SCÈNE Vin
BERTHE, pais LÉON,
BERTHE
Ahl mon Dieat mon Dieu! n'est-ce pas un mauvais rêve?...
Elle tombe dans un fauteuil en cachant son visage aveo ses mains.
LÉON, entrant.
Que fais-tu là, Berthe? Tu pleures..,
BERTHE
Ah! Léonl Léonl... que je souffre!
LÉON
Mais qu'as-iu donc?...
BERTHE
Ludovic... Ludovic...
LÉON
Eh bien?
Il a tout oublié!
LÉON
C'est impossible.
BERTHE
C'est pourtant vrai* — Et moi, maintenant! tiens, Léon^ il me semble que je deviens folle:
i92 UN COUSIN DE PASSAGE
LÉON, courant A elle.
Berthe... Ma chère Berthe... Voyons, ma petite Berthe,iie pleure pas; ta me fends le cœarl
BERTHE, tombant dans ses bras.
Ah I Léon ! Léon !
LÉON
Voyons, Berthe... taTaimais donc bien, ce Ludovic?
BERTHE
Je l'aimais comme mon fiancé. Si tu savais, Léon» quels trésors d'affection et de dévouement j'amassais pour lui!... comme je travaillais à devenir plus douce, plus tendre, plus instruite, toujours pour lui! — Et maintenant, tout est brisé; un instant a suffi pour rendre désertée cœur si plein! Ohî que je souffre, Léon! queje souffrel
LÉON
Berthe... Berthe... tu ne sais pas le mal que tu me fais! — Mais, voyons, à quoi servent les plaintes? Il faut raisonner et agir. Que veux-tu queje fasse? Je suis prêt. Veux-tu que Je parle à Ludovic?
Non I Je souffre, mais je suis fière. Ce que je veux, c'est qu'il parte; sa présence me tuerait. Je veux qu'il parte.
LÉON
Il partira, je te le promets.
BERTHE
Mais, au moins, il n'y aura pas de querelle entre vous t
LÉON
Sois tranquille, (a part.) C'est mal! Elle souffre, et je suis presque content... C'est lâche!
UN COUSIN DE PASSAGE i93