‹ Saynètes et monologues (volume 2)Chapitre 18 sur 77 · HISTOIRE EN TRIOLETS · texte numérisé non relu

HISTOIRE EN TRIOLETS

PAR

M. LÉON SUPERSAG

q4 a. Georges,

Ce beau soir-là quand je lavis»

Elle était en toilette sombre, Et tout charmé je la saivis, Ce beau soir-là quand je la vis.

La voilette aux mignons replis Noyait ses doux regards dans Tombre, Ce beau soir-là quand je la vis, Elle était en toilette sombre.

Suivre une femme avec respect Ce n'est point une œuvre immorale, Et Ton peut sous plus d'un aspect Suivre une femme avec respect.

Je ne me crus donc pas suspect En ébauchant ma pastorale.

Suivre une femme avec respect, Ce n'est point une œuvre immorale.

Pourtant son petit pas pressé, Indice d'une âme ingénue, Semblait plus vif et cadencé, Son pauvre petit paspresé. Me voilà presque embarrassé pudique et douce inconnue, Voyant son petit pas pressé, Indice d'une âme ingénue.

Je suis un homme marié

Et ma femme est toute charmante;

Sans en être contrarié,

Je suis un homme marié.

Eros, cet enfant décrié,

N'esl-ce pas le dieu qui me tourmente,

Je suis un homme marié

Et ma femme est toute charmante.

Par malheur je suis curieux,

C'est là le péché des fils d'Eve,

Je ne cherchais que deux grands yeux...

Par malheur je suis curieux.

Etait-ce tant pis ou tant mieux?

Jusqu'au bout je suivais mon rêve. Par malheur^ je suis curieux, C'est là le pécbé des fils d'Eve,

Plus d'une m'a dit sans façon.

Lorsque j'étais célibataire, Vous êtes un joli garçon, Me disaient-elles sans façon.

Je ne suis pas un hérisson, Et je ne les faisais pas taire, Quand elles disaient sans façon :

Ah ! le gentil célibataire.

Or, depuis que l'hymen m'a pris Je songe aux pauvres délaissées, A leur souvenir je souris, Même après que l'hymen m'a pris.

Je n'ai, — n'en soyez pas surpris, Que de bonnes et sages pensées, Mais, de'pms que l'hymen m'a pris Je songe aux pauvres délaissées.

Donc, ce petit museau caché Ainsi me hantait la mémoire, N'étais-tu pas un vieux péché, Gentil petit museau caché?

Alors, je me suis rapproché...

Discrètement, on peut m'en croire.

Mais ce petit museau caché Ainsi me hantait la mémoire.

Son petit pas en vérité

Dans son allure encor discrète

Semblait un peu s'être arrêté,

Son petit pas en vérité.

Je songeai dans ma vanité

Qu'il trottinait vers Tamourettc,

Ce petit pas en vérité

Dans son allure encor discrète.

Vers moi ses yeux se sont tournés De façon vive et curieuse.

Gomme avec des airs étonnés Vers moi ses yeux se sont tournés.

Un gentil petit bout du nez, Promettait ane âme riease, Vers moi ses yeax se sont tournés De façon vive et curieuse.

Je suis myope, — amers regrets!

Ce fut la cause de ma peine !

Il me faut regarder de près, Je suis myope, — amers regrets!

Le visage en ses fins attraits, Je pus le distinguer à peine; Je suis myope, amers regrets!

Ce fut la cause de ma peine.

Un joli geste seulement^ Un petit geste de surprise Frappa mes yeux en ce moment.

Un joli geste seulement.

Etait-ce un encouragement?

Hélas, c'est ainsi qu'on se grise D'un joli geste seulement, D'un petit geste de surprise.

90 UNE MÉPRISB

Ce geste-là m'avait frappé^ Pais aussi certains airs de tête, Comme un souvenir rattrapé Ce geste-là m'avait frappé.

Je pensais, tout préoccupé, Où t'ai-je vue, ombre coquette?

Ce geste-là m'avait frappé.

Puis aussi certains airs de tête.

Je parle avec facilité,

Sans être un foudre d'éloquence,

Mais aux dames, en vérité,

Je parle avec facilité.

Bien vite donc je débitai

Un compliment sans conséquence,

Je parle avec facilité.

Sans être un foudre d'éloquence.

Je commençai sans embarras, Comme dans la chanson fameuse, « Voulez-vous accepter mon bras ? »

Commençai-je sans embarras. —

D'an signe à ne s'y tromper pas Elle fit « non » — ma promenease.

Je poursaivis sans embarras, Gomme dans la chanson fameuse.

Ah ! le démon mystérieux !

Sa voilette était retombée Profonde nuit, masque odieux I Ah ! le démon mystérieux 1 A peine si Téclair des yeux Ëtincelait par échappée, Ah I le démon mystérieux!

Sa voilette était retombée.

Je dis, pourquoi vous cachez-vous?

Pourrais-je donc vous reconnaître?

Avec un accent des plus doux Je dis pourquoi vous cachez-vous?

Me suis-je mis à vos genoux ?

Une voix dit tout bas < pnut-ôtre, »

Je dis, pourquoi vous cachez- vous?

Pourrais-je donc vous reconnaître?

Eh bien, je te reconnaîtrai M'écriai-je, ô bonheur insigne !

Et d'un beau transport pénétré Eh bien, je te reconnaîtrai. — Ton nom bientôt je le saurai, Elle fit c oui » d'un nouveau signo Eh bien je te reconnaîtrai, M*écriai-je — ô bonheur insigne 1

Ce petit pied si bien cambré, Cette jambe à rattache fine, Je sais où je l'ai rencontré.

Ce petit pied si bien cambré, Joli petit pied adoré C'est à toi, Rose, je devine, Ce petit pied si bien cambré^ Cette jambe à l'attache fine.

Hélas I je citai plus d'un nom.

Ah ! la malheureuse mémoire !

Toujours sa tête faisait « non.

Hélas, je citai plus d'un nom.

Bien des Ninette et des Ninon, J'aurais tort de m'en faire gloire.

Hélas I je citai plus d'an nom, Ahl la malheoreose mémoire!

Toujours comme le Brésilien Je poursuivais ma course folle, Sans qu'elle me répondît rien, Toujours comme le Brésilien, Enervé, comme on pense bien, Presque sans souffle et sans parole, Toujours, comme le Brésilien Je poursuivais ma course folle.

Mais je me sens pris d'un frisson Et d'une émotion très forte, Me voilà devant ma maison.

Ah ! je me sens pris d'un frisson.

Mon amoureuse sans façon En s'arfêtant, sonne à la porte.

Ah ! je me sens pris d'un frissoa Et d'une émotion très forte.

catastrophe, affreux réveil I Sort sans pitié, destin infâme i Fut-il jamais un sot pareil!

catastrophe, affreux réveil !

La Ninette au museau vermeil !

L'adoureuse, c'était ma femme!!!

catastrophe, affreux réveil !

Sort sans pitié, destin infâme !

Elle dit : me connaissez- vous?

Rejetant enfin sa voilette.

Le regard chargé de courroux Elle dit : me connaissez- vous?

Je faisais un piteux époux Quand pâle, en sa sombre toilette Elle dit : me connaissez- vous?

Rejetant enfin sa voilette.

Le domicile conjugal Hélas, me refuse l'entrée Et je regrette, c'est égal.

Le domicile conjugal.

Bien que ce ne soit pas légal, Je le vois d'une âme navrée, Le domicile conjugal Hélas I mè refuse l'entrée.

Il me faut gagner mon pardon.

Je demeure à Thôtel, en face, C'est triste, mais écoutez donc, Il me faut gagner mon pardon.

La discorde avec son brandon Du doux hymen a pris la place.

Il me faut gagner mon pardon.

Je demeure à l'hôtel, en face.

Donc, ne suivez jamais le soir Une femme... si c'est la vôtre, Le péril je vous l'ai fait voir, Ne la suivez jamais le soir.

Je l'avoue avec désespoir.

Il est très mal d'en suivre une autre.

Mais ne suivez jamais le soir Une femme... si c'est la vôtre^

nV d'une MéPRISB

LA

COMÉDIE EN UN ACTE

PAR

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