordre duquel on csl averti que la plupart des officiers de l'armée sont maintenant fort éloigné».

C'est à M. te duc de Modem- ù régler, b'il lui plaît, ce que MM. de Sainl-André-Montlirun , Broglia et marquis Ville' devront avoir de troupes de l'armée.

Pour ce qui est des charges vacantes dans le régiment il'.\uvergne et d'autres corps de l'armée d'Italie, Sa Majesté Mttend l'avis de M. le duc de Modènc sur le choix des personnes capables pour remplir lesdites charges, et sera bien aise de lui témoigner le cas qu'elle désire faire de sa recommandation.

Le pain est assuré pour tout le mois de novembri', et on psiwre qu'avant le 13' dudit mois, on saura si l'armée hiverneta en Italie : auquel cas, on pourvoira & la fourniture du p«tn pour tout lliiver.

Jo persiste dans l'avis que j'ai donné di}s le commencement

à l'abdé Manzieri et au sieur Gompain que M. le duc de

A/odéae ne se doit point servir de cavajeric italienne étant un

Ji'lgent perdu, et s'il a quelques officiers italiens qu'il soit bien

" employer, il leur fuut faire des compagnies françoises et

'*^Ur donner à commander; car ils serviront mieux et leur

*^oùleront moins.

J'ai déjà fait expédier la .route et les ordres nécessaires P**itr faire marcher en Provence un régiment que le Roi m'a ï**ït-inis de faire lever sous le nom de M. le prince de Modène, **t «5crit à M. le duc de Mercœur* et à M. d'Orange^ pour les

' • Ghiron-Fntnçoii, msrquii ViU«, connu lous la nom du comte d« Cameron l^^^tv'à la rourl d« son père en 1618, maJlre do camp d'un régiment d'infuilorie m ^^^&, obtint des leltrcs de nituralisslion rrancaise l« B mai 16.18, msrécbiil de '" ~ wrTii en coUe quiJilé en lifllio do 1(153

, *- L«Qis de VendOrae (16IÎ-16S9). connu sous le i

'.** «n t«w, puis duc de Vendôme i la mort de sot

'•14s.l((,Si|, commmdinl en Provence en 105!, comm

*'"**Joinwment «Tec le due de Modéno pur lettre du S

^- Agent du Roi de Kranca à Cènes.

>ni de duc de Mercieur jusptre, vice-roi de CKtalo^o

nduil l'armée de Lombudio ■vril 16M. caislinal en 1S67.

188 M. DE BAAS, IOS;i.

faire embarquer sur deux vaisseaux que je fais préparer à Toulon qu'ils porterunt à Lt^rici où il faudra que M. le duc du Mod^ne envoie quelque corps les recevoir et je ferai aussi écrire une lettre du Rot & KLM. de Gôncs pour le passage dudil riîgiment, laquelle Ictlre sera adrcssi^e à M. Jaonettn Justîniani pour la rendre, en cas que M. le duc de Mod^nc ne juge pas à propos de demander lotir passage en son nom. Je serois hien aise' que, par le retour desdits vaisseaux, M. de Modène me pfit envoyer trois cent soldats italiens ; je lui donnerois le double de François, quoique les frais du trajet soient grands.

Au reste, comme divers princes d'Italie et particulière meut le pape et les Vénitiens prendront occasion du mauvais succès du siège de i'avie, de faire tous leurs efforts auprès de M. le duc de Modènc pour l'obliger îi s'accommoder avec les Espagnols ; et il me semble que Son Altesse pour se délivrer de leur imporlunîté peut rtîpondrc que £e n'a pas é\4 de galelé de cœur qu'il s'est porld & la rupture avec les Espagnols, mais pour sauver ses Etats, son honneur, et tout ce qu'il a de plus cher au monde, ainsi que chacun a pu voir ; que pour a'I elfet elle a été contrainte de recourir à la protection du Roi, entre les mains duquel dès ce moment elle a remis tous sei^. intérûts.

De sorte que ce n'est plus à Son Altesse mais <iu Roi qii'^~V se faut adresser, et ne pouvant rien faire que de son aveu. *^^ on a sujet de croire que les bontés que Leurs Majestés, et M. "* duc de Mantoue le favorable traitement qu'il a reçu e» ce*-"* cour, et les assurances que le Roi lui a données d'une alTecti ^ ' cordiale cl d'une protection tout entière ne lui permettra^ ^ pas de manquer h ce qu'il a protnis après niSme un tra::::^* signé. Mais en cas qu'il en usât autrement, on donnera b-'^''^ ordre k ce que cela ne puisse apporter aucun préjudice a affaires du Roi en Italie, et particulièrement aux intérêts M. le duc de Modène.

Cependant, M. le duc de Modène pourroît se prévaloir de confiance que M. de Mantoue lui a témoignée pour l'afTem:^ *' dans la résolution d'o-\ccuter son traité avec le Roi, en lui fi^ sant voir qu'il doit bien attendre de la protection de Sa Majcst ^-^'

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