PAUL, BE&THE, JEAN
JEAN, précédant Berthe.
Entrez, madftme... entrez, (a put, xsgardant Paui.) Tiens, il a mis la robe de chambre de monâenr poor recevoir sa femme! c'est drôle I
n sort.
BSUTHS, s*«viBoaBL
Monsieur le capitaine Gorrignac?
Chai^eanS la TûÎX. {RuH at vna raooaat marseillaii.) C'est XXK)i-
même madame*^ qu'y a-^-il pour rotre service?
BERTHB.
Je anis madame Berthe d'HemeriUe.
Ma ni&cel... Gomment, mille sabords!... vous seriez ma nièce?
f A.VX, A
folle fWgade!... (a p«t.) Soignons la coolenrloeale. (Otnt.) fU beaofloap regretté de ne ponvinr assister à votre mariage mnt mon toqmn, de memi^ non fl y a trois mois je loomyait en Chine, et aTaat-Wer fanhe da lapon.
le le saia^raplitame «.aais oominn donc àtomer JeTons en prie.
Lt BlLLkT ROSS t«7
Trop boànef (▲ part.) Cette pîpe est atroce. (Btnt.) Je vois que TOUS n*6tes pas une b^goenle comme fl y en & tant et que vous éXiBZ digne d'entrer dans ma famOle.
BBRTHS, soariant.
J'ai encore d'antres qualités.
PAUL
Je le pense bien... (Regardant autour de lai.) Mais vous n'ôtes donc pas yenne avec Paul?
BBITHE.
NoOyCapitaîtiB, je rais Yemie senie, parce que J'ai nn eon- ^il kwom demander 0t des cboses très graves à vous dire.
PAnXy à part.
Itoisf VDiUu (Etat.) Partez, ma nièce... je Tonsonvre mes éfioniaifis.
BSITCB.
Capitaine, je viens me plaindre de mon mari«
YADL.
Déjà!... an feoiu d'an trimestre de OHuriaga... vons ne perdez pas de tempe.
BIAHE.
Que voulez-vous, notre intérieur est devenu un petit enfer.
PAUl.
Un enfer... mille diaUesI... je le croyais aux petits soins ponr vons.
BnTXB.
L'enfer est pavé de bonnes intentions.
ExpliqueZ'Voaii^Glairaaient, maBièoe...Qaftieprocliez-
TOUS à mon neveu?... C'est un charmant garçon... un joli cavalier, (a part.) Bahl pendant que j'y suisl... (Haut.) très gai, très spirituel, et qui vous aime énormément, il me Ta dit... lia donc quelque affreux défaut que je ne connais pas?
BERTHE
Oui...^il est jaloux...
PAUL
Jaloux 1
BERTHE
Horriblement I... Croiriez-vous qu'il ne reut pas me laisser sortir seule... par jalousie, par méfiance... n'est-ce pas humiliant pour moi!... Sortir seule!... mais c'est le rêve des jeunes filles, il y en a qui ne se marient que pour ça. Je me disais, une fois mariée... bon, j'irai où je voudrai, sans personne qui me crie à chaque instant : Berthe pas si vite!... Berthe restez à côté de moi! — Je sortirai seule! ce sera délicieux... on a peur... on tremble à chaque pas... tout vous effraie : les voitures, les chiens crottés, les ivrognes et les don Juan!... Pour les éviter on entre dans le premier maga« sin venu... vingt commis s'empressent autour de vous, on achète n'importe quoi : Vous porterez cela chez moi... telle rue, tel numéro, et l'on s'en revient en pressant le pas... en courant un peu et le cœur vous bat... Mais au moins c'est vivre cela, on ne se sent plus en tutelle... on est quelqu'un!
PAUL
Oh! oh!...
BERTHE, interrompant
Eh bien, mon mari ne me quitte pas plus que mon ombre» U m'accompagne partout, môme à l'église... où je sais qu'il s'allait jamais...
PAUL
CTM une conversion qui vous sera comptée^
LE BILLET KOSB 249
BERTHE, continuant.
Quant à mes affections de famille... c'est la même chose, tout lai porte ombrage... il ne veul plus recevoir mon cousin Oscar.
PAUL
Damel écoutez donc, les cousins...
BERTHE
Ahl celui-là est si doux, si timide, c*est mon ami d'enfance, nous avons été élevés ensemble, il a partagé mes jeux.
PAUL
Oui, vous jouiez au petit mari et à la petite femme?
BERTHE
Quelquefois!
PAUL
Paul a peut-être eu peur que ça ne continuât.
BERTHE
Ah! mon oncle I... Enfin il Ta si mai regu, que mon cousin a compris et qu'il n'est plus revenu.
PAUL
Je ne vois pas grand mal à cela.
BERTHE
Mais c'est une tyrannie horrible, un despotisme sans nom Approuvez<vous aussi qu'il décacheté toutes mes lettres^
PAUL
S'il vous permet de décacheter les siennes 1
BERTHE
Mais, je ne le lui demande pas... j'ai confiance^ moil. £st-ce ainsi que l'on doit traiter sa femme?
•2S0 U lILUCr lOSE
On B'att i^oia tiae de «eqqe l'on aime.
BSETHE.
Une vieille phrase qui ne prouve absolament rien.
Lorsqa'on a on trésor on doit veiller dessus... Ainsi tenezy j'ai de bons offlciers» très solides, très dévoués... case TBteoifèdït pas ^TavDarfiBil à aoot, et éé nea^ttiapporter qu'à inoiponrlain»diB (te pon nsfire.
Ça itet pas U vème lâiose, om M tsoBdbys pas imel^^ comme un navire à trois foxù&m
PAUL
On peut craindre égaiemea^ Jas avaries.
Je n'entends rien à tons i/m lermes de marine, tout ce que je sais, c'est que Taxislenoe ecasyugale m'est devenue insupportable; tous les jours nous nous disputons... aussi comme j'étais bien disposée à en tnir une fois pour toute^ la chose a éclaté ce soir.
Ahl ahl et comment cda^iiiamièce?
Nous allions nous mettre à table, le domestique est entré portant sur un plateau un petit hillet sur papier rose : Une lettre pour madamel — * Mettnari a avaneé Ut main poiar la prendre, mais j'ai été {dos viva que lui et je m'en suis emparée. — Le domestique est sorti. Alors Paul a voulu fire la lettre, j'ai refusé... Col&rB épouvantable de mon mari... prières, supplications, il emploie tout... je reste
UL BILLET &QS1 S&i
impassible, ^j'avais pris marésolation. — Farieux, hors de loi, il s'élance vers moi» ie pousse oïl cri et je me sauve — ilreaterseFa table, la lampe» lés assiettes..» Las domestûiaes effkrés accourent àce brait infernal et je m'enfiiia dans ma chambre ofl je me barricade en lui criant: Vous êtes un tyran, un être affreux; vons ne tirer jiaiiiais ce billet et j'irai tout raconter à votre ondel... ¥oilà eommett bous Sivms âbé anjourd'huil...
PAUL
Ventre de marsouin! voilà bi^oi du bruit pour un chiffon de papier.
BBRTHE.
Il sTa^^t d'un principe!... Taorais dff agir ainsi dès le premier jour.
PAUL
Soit I mais puisque les choses sont ainsi, que voileK-vous que j'y fasse?
BBRTHS.
C'eflt bien simplt. Je désire que vous sermoimieE votre neveu, que vous lui fts^ez comprendre réannirilé de ses torts enfers Bioî0lqp,'(BiiftD, yrms le décidiez à me demander pardon,
PAUL
Bagassel... Gomme vous y allez, ma nièce!
BBRTHIV M Imnt ^fment.
Lui dBDneriez-vfiBB ladsoii?
PAUL
Je ne dis pas cela. (▲ part.) Ne la heurUnviMf, Je ne saurais rira; (u«iit.) Je sufs prêt i faire ce que vous me demandez.
BEBTBB, •» esfauMtk
Ahl
PAUI.
Seulement, vous cemprenez bien que pour agir en conscience, il faut qae je connaisse les éléments de la cause, que je sache ce que contenait ce billet.
BERTHE
Oh! rien d'inquiétant pour mon mari... Au contraire...
PAUL
Permettez... Cependant un billet sur papier ros ...
BERTHE
Qu'importe la couleur.
PAUL, a*oiibliant et ayao sa vix, natarelle.
Et qui sentait le use. . .
BERTHE, étonnée, le regardant.
Comment le savez-yous?
PAUL, un peu tronblé.
Oh! je le devine... Tous ces billets-là empoisonnent le musc. (Haut.) J'allais me trahir... remettons-nous. (Mant.) Cette lampe file.
n ae lève et feint d*aller arranger la lampe. BERTHE, à part.
C'est drôle I... on dirait la voix de mon mari... ce serait curieux...
PAUL, revenant.
Eh bien, voyons, ma nièce... momrezHnoi le poulet.
BERTHE
Vous le voulei...
Elle tire le billet de aa peehe.
PAUL
C'est indispensable! (a part.) Enfin, {e vais donc savoir...
(Haut et ayangant la main.) donnez !
LB BILLBT ROSB 253
BBRTHB, à part et ▼iTvmaiit.
Notre alliance... e'est Inil
FÂULy «TM on pea d*impatitBM.
Voyons I... donnez donc!
BBRTHB, rtmattant le billet dans sa poelia.
Nonl... décidément!
FÂULy ant ealfcra.
Gomment nonl...
BBRTHB*
Je ne le pals.
FÂULy aa montattk
Hais, madamel...
BBRTHI.
Silence I voici qnelqn'on !