LES MOINES
Et avec votre esprit.
Mon esprit? Comment mon esprit aurait-il la paix? Il ne connaît que luttes et que batailles, — Ce malheureux peuple qui a chassé les tyrans et juré obéissance au roi Jésus, tous les jours il faiblit, il abandonne son divin monarque, il retourne à ses péchés ; tous les jours il faut le relever, ranimer son courage et le ramener au combat contre les milices de Satan. Et ce n'est pas assez de le défendre contre les démons, il faut aussi le défendre contre les complots des hommes. Jamais le péril n'a été plus grand. Jamais les ennemis de la République n'ont été plus à craindre. Leurs forces s'accroissent et se joignent, leurs entreprises se multiplient et tout le fardeau de la défense retombe sur moi seul. Tout le péril aussi. Nos ennemis pensent qu'en me frappant ils ruineront mon œuvre. Mais non! mon heure n'est pas venue! Dieu veille sur son serviteur. Il me soulève. Il me pousse. Je suis dans sa main comme une pierre dans la fronde. Il me lance au but voulu. Le plan divin doit s'accomplir. Des visions saintes brûlent mes yeux. [/Italie! L'Italie sera délivrée. Partout j'irai, je maicherai, portant la bannière du Christ
de ville en ville, de province en province! Je parlerai. Je labourerai les âmes. Je secouerai la terre sur son axe. Que l'on m'excommunie, que l'on me saisisse, que l'on me torture, rien ne brisera ma voix! Je suis le cri de Dieu qui retentit dans les nuées. [Enti'e le prieur de Bologne.) Vous? Vous ici, mon père? Vous avez donc quitté votre prieuré de Bologne! Oh! laissez-moi tomber à vos pieds! Donnez-moi votre bénédiction.