‹ Saynètes et monologues (volume 2)Chapitre 65 sur 77 · MONSIEUR, MADAME, MADEMOISELLE · texte numérisé non relu

MONSIEUR, MADAME, MADEMOISELLE

MADEMOISELLE, près de la porte. A part.

Il n'est que temps. (Haut.) Piiis-je entrer ?

Certainement, entre. C'est de toi qu'il était question.

MADAME

Vous n'allez pas mêler Mathilde à ce débat?

Pourquoi pas ? Je n'ai rien à lui cacher, moi.

MADAME

Mathilde, retourne dans ta chambre; je le veux.

MADEMOISELLE, se dirigeant vers le fond, à demi résignée.

J'y vais, maman.

Mathilde, viens ici.

MADEMOISELLE, revenant vivement.

Me voilà, papa.

MADAME

Si dans une seconde elle n'est pas partie, c'est moi qui me retirerai.

MADEMOISELLE, regardant son père.

Je m'en vais ?

Si elle sort, je vous céderai la place.

MADEMOISELLE

Alors, je reste?

MADAME

Pourquoi n'es-tu pas couchée ?

MADEMOISELLE

Je voulais auparavant te demander de me mettre des pa* pillotes.

MADAME

A quel propos ces papillotes?

MADEMOISELLE

Parce que vous recevrez denaain une visite.. # que vous n'attendez pas.

Qu*est-ce que cela veut dire?

MADAME

Quelle visite recevrons-nous?

MADEMOISELLE

Celle d'un monsieur qui a quelque chose de très important à vous demander.

MADAME

Quelque chose... qui nécessite que tu mettes de? papillotes?

Absolument.

Ma fille serait-elle somnambule?

MADAME

Quel est ce monsieur?

MADEMOISELLE

Monsieur Panl...

Paul qui ?

MADiME.

Paul quoi?

MADEMOISELLE

Monsieur Paul de la Baleinière.

De la Baleinière? Il me semble que je connais ce nom-la«

MADAME

Et que nous veut-il, ce monsieur?

MADEMOISELLE

Il veut...

Parle.

Il veut...

Eb bien?

MADAME

MADEMOISELLE

MADEMOISELLE

Il veut vous demander... ma main... (a part.) C'est dit!

Ta mainl... Sang et tonnerre!

MADAME

As-tu perdu l'esprit?

MADEMOISELLE

Je ne crois pas, maman.

Tout ce que j'entends ici, ce soir, dépasse en invraisemblance les pages les plus abracadabrantes de Guliver et des Mille et une Nuits,

MADEMOISELLE

Mais, papa...

MADAME

Laisse parler ton père. Il est lancé, tu ne Tarrôterais pas.

Un monsieur a rencontré notre fille unique, je ne sais ou. Il la trouve à son gré et a décidé de l'emmener chez lui pour qu'elle s'y emploie à faire son bonheur. Il se propose d'y vivre avec elle dans une intimité exagérée après laquelle nos caresses paternelles auront juste autant de saveur que le pot au feu après les fraises. Quel est ce monsieur? Nous ne le connaissons pas. Nous ne soupçonnions pas son existence il y a cinq minutes. Il va nous rendre visite pour nous faire part de ses résolutions, et nous devons nous en tenir pour très honorés. Ma fille se tirebouchonnera, ma femme se mettra sur son trente-six, je me tirerai à quatre épingles et, sous peine de passer pour des mal appris, pour des parents barbares et égoïstes, nous aurons à lui répondre, la bouche en cœur, les bras arqués : « Comment donc» monsieur, c'est trop d'honneur que vous nous faites; notre fille est à votre disposition. Quand faudra-t-il vous l'envoyer? »

MADEMOISELLE

Si tu me laissais te dire...

Madame.

Je t'assure que c'est inutile; il est lancé,

Nous nous réunirons chez un notaire dans le but de préciser combien je donnerai d'écus à cet intrus, qui ne man-

qnera pas de faire la petite boache. On établira ce que lai rappartera ma mort» la mort de ma femme, celle de nos grands parents, après quoi, ce monsieur prendra spis sûretés contre nous. La cérémonie faite, nous rentrerons chez nous, dépareillés, et, jusqu'à la fin de nos jours, alors que nous aurions le plus besoin de gaîté, de jeunesse et d'affection, nous resterons ta mère et moi en tôte-à-têle, comme deux chiens hargneux, nous disputant du soir au matin pour nousémoustiller un peu. Eh bien, non, non, non^ je ne yeux pas accepter ce programme. Demain, monsieur de la... je ne sais plus quoi, trouvera la porte close. Au point du jour, je partirai pour la campagne.

MADEMOISELLE

Oh I papa... Vous ne ferez pas cela.

Si fait.

MADAME

Vous ne le ferez pas.

Je le ferai.

MADAME

C'est donc moi qui recevrai M. de la Bal^nière.

Je vous le défends!

MADAME, au comble de la stupéfaction.

Saints du paradis !... Répétez cela...

Très volontiers. Je vous le dé-fends. Voulez-vous que je U répète encore ? Une fois, deux fois, trois fois ?

MADEMOISELLE

Papa, je t'en prie, calme-loi.

MADAME

Votre défense me décide, monsiear. Je n'abandonnerai pas cette malheureuse enfant. Viens dans mes bras, viens Mathilde. Ta mère te reste.

Eh 1 parbleu 1 elle me reste aussi, ta mère, et ta le vois, je n'en suis pas plus fier pour cela.

MADAME

Assied s-toi là, près de moi, ma chérie, je vais te mettre des papillotes.

Si du moins on savait ce qu'il fait, ce qu'il est, d'où il vient, où il va... ce monsieur.

MADEMOISELLE

Je te le dirais bien, mais dès les premiers mots tu te mets en colère.

MONSIEUR, exaspéré.

Je ne suis pas en colère. Qui est-ce qui dit que je suis en colère? Ta mère, sans doute?

Mais, non, papa.

Partout Tabsurde me révolte. Tu sais ce qu'on t'a dit sur lui et voilà tout. Est-il de bonne famille? ,

MADEMOISELLE

Oh! papa, je crois bien. En i497, un la Baleinière faisait partie de Texpédition qui découvrit Terre-Neuve. C'est à cette occasion que Louis XII, dit le Père du peuple, le cr^ baron de la...

MADAME

Il est baron!...

Je me soucie des contemporains da roi Louis XII comme de ma première pantoufle. Le père la Baleinière est-il vivant?

MADEMOISELLE

Il est mort.

MADAME

Le pauvre homme !

MADEMOISELLE

C'était un saint. Il n'a laissé que des regrets»

C'est peu.

MADEMOISELLE

Et quarante mille livres de rentes.

J'aime mieux ça.

MADEMOISELLE

Est-ee qu'il a des frères» des sœurs, M. de la Baleinière?

MADEMOISELLE

Il a eu la douleur de les perdre.

Tous?

MADEMOISELLE

Tous?

Voilà qui est parfait. Eh bien! causons.

MADAME

Causons. Je ne le connais pas encore et il me plaît déjà, ce monsieur de la Baleinière,

270 CE MONSIEURl

MADEMOISELLE

Ab! maman, quand taie connaîtras I...

MONSIEUR, qui est allé chercher une chaise à gauche, à part,

revenant.

La fîne mouche joue le jeu de Mathilde. Tenons-nous bien OU, jusqu'à la fin des siècles, elle soutiendra qu'elle a fait ce mariage... s*il se fait. (Haut.) Mon Dieu, je ne suis pas un Croquemitaine, comme ta mère voudrait le faire croire, mais j'y veux regarder de près lorsqu'il s'agit de ton bonheur. Tu dis donc qu'il viendra demain, ce monsieur?

MADEMOISELLE

Demain, oui, papa.

MADAME

Pourquoi n'est-il pas venu plus tôt?

MADEMOISELLE

Parce que je le lui ai défendu. J'avais bien des renseignements à prendre, tu comprends. Avant de vous parler de lui, je tenais à savoir si M. de la Baleinière était un garçon sérieux.

El... il l'est?

MADEMOISELLE

Il l'est.

MONSIEUR, à madame qui écoute sa fille en extase.

Au lieu de rester là à l'écouter, mettez-lui donc ses papillotes.

MADEMOISELLE

Quand j'ai connu Paul de la Baleinière...

Au fait.., où Tas-lu connu?

CE MONSIEURI 271

MADEMOISELLE

Chez ma marraine.

Avec laquelle nous sommes brouillés.

MADAME

El où nous renvoyions tous les dimanches. Voilà qui s'explique. Tu disais?

MADEMOISELLE

Quand j*ai connu Paul de la Baleinière» sa fortune avait sujet de m'inspirer des craintes.

MONSIEUR et MADAME.

Âhl

MADEMOISELLE

Il n'avait pas un portefeuille sérieux.

MADAME

Comment Tas-ta vu?

MADEMOISELLE

Je le lui ai demandé.

MONSIEUR, à Madame.

Elle est très forte, la petite.

MADAME, à Monsieur.

Très forte!

MADEMOISELLE

Il s'était emballé sur les chemins de fer de la dme des

Alpes!

Ah !... un garçon sérieux.

MADEMOISELLE

Je t'avais entendu dire souvent que c'était une valeur très

compromise. Le gouvernement ne songeait pas encore à les racheter. Je l'ai décidé à vendre tout ce qa'il en avait.

Bravo ! Et ta lai as fait prendre en échange?

MADEMOISELLE

Ces actions de la Banque de France de la vente âesqae(les tu avais été chargé. Chaque fois que j'entendais parler, d'une affaire avantageuse, je t'envoyais Paul.

MADAME

Voyez-vous cela!

MONSIEUR, à Madame.

M. de la Baleinière — je me rappelle parfaitement son nom, maintenant — est ce client avec lequel je causais, il y a huit jours, lorsque tu es entrée dans mon bureau?

Un grand brun?

MADEMOISELLE

Qui porte toute sa barbe.

Un homme superbe!

MADEMOISELLE

N'est-ce pas?

MADAME

Il me rappelle mon premier mari, le marquis de la Vergette, célèbre dans les gardes du corps !

Avant d'encourager les espérances de M. de la Baleinière il est certains côtés... délicats que tu n'as pas pu approfondir, et sur lesquels, ta mère et moi, nous prendrons des renseignements. Compte sur nous.

MADEMOISELLE

C'est inutile, je sais ce que vous voulez dire.

MADAME

Ah! eh bien?

Le père Bidon s'est chargé de ce soin.

Voilà qui ne me plaît pas, Mathilde. Faire intervenir un tiers dans une question de ce genre...

MADEMOISELLE

Le père Bidon n'est pas « un tiers, > papa, c'est mon directeur.

N'importe...

MADAME

Mathilde ne pouvait pas s'adresser mieux. Et... il a été satisfait de son enquête, le père Bidon?

MADEMOISELLE

« Mon enfant, m'a-t-il dit, j'eusse été moins rassuré si je VOUS avais vu épouser Eliacin. Vous pouvez entrer en ménage les yeux fermés. » C'est ce que je ferai.

MADAME

Alors... je ne vois pas ce dont il nous reste à nous occuper.

Comment! comment!... et le contrat que vous oubliez; nous aurons à en débattre les clauses, à le rédiger, etcaBtera, et csBtera.

MADEMOISELLE

J'espère vous avoir évilé celte peine^ mon père.

274 CE MONSIfiURI

MADAME

Gomment! le contrat serait dressé, expédié?...

Signé, peut-être?

MADEMOISELLE

Nous n'avons pas été jusque-là.

Ah çàl mais, petite malheureuse, jusqu'où êtes-Tous allée? Je veux... Je dois le savoir. Ce que j'entends depuis un quart d'heure me donne le vertige.

MADEMOISELLE

Tout cela est pourtant bien simple. Antoinette, une ancienne du Sacré-Cœur, a prié, de ma part, son mari, maître Saint-Germain, syndic de la chambre des notaires, de rédiger un projet de contrat qui vous sera soumis.

Serait-il indiscret de vous demander quel apport tu t'es constitué?

MADEMOISELLE

Est-ce que tu peux me faire une question indiscrète? Tu vois, au contraire, quelle confiance j'ai en toi. Voilà comment j'ai procédé.

MONSIEUR et MADAME.

Voyons!

MADEMOISELLE

J'ai cherché parmi mes compagnes, nouvellement mariées, celle dont le train me convenait le mieux. L'intérieur de Claudine Simoney me convenant à merveille...

MADAME

Je le crois l

CE MONSIEURI 27^

Mademoiselle.

Je lui ai demandé le chiffre de ses dépenses personnelles. Elle m'a fait an devis que noas avons débattu avec M. de la Baleinière.

M. de la Baleinière... toujours M. de la Baleinière. Est-ce que nous n'étions pas là pour étudier cela avec toi?

MADAME

Nous le valons bien, je pense, ce Monsieur.

MADEMOISELLE

Vous valez mieux que lui, cela ne se discute pas, mais il était le maître de repousser les propositions que vous allez lui faire, et je n'ai pas voulu vous y exposer.

, MADAME, à Monsieur.

C'est une raison cela, mon ami?

Elle est absurde, mais c'est une raison. Continue.

MADEMOISELLE

J'ai tenu, bien entendu, à n'avoir recours qu'au revenu de ma dot pour payer mes dépenses personnelles.

Tiens, quelle idée!

MADEMOISELLE

Aussi ai-je parlé d'économies.

Bien.

MADEMOISELLE

Ce seul mot a fait bondir H. de la Baleinière.

MADAME

Pourquoi cela?

276 CE MONSIfiURl

MADEMOISELLE

Ah ! que j'avais de plaisir à Tentendre lorsqu'il me disait de sa voix la plus tendre : « Ce n'est pas pour que vous » continuiez votre vie mesquine de jeune ûile que je vous » épouse, Mathiide. m

Mesquine! qu'est-ce qu'il en sait, ce Monsieur?

MADEMOISELLE

€ Non! je veux que vous ne formiez plus un souhait qu'il > ne soit, à l'instant réalisé. > Ah! qu'il est tendre M. de la Baleinière I

Permets, permets... Il est généreux à bon compte, ce Monsieur. C'est toi> c'est nous, qui paierons ses largesses.

J'ai fini par lui faire entendre raison.

MONSIEUR et MADAME.

Et?...

MADEMOISELLE

Et j'ai inscrit à notre budget pour mes dépenses personnelles...

MONSIEUR, anxieux.

Combien?

MADEMOISELLE

Trois cent mille francs.

MONSIEUR, exaspéré, à Madame.

Trois cent mille francs!... Otez-lui ses papillotes!...

MADEMOISELLE

Mais, papa...

CE MONSIEURI 277

Otez-lui ses papillotes !

MADÀMB.

Permettez-lui de continuer.

Je vous dis de lui ôter ses papillotes.

MADEMOISELLE, fondant en larmes*

Ohl papal... tu ne m'as jamais aimée.

MADAME, a Mademoiaelle

Qu'est-ce que je t'avais dit.

A trois cent mille francs, ton M. de la Baleinière est hors de prix! Trois cent mille francs à un ilonsieur qui n'a que quarante mille livres de rentes!...

MADEMOISELLE

J'aurais cru que tu m'eusses donné d'autant plus que mon futur aurait eu moins.

Ce serait absolument logique, mais ce n'est pas comme cela que ça se passe. Trois cent mille francs!

MADEMOISELLE

Mais puisqu'il n'a pas voulu les accepter!

Il fallait donc le dire tout de suite.

MADAME

Avec cela qu'il est facile de placer un mot quand vous tenez la parole. Vous allez! vous allez!...

MADEMOISELLE

c Trois cent mille francs!... s'est-11 écrié, pour qui me » prend-on? •

MADAME

Bravo 1

MADEMOISELLE

« Ne dirait-on pas que c'est un marché que je suis en » train de conclure. »

MADAME

Très bien!

MADEMOISELLE

« Marché inique par lequel celle que je viens d'obtenir » paierait pour se donner à moi. »

MADAME

Bien dit!

MADEMOISELLE

c Je ne veux pas qu'il soit question de plus de... »

MADAME

De?

De?

MADEMOISELLE

c De plus de deux cent... cinquante mille francs. >

MONSIEUR, désappointé.

Ah! j'aurais cru qu'il eût dit deux cent mille.

Je crois qu'il n'y regardera pas de très près*

A la bonne heure I... Allons, Madame, il va falloir lui remettre ses papillotes.

MADAME

C'est après avoir bien réfléchi que tu te résous à te marier?

MADEMOISELLE

Oui, maman*

MADAME

Le mariage est une chose triste, ma fille. Demande plutôt à ton père.

Ta mère a raison, mon enfant. Elle peut te dire, elle qui a vécu vingt ans à mes côtés, tout ce qui t'attend de déceptions, d'ennuis, de regrets stériles.

MADEMOISELLE

Je suis résignée à tout...

Diantrel... Voilà ce qui peut s'appeler une vocation sérieuse.

MADEMOISELLE

D'ailleurs, M. de la Baleinière n'est pas semblable aux autres hommes.

Ah ! ma pauvre enfant I nous avons toutes dit la même chose. Ton père n'avait que des qualités... en 1862 !

Et tu vois où nous en sommes.

MADEMOISELLE

Mon parti est irrévocablement pris.

Allons!... Aleajacta est. C'est aujourd'hui lundi, je rendrai mercredi à ton futur sa visite de demain. Il demeure?

MADEMOISELLE

En face.

MADAME

Parfait!... très bien... Comme cela se trouve!

Eh bien! Madame, voilà Theure du tête-à-tête revenue.

MADAME

Oh I mon Dieu, ne dites pas ça, vous me donnez le frisson.

L'avons-nous assez appelée, il y a vingt ans! Goûtons-en les douceurs, ma bonne.

MADAME, pleurant dans les bras de sa fille.

Qu'est-ce que je ferai seule avec ton père?

MADEMOISELLE

J'irai te voir tous les jours, sois tranquille.

MADAME, sanglotant.

Ça ne sera pas la même chose.

MADEMOISELLE

Et puis tu viendras quand tu n'auras rien à faire.

MADAME

Je serai toujours chez toi^ tu peux en être sùdU

Bravo!... (a part.) Ce sera toujours ça de gagné. Si vous le voulez, nous ferons des mariages. Ce Monsieur... ce terrible Monsieur que les papas et les mamans trouvent tôt ou

tard sur leur chemin, nous allons le lancer dans toutes les familles pour nous venger de notre isolemenl. En attendant, allons noup coucher, nous l'avons bien gagné. (Embiassant sa âiie.) Bonne nuit, madame la baronne. (Bas.) N'oublie jamais que, sans moi, tu ne te marierais pas.

MADEMOISELLE, de même.

Oh! non, papa, jamais!

MADAME, à Monsieur.

Qu*est-ce que vous lui chuchotez donc à l'oreille?

Moi?... rien.

MADAME

Viens m'embrasser, fillette, (Bas en Pembrassant.) et rappelletoi toujours que, sans moi, tu restais fille.

MADEMOISELLE, de même.

Oh! oui, maman, toujours.

MADAME

Si tu es heureuse...

N'oublie pas que c'est à nous que tu le dois.

MADAME

Et si tu es malheureuse...

Tu te diras que c'est toi seule qui Tas voulu. Bonne nuit!

MADAME et MADEMOISELLE.

Bonne nuit !

Fin DE CB MONSIEUR I

UN

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