‹ Saynètes et monologues (volume 2)Chapitre 45 sur 77 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

BERTHE

Assez bien?...

LUDOVIC

Ce sont des vers gentils... comme tout le monde en fait; en vérité, ma cousine, le seul mérite de ces vers est de vous être adressés; et franchement, je les troave médiocres.

BERTHE

Médiocres! — (a part.) Ahl mon Dieu! il a oublié même ses vers... il a donc oublié tout le reste!

LUDOVIC

Il m'arrive quelquefois encore de faire des vers; mais, sans vanité, je les fais un peu meilleurs.

BERTHE

Amour-propre de poète. Monsieur, de poète financierl — Je ne méconnais pas sans doute, maisj'avoue que ces vers me semblaient excellents.

LUDOVIC, à part.

La pauvre enfant! Elle a bon goût tout de même... (Haat.) Mon Dieu, ma cousine, si pour vous plaire, il faut mentir à ma conscience...

BERTHE

C'est assez, Monsieur! — Je vous demande pardon, mon cousin; je suis un peu nerveuse aujourd'hui... Mais ma grand'môre ne descend pas ; il serait peut-être convenable à vous de la prévenir.

LUDOVIC

J'y cours, ma cousine, j'y cours, (a part.) Elle souffre, je le vois bien. Vrai Dieu! si j'étais riche... Mais je ne le suis pas! Enlin, le résultat que je cherchais est obtenu... Elle est furieuse: c'est parfait I

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