‹ Saynètes et monologues (volume 2)Chapitre 7 sur 77 · IH · texte numérisé non relu

IH

LE COLONEL, avec an pea 4'aigrear.

Non, G*est cela qui vous blesse? Demain, je vous en présumerai dix...

ANIOUTA.

£t ce sera peut-être un onzième que j'aimerai mieux...

LE COLONEL, vivement.

Vous aimez quelqu'un ?

' ANIOUTA.

Est-ce que je Taidit?

LE COLONEL

Voyons, ma chère Aniouta... parlez-moi franchement... je veux avant toute chose que vous soyez heureuse... je tiens à savoir maintenant plus que jamais...

ANIOUTA.

Une confession ?

Non... un tout petit aveu, seulement...

ANIOUTA, lai montrant un siège près d'elle.

Soit ! . . . Alors asseyez- vous là !.. .

LE COLONEL, regardant la pendale.

Plus que cinq minutes I...

ANIOUTA.

Eh bien?

LE COLONEL, s'asseyant..

Voyons vite!...

ANIOUTA, après on silence.

Savez-vous, cher tuteur, que c'est bien embarrassant ce que vous me demandez là... aidez-moi...

viii. 2

26 U GOUTTR D*EAU

LE COLONEL) ému.

Ne disiez-TOUS pas qae vous aimez quelqu'un?

ANIOL'TA.

Ëh bien, ouil...

LE COLONEL, à part.

Ah 1 (Haut.) Qui efil^'Ce?

ANIOUTA,

Allons !... bon I... tout 4e 3uite.., comme cela, vous dire... cherchez un peu...

Mais je iie pourrai jamais deviner...

ANIOUTA.

Si fait, vous le pourrez, r.

LE COLONEL

Je le connais donc?...

ANIOUTA.

Beaucoup, beaucoup... (Se reprenant.) Hais mail

LE COLONEL

J'y suis !

ANIOUTA.

Ça m'étonnerait!

LE COLONEL

Votre cousin Serge!... (se lerant.) J'en étais sûrl... Il valse si bien!... il conduit si admirablement le cotillon 1... il a de si jolies petites moustaches I...

ANIOUTA, à part.

Gomme il s'anime...

LE COLONEL

Ah 1... je ne m'étonne plus à présent que ce soit lui qui...

LA GOUTTE D^EAD Î7

AKlOttA.

Je Yoas ferai remarquer que je n'at rien dit !...

LE COlONBt.

Un autre, alors?...

ANIOUTA.

Probablement!

LE COLONEL

Un autre... (Reg^ardant rheiire, d part.) Moins le quart... (n se lève.) Maudlt duel... m'en aller au moment où Je yais savoir...

ANIOUTA, se levant et regardant la peadule, A part.

Moins le quart... c*est Theure. (Haut.) Eh bienl... qu'estce qui vous prend?

LB COLONEL

Moi?... rien!... (a part.) Cinq minutes encore... jô crèverai le cheval, voilà tout 1... (Haut.) Voyons, ma chère Aniouta, ce que je vous demande est sérieux. Des circonstances que je ne puis vous expliquer m'obligent à insister auprès de vous, maintenant plus que jamais... Le nom de celui que vous aimez?...

Eh bien...

Eh bien?

ANIOUTA.

LE COLONEL

ANIOUTA.

Eh bien, mon cher tuteur, écoutez-moi..* mais d'abord, promettez-moi une chose...

LE COLONEL

Laquelle?...

ANIOUTÀ.

De donner votre consentement 1...

LB COLONEL, à part, donlonreusement.

Mon consentement... (Haut.) Oui... oui... oui... mais dis-le ce nom I Veux-tu le dire?

ANIOUTA, vivement.

Ah!... enfin!... vous m'avez tutoyée... Jamais vous n'étiez resté si longtemps sans le faire... Quand vous me dites vous, comme tout à l'heure, il me semble que vous êtes fâché contre moi...

LE COLONEL, regardant la pendule, nerveux.

Décidément, tu ne veux pas parler...

Si... mais enfin, on ne peut pas dire qui l'on aime ainsi... tout d'un coup... comme on commanderait un chapeau... Laissez-moi le temps !

LE COLONEL, très nerveux.

Le temps... le temps... (Regardant Pheure, A part.) Moins

dix!... Allons, il faut partir...

ANIOUTA.

Qu'est-ce qui vous prend encore ?...

LE COLONEL

Je suis obligé devons quitter, ma chère Aniouta...

ANIOUTA.

Tout de suite?

LE COLONEL

Oui... un rendez-vous, une affaire...

ANIOUTA.

Plus intéressante sans doute que tout ce que je pourrais vous dire...

LE COLONEL

Anioutal...

ANIOUTA.

Allez!... mon cher tuteur, allez!... maïs vous me permettrez à Tavenir de garder pour moi un secret si peu important à vos yeux, que vous ne pouvez trouver cinq minutes pour Ten tendre...

Vous êtes cruelle... Voyons! un mot... un simple mot...

ANIOUTA.

Non... quand vous reviendrez...

LE COLONEL, un peu tristement.

Quand je reviendrai...

ANIOUTA.

Sans doute 1

LE COLONEL

Eh bien ! oui, quand je reviendrai... (Affimatif.) Et je reviendrai...

ANIOUTA, Ini tendant la main, â part.

Je Tespère bien! (Haut.) Au revoir!...

LE COLONEL, Tattirant dans ses bras et l'embrassant sur le front,

très ému.

Non!... comme cela !... (sortant rapidement.) Au revoir l

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