‹ Saynétes et comédiesChapitre 89 sur 294 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

• sottises, sottises qui m'ont souvent affligé. Eh bien, t une fols dans ta vie, fais-moi un plaisir, un seul, t marie-toi. »

GASTON

Ahl le traître!

MAORICB.

t Je connais une charmante enfant, a-t-il ajouté; ■ elle habite la province, non loin de ma terre de Vil- 1 11ers, avec sa tante, une vieille amie à mol... »

Et ce rusé général te transplanta du boulevard des Italiens en pleine Champagne.

MAURICE

Fuis 11 manœuvra de telle sorte, me sermonna, me persécuta si bien, qu'au bout de quinze jours ma demande était faite, agréée, et que, dans vingt-quatre heures, je fais un mariage de convenances et j'épouse une jeune fille douée de toutes les vertus, c'est entendu, mais...

GASTON, Diamant.

Hais laide!... à se faire aimer de toutes les femmes.

MAURICE

Tu es absurde. Mademoiselle Amélie est fort jolie, au contraire. Mon Dieu! il y a même des jours où mon mariage s'offre à moi sous des couleurs moins sombres, Où je le prends presque gaillardement... Hais II y en a d'antres... Cest même la un phénomène psychologique que les. philosophes devraient étudier... il y en a d'autres où je ne sais quelle terreur s'empare de mol, à la pensée de l'instant solennel, du oui fatal.

GASTON

Fais-toi chloroformer pour ce moment-la.

. Gooylc

•MAURICE

Es-tu bétel

Merci.

■ ADHICE.

C'est dans une de ces heures de défaillance qu'hier je t'ai écrit la lettre qui t'annonçait mon suicide.

GASTON

Ta lettre ne dit pas un mot de cela, et je me réservals de te demander...

MACHICE.

Comment?

GABION, tlnnt nue leur» de ee poche.

Ecoute : (îiisnL) i Mon cher Gaston, ta petite "Castagnette... * (?oi«.) Oh ! pardon, je me trompe, (muât « antre lettre.) Voici ta lettre. (Liiut) * Chère madame. * (parie.) D'abord, pourquoi m'appelles-tu chère madame?

MAURICE, rient. ,

Tu confonds encore.

GASTON

Non pas... (uaant.) ■ Chère madame, 11 faut avouer e que le notaire de Villiers est un imbécile... l'acte • dressé par lui... s (Pari*.) Mon Dieu l je veux bien que le notaire de Villiers soit... ce qu'il est, j'aime aie croire même ; mais je me demande en quoi cela m'intéresse.

MAURICE, flol a pria 1* lettre.

Mais cette lettre n'est pas pour toi, c'est à madame Debray que je l'envoyais.

Eh bien I j'avais flairé une erreur. Quand on est doue de quelque pénétration...

HADRICK.

Tu as reçu une autre lettre que celle-là,!

■■■. ,GoogIe

Pas la moindre.

MAURICE

SI fait.

GASTON

Fa ut- il attester les dieux ?

MAURICE-

Mais alors...

GASTON

Sapristi! Aurais-tu fait confusion et expédié tes lamentations & la tante, tandis que tu m'adressais ceci?

MAURICE, aU- iront Lé.

Non, non, c'est impossible,

GASTOH.

Cela arrive tons tes jours, au contraire. La semaine dernière, mol, j'ai envoyé un billet doux à mon bottier et j'ai commandé une paire de bottes & une femme du meilleur monde. Erreur d'enveloppe en partie double. Sans compter que le trouble où tu étals, mon pauvre ami, suffirait pour expliquer ta' distraction.

J'ai certainement fait partir deux lettres.

GASTON, rianl.

Voici l'une.

MAURICE, atterré.

Et c'est madame Debray qui a l'autre.

GASTON, rimt tonjoun.

L'excellente aventure!

Mais ce que j'ai fait est abominable... Finiras-tu de rire, tolî

GASTON

■■■. ,GoogIe

HADR1CE.

Mais, si tu savais ce que je dis dans ma lettre!

OASTOIt.

C'est vif î

MAURICE

C'est monstrueux. Je dis que mon mariage est un

suicide I

GASTON, riant plu fort.

Bravo I

MAURICE

Comment, bravo?

GASTON

Sans doute. Tu ne comprends donc pas... (ao public) Il ne comprend pas!-- luint) Plus ta confession est franche, brutale, plus leur dignité froissée leur fait un devoir de rompre avec toi !

MAURICE, qui marchait 1 grands pu, l'anâta court.

Plalt-m

CASTOR

Et de te rendre ta liberté, ta liberté... Comprends-tu maintenant!

MAURICE

Pas très-bien , mon ami. J'ai mal à la tête. Tu dis

donc que ma lettre...

GASTON , «« entnoDitun».

Vive ta lettre, mon cher! vive l'administration des ■ postesl vive ta bienheureuse étourderlel

MAURICE

Non, tu ne me persuaderas Jamais... (n t'uuit déeou-

Wè.)

GASTON

Voyons, enfant, la Providence t'arrête sur le bord de

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