‹ Saynètes et monologues (volume 3)Chapitre 33 sur 52 · SCÈNE II SafONKE, niLES · texte numérisé non relu

SCÈNE II SafONKE, niLES

SIMONNE

Bonjour, grand frère I

JULES

Bonjour, petite sœur; d'où viens-tu donc comme ça?

J'avais quelques courses à faire.

JULES

Ta es sortie seule, ta sais que le n'aime pas ça.

SIMONNE

La femme de chambre m'a acccmipasuée jusque chez bhl

LA PETITS MARIBUSS 175

modiste, mon chapeaa n'était pas tout à fait prêt et madame Reboux a eu la bonté de me faire reconduire par sa pre« mière demoiselle qui avait justement une course dans le quartier ; elle est charmante cette demoiselle, et un talent, vois la merveille qu'elle m'a faite.

JULES, distnai.

Oui, très joli. Où as-tu mis la cire ?

SIMONNE

Tu sais bien que je ne touche jamais à ton bureau. Eh bien! voyons, comment me trouves-tu?

JULES

Charmantel mais n'avais-tu pas ton chapeau rose?

SIMONNE

Y penses-tu un chapeau de trois semaines que madame de PréfBUiOes a vu au moins une fois. Songe donc que c'es un dîner officiel.

JULES

Oui, om, c'est bien amusant, justem^t j'ai ce soir un rendez-vous très important avec mon homme d'affaires.

Eh bien! tu le verras demain, ton homme d'affaires. En voilà un que je bénis, il te donne toujours ses rendez-vous le soir. Alors, moi, je passe mes soirées toute seule. Espérons que lorsque tu seras marié, il changera sas heures.

JULES

Voyons, ma petite Simonne, tu veux donc absdument me marier? Tu as l'air, ma parole d'honneur! d'avoir envie de te débarrasser de moi.

SIMONNE, Pembrassant.

T'es bête 1

JULES

Ne sommes-nous pas heareux ainsi?

smoNiix.

Parfaitement heureux I

JULES

Alors pourquoi changer notre petit train-train?

SIMONNE

Nous ne changerons rien à notre petit train-train. Nous serons trois au lieu de deux, voilà tout. Amélie de Préfeuillesy autrefois Amélie de Sognac était au couvent dans les grandes quand J'étais dans les petites. Elle était ma petite mère, rien ne sera donc changé, si ce n'est qu'au lieu d'une enfanti elle en aura deux.

JULES

Vous avez arrangé cette petite combinaison ensemble.

Parbleu, nous ne pouvions pas arranger ça avec les parents delà fille puisqu'elle est orpheline comme nous sommes orphelins.

JULES

Il me semble qu'il aurait été plus sage d'attendre que %u fusses mariée?

SIMONNE

Y penses-tu?

JULES

C'est l'avis de mon homme d'affaires.

SIMONNE

Et il a trouvé ça tout seul, ton homme d'affaires, sans chercher. Ecoute, j'ai à peine quinze ans. Je ne puis donc me marier au plus tôt que dans deux ou trois ans. Or, tu as

LJl PETITE MARIEUSE 177

trente-cinq ans, dans trois ans ta en anras trente-hnit; anjoard'hai tu es à la limite d'âge, dans trois ans ta seras on peu mûr, mon chéri.

JULES

Comment 1 an peu mûr?

SIMONNE

Vois ces petits fils d'argent, celte petite gelée blanche, messagère de Thiver.

JULES

J'achèterai de l'eaa Figaro.

Da tout, da toat, J'ai garanti on mari bon teint.

JULES

Hais à t'en croire, je toarne aa vieillard.

SIMONNE

Crois-moi, il n'est que temps, il n'est que temps.

JULES

Pour qai? Poor toi oa pour moi?... Car dans cette in« sistance de ta part, je soupçonne une arrière-pensée

QIMONNE.

Eh bîenl oui, mon Julot. Je ne puis avoir un secret pour toi. Je vais tout te dire : En voulant que tu te maries, il y a effectivement une petite arrière-pensée de ma part

JULES

J'en étais sûr l

SIMONNE

Ecoute-moi et tu vas voir comme j'ai Dien arrangé notre petite existence.

JULES

Voyons.

i7S U PiniK MARIEUSE'

glMOHlVE*

Je f ai parlé souvent de mademoiselle de Fortembert, mon amie de pension, elle a on frère.

Ahl

SIMONNE

Qui m^a vue souvent au couvent quand il venait voir sa sœur. Il m*a fait demander ma main.

JULES

Ahl

SIMONNE

Oui, il y a deux ans.

JULES

Il ne perd pas de temps, ce monsieur; quel âge a-t-il?

SIMONNE

Je ne sais pas. Il va passer son bachot.

JULES

Ah ! très bien.

SIMONNE

Bref» il a dit à sa so&ur, qu'il me trouvait charmante, qu'il m'aimait et qu'il n'aurait pas d'autre fempie que moi.

JULB8.

Et puis?

SIMONNE

Et puis... Voilà ce qui est difficile à dire, il a pris des renseignements sur nous» sur nos relations, et,., ces ren^ geignements ne l'ont satisfait qu'à moitié.

Gomment à moitié?

U PETITE HABIEDBB 179

fllHOniTB.

Od, ransel^ements très bons snr mon compte, doateax snr le tien.

ta ne songeais qa'à moit mais da moment qu'il s'agit de toi et que ton mariage dépend du mien, ta me permettras de réfléchir puisque nous sommes deux dans cette affaire. Da reste, nous avons le temps; l'élève Fortambert n'a pas flni ses études, il n'a pas subi son bachot, il n'a pas fait son volontariat, nous avons de la marge.

SIH05NX.

Gomment de la marge... mais pas du tout, pas du tout... moi je puis attendre... Raymond peut attendre.

JULES

Qai ça, Raymond?...

SIMONNE

M. de Fortembert... mais toi... tu ne peux pas attendre... mon chéri, tu es à point.

JULES

A point?... Qu'est-ce que c'est que cette façon de parler? Eh bien! puisqu'il en est ainsi... puisqu'on abuse de l'ami* tié, de la patience que j'ai montrées jusqu'ici, puisqu'on ne craint pas de se jouer de moi, je vais remettre toute chose à sa place... Dès ce soir, mademoiselle vous rentrerez aa couvent, car je pars en voyage.

SIMONNE

Tu pars... Et le dîner de la comtesse?..*

JULES

Nous n'irons pas.

SIMONNE

Nous n'irons pas... C'est impossible I

JULES

Ce sera pourtant... Plus un mot sur ce sujet. Où est la cire?... Oîi avez-vous mis la cire?

LA PETITE HÀRIEUSS BIK05lfB Je l'ai rae ce matin dans Totre cbambre.

m LA PETITE 1ARISUS8

JVL19.

Je vous avais défendu cependant d'entrer cfaes moi.

SIMONNE

C'est vrai... mais aves-vous remarqué une superbe branche de rosier sur votre cheminée? On m'avait dit qu'en trempant la tige dans la cire» elle se conserverait longtemps, je l'ai fait, croyant vous ôtre agréable, je ne le ferai plus.

JULIS.

Ah 1 où est le bougeoir?

SIHONRB, qai Vtk aUnné.

Levoid.

IVUa, ««bfftaiiC iM don lÉUm^

Merci, (a part.) Elle a du chagrin, mais ne faiblissons pas. (n ■ohha. — Aa doniMtiqpit qoi «ntrv.) Portfli CCS lettres à leurs adresses. Allas vite.

SIKONUB.

Ohl oui, aHez vite. (Se repraiant.)' AltoE, Jean. (Le domestiqa*

sort.) Monsieur mon tuteur veut-il que je rentre à la pension, avanti)u après le dîner?

JULES

Après dîner. Je ne te mets pas an pain sec. (a part.) Elle se résigne 1 (Haut.) Tu comprends, Simonne, que je ne puis tolérer qu^'une jrâoa tlte de um Age^ une enfant, s'occupe de certaines questions qui ne la regardent pas. Du reste, j'aurai à ce sujet une explication avec madame la supérieure et je suis certain qu'elle vous Bjriera, mademoiselle de Fortembert et toi, de laisser tous vos projets de mariage dans le fond de vos pupitres.

Ta feras cela?

LA PBTITI iJLRItœs II»

Oui ..

ixaoïfiiB.

Tu raconterais tout à madame la sopérieûrot

JULBS.

Gertainemem.

StMORirB.

Ta feras celât

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