M. CHARLES GROS
PERSONNAGE
l'homme ARRIYÉ . M. COQUELIN-GADBT.
L'HOMME QUI A RÉUSSI
TaniM éb aoliée. « Il entre es e^éiFeatani «vee eoa ehapeeii en
^ galette.
Elle estraYfssanle cette baronne, nu» elle est fatigante. J'ai beau erier partout qœ je ne sais pas valser, je ne sais pas ee qu'elles ont tontes, ces dames ; elles ont si bien arrangé les choses, que tout à rheure il râ Moir recommencer avec la marquise. Ob) les femmes^ c'est charmant, mais ça n'a pas de suite dans les idées.
Mais comment faire pour ne pas valser? moi qui suis attaché d'ambassade, attaché de premiire classe depuis ee matin. Moi, la valse ça me secoue, ça me détourne, j'y perds le fil de mon idée.
Enfin nous sommes seuls, je vais pouvoâr causer. Je suis né au Mans, mais je n'ai pas été élevé au Mans; c'est dans un petit endroit des environs du Mans que j'ai été élevé, j'apprenais les écritures chez la directrice des postes. Mon père la connaît, elle avait des petites réceptions, le samedi» vous savez le loto, l'eau chaude* *"
Eh bien, c'est là-dedans que j'ai commencé à avoir de fambition.
Le dimanche, dans l'après-midi, f allais à l'hôtel du Commerce pour me remettre, pour entendre causer, pour avoir des nouv^les. Il y avait un cuisinier habillé en blanc, qui ^'appelait Martin. Il m'avait pris en amitié ce Martin, il trou-
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yait que je ressemblais à sa mère. C'est à lai qae je dois mon idée, et c'est avec lai que j'ai travaillé. Oh 1 je ne suis pas cuisinier, puisque je suis attaché d'ambassade, première classe depuis ce matin.
(n écoute.) J'ai le temps, ils commencent le quadrille. — ' Oui, ce Martin faisait les pommes de terre soufflées, mon Dieu, pas extraordinairement, mais enfin, il les faisait. Je regardais ça moi, je lui ai dit : — Gomment arrivez-vous à ce que ça gonfle comme ça? On dirait qu'il y a de l'air dedans» Il me dit : C'est bien simple: (Oh il n'était pas fort.) je laisse refroidir ma friture... Enfin il m'expliquait son procédé.
Il se moquait d'abord de moi ce Martin, puis après il a paru fâché, je les faisais mieux que lui, les pommes soufflées. Nous avons été en froid et je n'ai pas continué à aller à l'hôtel, parce que je n'aime pas fréquenter les cuisiniers. Mais je les faisais moi les pommes de terre soufflées (iff I)
Je me rappelle la première fois que j'ai essayé, j'étais chez papa; ça a commencé par étonner, je n'avais rien dit et maman est venue crier : c Je ne veux pas que tu restes comme ça à la cuisine. » Alors je me suis mis à rire et j'ai fermé la porte. J'ai fait mon plat de ponmies soufflées. Mon père est un excellent homme, mais il ne sait pas... enfin mon plat a fait un effet!... Vous savez en province !
C'est là qu'il y avait le receveur des contributions directes qui a raconté ça à la sous-préfecture et qui a dit c : C'est un garçon impossible I » Vous ne le croiriez pas? Eh bienl j'ai été invité à la sous-préfecture. C'est la femme de ce receveur des contributions directes qui s'était fait soigner d'un chaud et froid par un médecin dont la sœur... enfin ce serait trop long à vous dire. Un autre que moi aurait été interloqué. Moi, non, j'avais mon idée. J'ai reg&iMé la cheminée. Je regarde d'abord la cheminée quand j'entre dans un salon. A minuit et demi tout le monde allait se coucher (c'est une petite sous-préfecture) la dame du receveur me dit : « Faites donc quelque chose de drôle, vous êtes si drôle, on va s'en aller. > Alors moi J'avise
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un grand gars de domestique en culotte courte et moUeta blancs, il portait un plateau ayec des sirops. Je me mets à crier: Donnez-moi un torchon, une poêle et du saindoux. Tout le monde s'arrête de causer. J'entendais les dames sous leur éventail dire : « Oh I est-il drôle 1 qu'est-ce qu'il va faire? Puis la sous-préfète se met à dire en firappant des mains : € C'est ça un torchon. » Et moi j'ajoute : « Et puis du sel gris et des pommes de terre et un couteau, non, non» j'ai mon couteau. Alors on m'apporte ça, je m'installe devant le feu, Je retire le garde^^ndres, je firotte la poêle avec un paquet de lettres que j'avais dans ma poche, je garde mes gants; je garde toujours mes gants. Je mets la poêle sur le feu, le saindoux dans la poêle. Je fais tenir la poêle à un cousin du sous-préfet, un garçon très gentil, (ohl il m'a été bien utile) mais il ne réussit pas dans l'administration; il n'a pas de suite dans les idées. — Alors moi, je m'installe avec le torchon sur mes genoux (mon pantalon était plein de peluche; ils ont de mauvais linge dans les sous-préfectures.) J'épluche mes pommes de terre dans le torchon, pour ne pas salir mes gants, je les coupe toujours dans le torchon, je garde les épluchures dans un coin du torchon et alors, les pommes de terres coupées, vlan! je les fais tomber dans la friture, (n écouta.) Oh I j'ai le temps, ils n'en sont qu'à la troisième figure du quadrille. Les pommes de terre étaient donc dans la firiture. Je les regarde, elles commencent à cuire. Il faut qu'elles soient pâles, très pâles; je les retire du feu ^et je dis : « Non, c'est manqué, c'est manqué, une polka 1 > Il y avait des gens qui faisaient une figure ! Ma destinée était en jeu, il fallait réussir. La polka finie, je remets les pommes de terre sur le feu. J'en avais très peu mis de pommes de terre (U en faut très peu), alors il y en a une première qui gonfle, et puis les morceaux, tous les morceaux, c'était comme une traînée de poudre ça enflait, ça se soulevait. J'étais sauvé. Je fais un geste en remuant la poêle, je me retourne : il y avait bien vingt-cinq personnes derrière moi. Je crie ; le