SCÈNE PREMIÈRE
CÉCILE» entre de la droite et dit à la cantonade :
Priez H. Georges Bertin de vouloir bien attendre un
instant dans le grand salon. (BUe descend en scène el se dirige vers la glace en arrangeant sa coiffure.) On a beau ne paS
«TOttloir épouser les gens, on ne saurait consentir à leur faire peur. Il est vrai qu'un parent... un cousin... oui, mais on cousin qui se dit amoureux de vous! Pauvre Georges! je dois lui sembler bien cruelle... Il est vrai qu'il se venge de mes rigueurs avec le corps de ballet de l'Opéra. — • Que tous ces jeunes gens: comme U/aut^ sont... bizarres : ils par* lent d'aimer, comme ils parlent de faire courir, de cbasser, de jouer. Ces messieurs s'imaginent qu'après un veuvage de deux années, une femme de vingt-huit ans ne peut faire autrement que de se remarier vite et vite avec le premier venu. Ah ! mon cher Georges, comme vous me divertissez» vous et
SO)) tJNE DEVISE
VOS amisl Etonnés de ne me point fléchir par vos attentions banales» vous conciaez que la veuve de M. Dermeline ignore ce que c'est que Tamoar... (Après na temps.) Après tout, peut-être avez-vous raison. — Gela fait mal do penser à ces choses» même après un long temps, (eiu marcha
avec agiUtion et dit brasquement.) Oh! CO mariage 1... Paul»
VOUS avez été bien coupable de me laisser prononcer ce oui stupide, quand il vous «ût été si facile de me faire dire non. Mais vous étiez orgueilleux» j'étais riche.... Quand vous avez appris que M. Dermeline demandait ma main, vous êtes parti brusquement» laissant mon cœur en proie au doute et mon esprit en butte aux sollicitations de ma mère, (un temps.) Voilà cinq ans de cela. Maintenant» je suis libre... (siie s^assied à gauche du gaéridon.) Libre... Que de fois j'aurais voulu vous écrire : Je n'ai jamais cessé de vous aimer... Et vous eussiez sans doute deviné le nom de la signataire à la devise gravée en tête de ce papier... (EUe prend
on des cahiers de papier à lettres.) dOVlSO meUteuSO entre tOUtes:
c Aise et mal se suivent de près!... i Hais je suis folle; ta gloire vous a fait oublier l'amour. Vous n'avez pas même daigné me faire part de vos succès... Seules» ces feuilles»
(Elle montre les joarnaax sur la tahle.) mettent, de temps à autrc» votre nom sous mes yeux. (On entend un brait de chaises remuées dans la pièce voisine, à gauche.) Et mOU COUSiU qUO j'OUbliaiS !
Il s'impatiente... Il n'est pas toujours amusant» quoique bon garçon... — J'ai mal à la tête... Je sens qu'il y a de l'orage dans l'air... (Allant à la fenêtre.) Oui» le ciel se couvre do nuages; et je redoute de me trouver seule quand il fait de?
éclairs. (Poussant un cri et se reculant vivement.) Ahl... en VOilà un 1 (Elle court à la porte de gauche l'ouvre et appelle.) MoU COU*
sinlmoncousinl... Eh bien! qu'est-ce que vous faites? vous montez sur les meubles à présent...
GEORGES, dans la coulisse.
Pardon» ma cousine» je descends !.••
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