SCÈNE V
DIANE, GASTON, entrant Timieil, GASTON.
Fausse alerte
fille I
Hant.
Vous madame t
DIANE, à part.
Il s'est tronblé.
Il est devenu p&te, et sa voix a tremblé !
GASTON, la dérorant des yeux. — Doucement.
£h bien ! Vous le voyez, mon conseil était sage. Et vous n'avez pas pu découvrir un passage.
DIANE, ponr m donner nnê contenance assurée, partant tlto.
Nous venions de partir, et nous allions grand train. Je l'avais ordonné, pour gagner du terrain... Quand un gros d'éclaireurs accourt et nous arrête- Leur chef nous dit : t Battez promptement eti retraite, Car vous allez ainsi tout droit aux ennemis ! > A cet ordre aussitôt nous nous montrons soumis, Et nous nous décidons à prendre la traverse... Nous faisons deux cents pas... Soudain, comme une averse, Les balles en sifflant pleuventde tous côtés... Nous tournons... Les chevaux par la peur emportés
S'élancent an galop» et plus morte qne vive Iciy d'oCi je venais de m*éloigner, j'arrive.
Un tompi. — Gaston^s'aTUioe lantament et sileiunaaMmeDt. DiaM wtardito.
Qne vonlez-YonSi monsienr?
GASTON
Ah 1 M*approcher de vons, Gomme ponr prier Dieu, me mettre à vos genoux, Et jouir longuement, ivresse sans seconde, Du bonheur de vous voir et d'oublier le monde.
Diane fait on moaTement.
Ne VOUS éloignez pas, madame, par pitié!...
DIANE, graTement.
Je VOUS ai témoigné de la franche amitié...
Parce que, malgré moi, je me trouve recluse, En abuserez-vous? Vous seriez sans excuse I Et dans le camp anglais j'irais me rejeter Pour voir si, mieux qu'ici, l'on m'y sait respecter!
GASTON
Non ! Restez! Votre voix me charme et m'ensorcelle !.. . Groyez-moi, si l'amour dans mes yeux étincelle. Mon cœur, où vous régnez souveraine, est rempli D'un respect dévoué dont je n'ai point l'oubli. Hélas, si vous saviez quand vous êtes partie. Quelle douleur profonde en moi j'ai ressentie ! Avec vous, ce séjour me semblait enchanté...
Votre départ a fait soudain l'obscurité.
Et voyant tout glacé comme un foyer sous flamme. J'ai compris qu'avec vous vous emportiez mon âme...
DIANE, très-émne.
'''aisez-vous!
GASTON, se rapprochaut.
Attristé de mon rêve perdu Je reviens... Je vous vois! Mon bonheur m'est rendu!
AUX AYANT-POSTflS 191
C'est bien vousl Et fermant les yeux, je pais entendre
Résonner votre voix, qui sait si bien me rendre
Le riant souvenir dii plaisir d'an moment.
Dont mon cœar a gardé Fexquis enivrement.
A cette iiiasion adorable je cède,
Celle que j'aime est là, j'entends, je la possède...
Et vers la vision alors je tends les bras.
En m'écriant : C'est vousl C'est bien vous, n'est--ce pas ?
Le voile qui couvrait mon regard se déchire (
Oui, c'est bien vous, enfin !
U •'agttaoaUle deraat ella.
Ah t Laissez-moi vous dire, A vos pieds, tout l'amour en mon coeur enfermé... Laissez-moi me bercer de l'espoir d'être aimé 1
DIANE, lui abandoDoant set muns»
Mon Dieu I Sa douce voix me pénètre et m'enchante. Et j'entends dans mon cœur ma jeunesse qui chante, Comme un oiseau des cieux qui fête le printemps. L'ineffable et charmant éveil de mes vingt ans I Eh! Bien I Oui! C'était moil... Je ne veux plus me taire, Car je souffrais autant que vous de ce mystère... Et, puisque cet aveu doit vous rendre au bonheur... Soyez heureux I Je m'en remets à votre honneur I
Elle ee détourne en rougisMol.
GASTON, iraosporté. — Doaoement.
Ah ! ne rougissez pas 1... Vous n'avez rien à craindre, Il suffirait d'un mot de vous pour me contraindre Moi, dont l'unique joie est de vous adorer A m'éloigner d'ici sans même murmurer.
Saintement je vous aime, et fantaisie étrange. Moi qui longtemps ai cru que vous étiez un ange, Il me semble, en voyant votre exquise beauté. Que vous vous rapprochez de la divinité I
DIANE
Ah Que n'en ai-je, au moins* la suprême puissance.
Je VOUS protégerais!... Mon cœur glacé, d'avanœ En pensant aux dangers que vous allez courir, Dans répouvante et dans Teffroi se sent mourir!...
GASTON
Ah ! Gardez vos beaux yeux souriants et paisibles...
Mon bon ange étendra ses ailes invisibles
Sur mon front> si pour moi vous implorez les cîeux.
DIANE, hii tendant les flenrs ihnées.
Reprenez ce bouquet fané, si précieux!
De mon sincère amour pour vous qu'il soit le gage...
GASTON
Je le mets sur mon cœur et demain je m'engage A vous le rapporter intact et glorieux 1
On entend le canon aa loin.
DIANE, afM effroi.
Mon Dieu 1
GASTON, oiiTrant la fendtre, le jour parait.
C'est le canon qui tonne furieux...
C'est l'appel du combat 1
DIANE
C'est le signal des larmes t Dieu de bonté daignez favoriser nos armes...
Et de mon bien-aimé détournez le trépas t
GASTON
Quand on a tant d'amour au cœur, on ne meurt pas!
il s'élance an dehors, en lai faisant arec la main un ngtae d*"**
Fin DB AUX AYÀNt-POSTES