‹ Saynètes et monologues (volume 2)Chapitre 52 sur 77 · LÉON, LA MARQUISE, LUDOVIC · texte numérisé non relu

LÉON, LA MARQUISE, LUDOVIC

LÀ MARQUISE, à Ladovie.

Appiôchez, jeune homme, et prêtez ane grande attention au discours que vous allez entendre. J*ai une chose grave à vous annoncer. Vous m'avez demandé la main de ma fille, mais un autre vient de me la demander aussi; c'est mon ne* veu Léon. Vous êtes rivaux, par conséquent. Il y a trois ou quatre siècles, vous auriez vidé la querelle en champ clos, lance en main, sur un beau destrier. Autres temps, autres armes. J'ai lu madame Gotin, dans ma jeunesse, je suis encore un peu romanesque, et je viens vous proposer un autre genre de tournoi : chacun de vous va s'armer, non d'une lance, mais d'une plume ou d'un crayon, et faire, d'ici à une demi-heure, quelques strophes en l'honneur de ma petite-fille. Celui qui aura fait les meilleures, je ne dis pas que Berthe l'épousera, mais je suppose qu'elle aura pour le vainqueur une petite préférence. — Consentez-vous?

LUDOVIC

Comment donc, ma cousine I j'accepte avec joie et reconnaissance; car je suppose que toutes les chances sont pour moi.

LÉON

Vous croyez, monsieur? c'est peut-être un peu trop d'amour-propre. J'accepte comme vous.

Puisque les adversaires acceptent le tournoi, j'ouvre la lice : Ludovic, voici un crayon et une belle page blanche,

allez vous inspirer dans le parc; toi, Léon, reste ici. Mol, je vais prévenir Berthe de la latte courtoise dont elle est robjet.

lUDOTIC, à part, en sortant.

Ah î enfin, la poésie me servira donc à quelque chose. Une trentaine de mille francs de rente, pour une trentaine de vers ! Lord Byron ne fut jamais si bien payé I

LÀ MARQUISE, bas,à Léon.

Courage, mon ami I

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