‹ Saynètes et monologues (volume 3)Chapitre 18 sur 52 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Méhes» MERLERANT.

HERLBRANTi «ceoarant.

Arrêtez 1

POIfTJÂRDin.

Ah I vous voilà, vous t

MERLERANT.

J'arrive à temps. Qu'alliez-vous faire?

pontjârdin.

Yoos ne ^ét^kdez pas m'empêcher?...

MBRIBRAiri*

Au contraire. Je prétends, (a Broundarby.) Et vous, monsieur, vous restez impassible?...

BROONDERBT.

Moi, j'ai rhabUode de ne pas me mêler de ce qui ne me

regarde pas.

PONUARDIN.

Une leçon de tact que monsieur vous donne I

MBRLERANT.

Hais, jeune homme...

PONTJARDIN.

Mais, homme d'âge... je ne vous connais pas!... ou plutôt, je vous connais... et je vous méprise, car vous avez essayé de me mettre dedans r

Uff QUART D'HEURg À¥ilfT U MORT-*. i«7 XBlUltÀirT.

Voil (TiMS* «I 9«tH pwtoUt 4» ta poolM.) Je TOIM SW^VUis

an si joli petit pistolet!... un amour de petit pistolet!...

BROUNDEftBT, l^naminant.

Ça... fftbrieattcm de Saint-Etienne^ ça faut trente franoil

MERLEBANT.

Ehl bien?

PONTJARDIN.

Eh! bien, monsieur, lui, m*offre un convoi de... quelle classe?

BROUNDERBT.

La quatrième vous suffit.

FONTJARDIN.

Va pour la quatrième!... c'est un prix cal

MERLERAMJ, iuqVMi

Monsieur est donc amateur ?

FONTJARDIN.

Monsieur est amateur !«.• et de pluis monsieur est discret... monsieur me laisse faire.

MERLERANT.

Mais c'est abominable! et vous Youdries que j'assistasse de sang-froid...

FONTJARDIN.

Qui voudrait que vous assistassiez? Est-ce que je vou^ ai Invité?

MERLERANT.

Nonl... c'est le hasard!... un hasard providentiel... car je suis là, et je ne souffrirai pas que mon prochain... sous me? yeux... d'un coup de pistolet.,.

iOa UN QUART D*HEURE AVANT SA MORT..

BROUNDERBT.

Qaelle singulière nation l Qn'est-ce que ça vous fait, puis* que vous ne connaissez pas monsieur?

pontjàrdin.

, Oui! vous ne me connaissez pasi et puis Je vais vou: coller i

HBRLERANT.

Comment?

PONTJARDIN.

Vous allez voir. Qui est-ce qui a dit que mon pistolet ne partirait pas ?

C'est moi !

POIITJARDIN.

Ehl bien, de deux choses Tune : ou il partira» et yotis n'é^ liez qu'un misérable imposteur...

MERLERANT.

n ne partira pas.

PONTJARDIN.

Alors que craignez-vous, homme trop charitable

MERLERANT.

Ce que je crains? Je ne sais pas ce que je crains« vrai, car 1 ne partira pas.

BROUNDERBT.

Il partira.

MERLERANT.

Je vous dis que non.

BROUNDERBT*

levons dis que si.

UN QUART D'HEURE AVANT SA MORT... iOfl^

MERLSRAITT.

Je m'y connais!

BROUNDERBT.

Voulez-vous parier?

MERLERANT, indigné.

Oh!

BROUNDERBY.

Cinquante livres qu'il partira.

PONT JARDIN, se visant*

Nous allons bien voir !

MERLERANTy Tarrètant.

Arrêtez 1

PONTJARDIN.

Oh! mais laissez-moi tranquille!

BROUNDERBT, prenant Merlerant par le bras.

Yès, laissez monsieur tranquille 1

PONTJARDIN.

C'est ça, mon cher Brounderby, tenez-le!

BROUNDERBT.

Je le tiens, allez I

MERLERANT.

N'allez pas, ou je crie!

BROUNDERBT.

Ça ne fait rien, vous serez mort avant.qu'on n'arrive.

MERLERANT, se débattant.

Lâchez-moi, vous! .

BROUNDERBT, à Pon^ardin ; ,

Feu^ vous!... (Pôntjardin se vise.) Attendez !••• c'estpour savoir si le pari tient?

lia un QUART 0*HEURB AVANT SA MORT^

irCRLllAIfT.

Un pari sauvage ?... Non !

BKOUNDEBBT.

AlorSy féal

■BRIBRANT, criant.

An secours I

PONTJÂRDIN, il tire, le pistolet rata,

Ratél

MERLERANT, aveo joie.

Raté!

BROUNDERBTy lelftehant.

Raté! (a Herierant.) Vous avoz eo tortde ne pas parier.

PONtJARDill.

Raté 1 (a ]i«ri«r«»i.> Vous ne von» voules pas écdiinger no» pistolets?

«IRIBRANT.

Nonl

MniARNir^

En ce cas» mon cher Brounderby, J'atteaifai dis mitvies, l'attendrai votre revolver...

•M Monté en vermeill.». le va» sauter dans on cab...

MBlLBRAllTy l^ttriAinis

Un moment!

BBOUNDBRBT.

Ah ! Jbien, non, li» ÊMàheê sont ki affelM... mondeur m'a

pTomit0an pî8Udet..«|'aipn»xasaM>Qm4tfirlM^ )e vais sauter dans mon cab...

UN QUA&t D'BBURB AYANT SA lORT^ iil

Pardon, pardon, je sais le premier en date!

POHTlABSrir.

' Vous êtes le premier, mais vons faites des manières!... je m'exécate bien, moi I .

KBRLBRÀIIT.

Et c'est ce que je ne Tenx pas, sapristi! que vous vous exécutiez. Voyons, flnissons-en!... Youlez-^vons dix louis de votre pistolet?

BROUNDBRBT, riant d'an air de déil*

Oh! ohl

Vingt?

Oh! oh!

Vingt-cinq?

Oh! oh!

Cinquante?

HX&LBRANT.

BROUNOBHlTy BiÉni« j«a.

■BRLXRAIT* BROUNDBRBt.

■ERLBRA.VT»

POKIARDIO:.

Ehl bien» noBtlai w irai ptt iTargui; Je yen m pisloletl

Je Tiift iiaMr dm wkx cali. ••

EBUiJttAVT»

Att^Hitt donc» J'irab Jusqu'à cent louisi

4i2 UN QUART D'HEURE AVANT SAMORT.-

BROUNDERBT.

Des enchères?

MERLERANT.

Des enchères! je suis entêté comme an mulet I

Moi aussi.

HERLERÀNT.

J'ai des millions!

BROUHDERBT.

Moi aussi.'

HERLERANT.

C'est une rivalité de collections! .

BROUNDERBT.

Un steeple-chase d'amateurs I

HERLERANT.

Et un antagonisme de nationalités!

BROUNDERBT.

J'aurai oe pistolet.

HERLERANT.

C'est ce que nous verrons.

PONTJARDIN, s'interposanl.

Messieurs, messieurs... .

BROUNDERBT, le reponssa^^t.' -

Vous, restez tranquille 1

HERLERANT^ mftmd jea.

Et allez VOUS asseoir 1 J*ai dit deux- mille francs I

BROUNDERBT.

Trois mille! î

MBBLEBÀNT,

Qaalrel

BBODNDEBBr,

Cinql

U4 UN QUÂIIT D*I£URK AflIfT Sa UOBT*^

POHTJARDIlf.

Un Yieax pistolet, possible, mais qui a une yaleor...

HERLERAHT.

••• Ponr un amateur comme moi I

BEOUNDBRBT.

••• On pour on musée comme le nôtre.

KERLBRàNT.

Cinquante mille francs, c'est une somme...

PORTJARDIK.

... Pour un bourgeois... un petit bourgeois, qui placerait sa petite somme... en petites rentes I... Mais moi j'ai aies idées sur la fortune... j'ai eu on budget... et je ne veux pas changer ça à mes combinaisons.

KERLERÀMT.

£h 1 bien, dites votre prix?

PONTJARDIll.

Vous ne me le donneriez, pas.

BROUNDBRBT. .

Dites tout de môme 1

MBRLERAKT.

Soixante mille francs?

BROUNDBRBT.

Soixante-dix?

Quatre-vingt?

Cent?

hbrlerâht.

BRO0B&BmBT.

PONTJARDIN.

Ouf! vous allez me donner des tentations...! Et conmie

un (tUàBT D'flliiijaE kVktxr %k «ORt... lis

c*est désa|nrM)i6l..« Ouaod oa est résolu... ^aaad o& n'a pas âéjeafié... qMadcii a éerit ta cofianlisaire de po* lice...

HERLSaANT.

Vous avez écrit?

PONTJARDIir.

Oui, mais ma lettre a fait coaune mon pistolet, elle n'est pas partiel... et je meurs de faim... ce qmà n'est pas la forme de suicide que j'avais choisie... et vous commencez à m'ennuyer tous les deux... avec vos offres affriolantes qui me plongent dans des perplexités... bêtes, car, après tout, cent mille francs...

C'est mon prix 1

Cent cinq I

Oentdix!

Cent quinze!

dent vingt 1

€ent vingtrcinql

Cent cinquante I

Deux centi

BROUNDERBT.

MERXERÀNT.

BROUNDERBT.

JIBEUftAflT.

Sm^fJMMftlitf.

MERLXftANt*

BROUMDBRÉt.

HERLAlKT.

Ï»0WTJAÏIMK.

Assez, assez, j« demande à ré^MÊtk... étm. emt mille

lie UN QDAKT D^HEURE AVANT SA MORT...

francs, on pistolet hors d'usage... Mais qu'est-ce qu'il a donc, mon pistolet, pour valoir deux cent mille francs?...

KERLERÀNT.

Pour un amateur comme moi !

BROUNDERBT.

Ou pour un musée comme le nôtre 1

POIfTJARDIN.

Il a du style?

Le plus pur.

Il est du...?

XVI* siècle.

Et après?

PONTJARDIN.

BROUNBERBT.

PONTJARDIN.

MERLERAKT.

Après? tenez! jouons cartes sur table I Regardez la date sur la batterie I

PONTJARDIN, regardant.

BROUNDERBT.

Le nom de l'arquebusier.

PONTJARDIN, mbine jea*

Philippe-Hardy-Ang^ulème.

MERLERANT.

I/écusson sur la contre-batterie I

PONTJARDIN.

Tiifbis poutres debout, sur champ d'outre-mer.

Les initiales sur la gâche.

PONTJÀRDIIf.

HERLERANT.

Tout ca ne vous explique pas?

PONTJÀRDIN.

J. p. H?... Paris, Lyon, Méditerranée 1

BROUNDERBT.

Non.

merlerant; Rappelez-vous I... 1563? 1$ siège d'Orléans?...

PONTJARDIN.

Jeanne d'Arc?

MERLERANTy liaassant le» épavlei.

En 15631

BROUNDERBT.

Si VOUS connaissiez le musée Tussaud et compagnie, vous auriez vu un groupe de cavaliers, dont Tun, monté sur un cheval blanc, et entouré de ligueurs chancelle sous un coup de pistolet que lui tire un huguenot, monté sur un cheval alezan.

POlfTJARDIN.

J'y suisl... c'est le pistolet authentique...

KERLERANT.

... Avec lequel Jean Poltrot de Méré, gentilhomme de FAngoumois, assassina, en 1563, le duc de Guise assiégeant Orléans I

H8 UN flOAHT D'HEURE ATANT SA MOBT^

POVTJAEMH.

Et vous ôtercerlain?

BBOVHBIIBT.

HBBLBRAHT.

Philippe-Hardy I

BROUBDBBBT.

Angoulôme.

HBRLERAIIT.

Trois poutres... pollre... Poltrot.

BROUNDERBT.

... Sur Champ d'outre-mer... mer... Mérô.

HERLERANT.

J^. P. H. Jeau Poltrot de Méré I

PONTJARDIN.

Ohl l'histoire I esl^ beau, iliigioirel

Deux ceut mille francs.

■IRLERAHT,

Pardon, cTest mon prix 1

Ehl bien, deux cent cinquante!

sapnsti, nous brûlonsi

Trois fiûBiJ -««**-«.

Monsieur brûle I

»OJîl^A« tM^

MERLERÀNT.

Une observation I à prix égal, je solliciierat la préférence!

BAOUNDSRBT.

Pourquoi ca?

Gomme Français 1 j'en appelle au patriolîsBê de moneieur!

PONTJÀRDIN.

L'observation me touche 1

HERLBRANT.

De plus... car j'espère que nos relations n'en resteraient pas là, s'il plaisait à monsieur de revoir quelquefois son pistolet...

BROUNDBRBT.

...Monsieur, chez nous, aurait l'occasion de voir London.

MERLERÀNT.

Chez moi, monsieur n'aurait que quelques pas à fîdre... voici ma carte.

fi In! remel sa «arto.

1^0N1!JA.RDIK.

L'observation me touche encore ! (n lofarda la oarie.) Ohl «oh! ohl

UERLEAANX.

Quoi?

BROUNDIRBT^

Cette émotion?

•Cette joie?

PONTJARDIN, lisant.

«( Stanislas Merlerant! » Yoas êtes Merlerant?

MERLERANT.

Stanislas.

PONTJARDIlf.

Vous avez nne fille?

Adélaïde.

PONTJARDIX.

Dix-hait à vingt ans?

MERLERANT.

Dix-neuf.

PONTJARDIN.

Elle était à Vichy, l'été dernier ?

MERLERANT.

Avec sa tante.

BROUNDERBY,

Tout ça nous détourne I...

PONTJARDIN.

Au contraire, tout ça nous ramène, (a Merieram.) Vous avez dit trois cent mille francs!

MERLERANTt

C'est salél

PONTJARDIN, i Brounderby.

Et VOUS?

BROUNDERBT.

Trois cent cinquante 1

XERLERÀNT.

Trois cent soixante-quinze I

BROUNDXRBT.

Quatre cent mille!

PONTJARDIN.

Une minute! (a Meriarant.) Quelle dot donnez-vous à votre

MERLERANT.

Cinq cent mille.

POIITJARDIN.

La valeur de mon pistolet!

MERLERANT, désignant Brounderby.

Monsieur n'irait pas jusque-là ?

BROUIIDERBT.

J'attends vos enchères I

PONTJARDIN.

Eh ! bien, monsieur Merlerant, je me nomme le vicomte Alcide de Pontjardin, j'aime mademoiselle Adélaïde, et je ne m'illusionne pas en avançant que je ne lui suis pas indifférent! Accordez-moi sa main, et mon pistolet est à vousl

HERLERANT.

Mais...

BROUNDERBT.

Il hésite!... Monsieur le vicomte...

PONIJARDIN.

Vous avez une fille aussi ?

422 UN QUART D'fiBURE AYÂnt U XORT...

BEOUIIDBmfiT.

J'ai ane nièce! Vonlez-youi ma nièce^ et ànf eem Aille francs?

HIRLBRÀNT.

Je demande la préférence!

PONTJAftDlN.

YoQs Tarez!

HBRLERÀNT.

Hais vous croyez que ma fille consentirat

PONTJÀRDIN.

Puisque nous nous aimonsi

HERLERANT.

Et vous renoncerez à tos projets âe fUicMle?

Pmsque TOUS me faites^ ving^etnq mille francs de rente

HERLERAUT.

C'est vrai!.. . (Regardant à sa moixire.) Midi et quart» venez VOUS déjeuner avecAous, mon gendre?

r allais tous l'ottrir» beM'^ère 1

11 IttifiMid le braa.

HERXfiRAKt.

Mais dites donc, après tout, je fais une bonne affaire! Dame! pour le môme puix^iroas .moL nu f endre^..

lltRIiX1l4irT. I

••• Et un pistolet!

PONTJARDINy à Bronnderby.

Vous, mon cher Brounderby, sans rancune?...

BROUNDEaBT.

Oh I non . (a part, tirant de sa poche le papier de la aoèna

troisième.) Je garde le testament... il mourra... tôt ou tard I

«IN DB UN QUART d'HBUSB AYANT 8A ICORT.**

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