‹ Saynétes et comédiesChapitre 167 sur 294 · SCÈNE XVIL · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIL

DE NAJ1GIS.

Avec VOUBl

GABKISI.LK.

Oh I notre existence, croyez-le, ne sera ni distraite ni bruyante, mais intime, retirée, tonte d'affection... Vous aimez ce beau pays, je le sais ; eh bien, le jour, vous ferez de longues promenades avec mon mari et son frère ; le soir, vous partagerez notre vie de famille, nos causeries, nos lectures, {sonriuii.} C'est mol qui lis tout haut d'ordinaire, colonel, et mes flatteurs assurent que je ne les endors jamais.

DB NAHGIS.

De grâce I...

GÀBMELLË, tirinua.

Et puis, aux heures où vous aurez besoin de causer de celle qui n'est plus, je serai là, et c'est moi qui vous dirai : « Parlons d'elle; pleurez, colonel, pleurez avec

moi. ■

DE N1SGIÎ, M levant.

Madame!...

GÂBRIELLl.

Ahl c'est que je me fais un devoir, voyez-vous, de partager, d'adoucir votre chagrin... J'ai gardé un si bon souvenir de l'unique entrevue que j'eus autrefois avec

vous !

DB NilfGIS.

Madame...

GABRIELLE

Car c'est vous qui vîntes demander ma main pour votre neveu. Mon père avait exigé que je vous répondisse mol-même, et cet entretien m'effrayait beaucoup. Mais l'air d'extrême bonté répandu sur votre visage me

■■■. ,GoogIe

gagna tout à coup, et je parlai sans embarras, en toute sincérité, et 'assurée que mon refus ne pouvait vous offenser. En effet, vous sûtes me comprendre, et, me tendant la main, vous fîtes des vœux pour mon bonheur... Eh bien, Ils ont été exaucés!

DE HAHGIS.

Ah! voua êtes heureuse?

GABRIËLLE.

Ohl oui, bien heureusel Vos souhaits, comme ceux des bonnes féea des légendes, m'ont protégée. On dit que nos rêves ne se réalisent jamais; mol, je sais bien le contraire, et toute ma crainte est de mal rendre a mon André la profonde et délicate affection qu'il me porte.

DE IIANGIS, t put.

Ah! pauvre femmel

GABRIEL LE

Mais ce n'est pas mon mari seulement, c'est sa mère, c'est tout le monde ici qui m'aime et me gâte a l'envl !..-

c'est-à-dire que, si j'étais superstitieuse, j'en viendrais à redouter un malheur.

DE HA-HRIS.

Un malheur!

GABRIËLLE.

C'est vrai ; quand je songe à la vie si belle qui m'est faite, je me trouve si privilégiée, si comblée, que parfois je me prends à inventer je ne sais quelles catastrophes imaginaires. Mais je suis folle, n'est-ce pas, et les proverbes mentent? (Remontant «n i« droit*. ) D'ailleurs, j'ai pu trembler pour mon bonheur quand II était tout personnel, peut-être égoïste ; mais aujourd'hui qu'un devoir est venu le légitimer, je n'ai plus peur... Depuis la nais-

sance de mon enfant, je sais tranquille et j'ai confiance ! Puisque Dieu nous envole une tache, Il noua laissera l'accomplir; 11 nous protégera à cause de notre enfantl

(Ella onns II porto Utarala.)

DE HAROIS, i part, Irèi-ÉBM,

La malheureuse 1

GABRIELLB,

Venez, monsieur... monsieur... (eu» <ra la traita par i»

mila «I l'amant prti 11 la ports luénla.) Venez dOBC le VOir...

11 dort... N'est-ce pas qu'il ressemble à son pèrel

DE IfAHGIS, A put.

Son pèrel (Haut.) Non, c'est a sa mère qu'il ressemblera.

GABAIELLE.

Ah! pouvez-vous dire cela! [eu» atcnche un mUtinos m le pr«HBM a i. d*!»snei..) Voyez ce portrait de mon mari... ne sont-ce pas les mêmes traits, la même expression? Prenez donc. (l>« Hn|K proU la mAoanion *'°™ ■»>■ tnubUnta ri le

unm lombsr.l Ah! mon pauvre portrait!... brisé!...

DE RAHGIS, la nmuunt tt te loi rendant:

Pardon, madame!

CABHIBLE.E.

Heureusement l'original me reste 1 (sosriui.) Hais je ne vous le confierai pas!

DE NANGIB, A part, dnotndanl.

Assez! asses!

,,GooyIe

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