LE PRIEUR
Que Dieu vous bénisse, mon enfant, et que sa sainte Providence vous garde de tout mal.
Mon cœur se gonfle, ma poitrine éclate. Quoi ! Je vous retrouve après tant d'années ! Toute ma jeunesse sort du sépulcre. Oui, oui, je revois en esprit ce doux cloître, là haut, sur la colline ensoleillée. Mon Dieu, que la vie était suave et tendre dans cette sainte maison! C'était la paix, la paix! Mais déjà Dieu agitait mon âme. Il m'appelait au combat. — Mon père, donnez-moi votre main. Vit-il encore le frère- Bruno, qui servait avec moi
la sainte-messe? Il est mort? Dieu lui a ouvert son cœur céleste! Mon père, mon père, mille souvenirs attendrissants jaillissent dans ma mémoire. Je suis prêt à pleurer comme un enfant.