‹ Saynétes et comédiesChapitre 77 sur 294 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Rapportez-moi ma sonate ! Passez chez ma modiste ! Une fais pour toutes, ma chère, je n'ai pas le loisir de songer à de pareilles bagatelles au milieu des graves occupations qui m'accablent. J'ai trois mille Orléans à livrer fia courant, madame, et je tous demande si un homme qui a trois mille Orléans à livrer fin courant, peut penser à une sonate?.. . Eh bienl pourquoi gardez-vous cemantelet?

Ferdinand, déioriaui.

Mais, ma cousine, c'est vous-même qui me l'avez mis sur le dos.

MARGUERITE

Taisez-vous doncl Je joue mon rolel

FERDINAND, ahnrl.

Je ne comprends plus, mol; je m'embrouilla...

MARGUERITE, Jouant.

Pourquoi gardez-vous ce manteletT Est-ce que vous espérez m'emtnener ce soir chez madame votre mère, pour jouer au wisth à deux sous la fiche? Vous répondez : — s Sans doute, mon ami; n'y allons-nous pas tous les samedisî n

FERDINAND, l'Imitant,

Sans doute, mon ami, n'y allons-nous pas tous les samedisî

MARGUERITE, jouant.

Ma chère, voila deux nuits que je veille, et vous trouverez bon que je me couche de bonne heure, an lieu d'aller bâiller en famille. (c«hm a« loua.) Et je me Jette dans un fauteuil, (eue i-uisoit a droit* m gainaaa.)

FERDINAND

Et moi? ■

. Gooylc

MARGUERITE

Voua, vous prenez votre broderie, {nie lot indiqua i> ko-

darle qui eit iqt la fuérldon. ) — ( Ferdinand prenant la broderie, ni l'eiiejaitt à ■■ fonehe da foMdon. )

FERDIHABD.

Et je brode... comme cela... (n *a pli» i« Met*.) ATel

MARGUERITE

Tandis que je m'endors profondément... (•» latam.) Voilà les agents de change, mon cousin.

FBRDINàltn, ie tarant.

Ah ! permettez, si vous jugez sur un seul échantillon les soixante agents de change de la place de Paris, vous courez risque d'avoir cinquante-neuf fols tort,

MARGUERITE

Vous ne me persuaderez pas.

PBnnlHAHD.

Je vous demande pardon. 11 en est, parmi cens que

vous accusez si gratuitement, qui adorent leurs femmes, qui les comblent de soins affectueux... de cachemires des Indes.

MARGUERITE

Ah!

FBRDIHAHD.

J'en sais d'autres — ceux-là sont encore célibataires — qui aiment en secret leur parente, leur cousine...

■ AR6CERITB.

Vous dites!

ferdihaud.

Mon oncle a du vous parler de certain projet...

MARGUERITE

Je ne vous comprends nlus.

■■■. ,GoogIe

SCfiNE III. 105

FERDINAND

SI fait, cousine, vous comprenez que je tous aime.

MARGUERITE

Enfin, tous jetez le masque, monsieur l'hypocrite.

FERDINAND

Est-ce donc de l'hypocrisie que de vous chérir depuis mon enfance!

MARGUERITE, plqufe.

Avouez, du moins, qne c'était pour vous débarrasser de vos rivaux que vous avez si bien maltraité la littérature.

FERDINAND

J'ai exagéré nn peu... mais pas beaucoup.

MARGUERITE

C'est blenl l'avenir me dira si vous avez été sincère.

Sachez seulement que je ue serai jamais la femme d'un ennemi déclaré de la poésie et de ses nobles représentants.

FERDINAND

Mais...

Assez, sur ce sujet, ou vous m'obligerez à vous céder

la place. ( Ella OU mina de sortir. )

FERDINAND

Arrêtez! C'est mol qui m'en irai. Aussi bien, je n*al plus rien à faire ici. D'un mot, vous venez de détruire le rêve de ma vie.

MARGUERITE

Gomme vous avez détruit le mien,

FERDINAND

C'est juste... et vous m'avez rendu le mal pour le mal... Nous voila quittes... Et pourtant, Marguerite, je

. Gooylc

crois que je souffre plus que voua. Je n'ai atteint qu'un

fantôme de votre imagination; vous m'avez fait plus

de mal. (XoiiTwi DonTHienlda retraita da Marguerite ; Ferdinand praid

•ai nbm'iMu. ) Mais pardon, comme ma plainte même parait vous Importuner, je me retire; je quitte cette maison que je n'aurais jamais dû revoir... Adieul ( n f**™, i. port*. )

MABGHERITB.

Ferdinand!

FERDIHAND.

Non; adieu pour toujours, (n eort )

i SCÈNE IV.

MARGUERITE, , e .,i«.

— Eh bleui 11 est parti! Pauvre garçon! rai été méchante avec lui... Mais aussi, pourquoi se jouer de moi comme il l'a fait?... N'importe, je l'ai refusé cruellement... je... (ooiuuitaut i« publie.) Si je le rappelais... ne fût-ce que pour adoucir dans la forme... (eu» i'appn>eha a> i* fanetn. ) d'autant plus qu'il commence a pleuvoir...

(AperoeTaat le perdesms de Ferdinand. ) Tiens! 11 a oublié SOn

pardessus; il ne peut manquer de s'en apercevoir, (eus ragarae pu îi faudra.) C'est cela.. 11 s'arrête,.. Eh bienï 11 hésite?.. . Ahl 11 revient... lentement, mais il revient. (Barata. ) Nous avons passé de bonnes années ensemble, les meilleures peut-être. Quel dommage que ses goûts soient tellement opposés aux miens ! 1 souriant.) H est là, tout près. .. quittons cette fenêtre ; Il pourrait me voir et s'Imaginer follement que je le regarde... Ces Jeunes gens ont des idées si singulières!.,, (sue miau

l'Micotr «t prend la nroderl». ) { Ferdinand rentre. )

■■■. ,GoogIe

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