LA DEMOISELLE QUI A DES ABSENCES
êtes dans les bureaux de la Compagnie générale de l'éclairage au beurre.
— Oh! mille pardons, monsieur! que je suis confuse... C*est la moindre de mes absences... Il n*y a pas de jour
que je ne prenne un magasin pour un autre, un coiffeur pour un pâtissier, un pharmacien pour un confiseur, un restaurant pour une boutique de lingerie, et l'Odéon pour une gare de chemin de fer.
Vous me direz qu'il n'y a pas grand mal à cela... Non, mais j'ai d'autres absences moins insignifiantes et qui pourraient donner de moi une idée... désavantageuse. Par exemple, j'ai la mauvaise habitude, quand on me parle, de peEser à autre chose... C'est plus fort que moi... Ainsi, mon cousin avait réussi à s'approcher de moi dans un coin du salon et à me parler à voix basse.
— Chère cousine, me dit-il, les moments sont précieux., apprenez que je vous aime!
— Très bien... très bien... lui répondis-je en... pensant à autre chose.
— Je meurs si je n'obtiens un rendez-vous!
— Parfaitement... parfaitement.
— Ce soir, au fond du jardin... quand nos parents feront leur partie de whist.
— Oui, oui, oui, oui, oui, oui...
Tout à coup il me regarde fixement et s'écrie :
— Mais, ma cousine... ma cousine... qu'est-ce que vous avez? Vous êtes sortie l
C'était vrai, j'étais sortie... Sans cela, est-ce que j'aurais répondu aussi... drôlement?
Connaissez-vous la Somnambule ?C'es{ un opéra où l'on voit une jeune fille qui marche la nuit sur des ponts, et qui entre dans la chambre d'un monsieur... Oh! non... non... £t cependant, une fois... Oh ! l'aventure n'a rien de... quoique au premier aspect... Enfin on m'a surnommée la somnambule éveillée... C'est le monsieur qui a été surpris en me voyant 5ter mes bottines... Des absences» toujours des absenoesl