SCÈNE IV
AMANDA
Voilà ce qui peut s'appeler de l'imprévu. Je demandais du terrible, de l'inouï; j'en ai, vous le voyez. Mon mari est venu en Grèce, avec la mission de rechercher quelle était la
àiS LE DERNIER KLEPHTK
longueur du pied de la Belle Hélèna. — Vous savez qu'on a découvert, je ne sais où, une pantoufle antique extrôiDement petite et que Ton se querelle maintenant pour savoir si elle a appartenu au pied de la Belle Hélène où à celui de Cléopàtre. Oa a expédié un savant dans la Basse-Egypte et un autre savant en Grèce. L'autre savant, p'est mon mari, e( je vous assure qti'il prend sa mission très au sérieux... }iélasl encore uq oi^yr^g^ qu'il laissera inachevé— ^e vous ai déjà dit que je ne si|is mariée que depuis six jours... et me voici déjà veuve!.. . Est-ce là un événement malheureux ou heureux?... S'il y avait des femmes ici, elles pourraient m'édifier; quant à moi, je n'ai pas d'opinion bien arrâtée. A quoi tient pourtant la destituée humaine? Si j'avais épousé un s^utf^ hpn^me qu'un savant, nous serions allés en Suisse, jiu lieu 4e venir en Grèce, et nous u'aurions pas rencontré debrigs^nds... Il y a peut-être un Dieu pour les femmes 1
(On eDtepd le sifflet in tobe aeonsti(||qe.) BOU 1 qu'OSt-CO qUQ C'eSt
que ç4?
LA VOIX DE SPEN6LBR
Etre généreux et humain, m'entendez-vous?
AMANDA
La voix de mon mari ! (019 fa h tnbê et répond.) Oui, je vous entends, parles^.
LA VOIX DE SPBNGLER
Qui que vous soyez, ayez pitié d'un pauvre prisonnier I
AMANDA, aa tube.
Que désirez-vous? Madame Spengler, peut-être?
LA VOIX DE SPENGLER
Non. — Je voudrais ce qu'il faut pour écrire; j'ai à rédiger un mémoire.
AMANDA, aatube.
Je n'y puis rieii; jq suis votre femme, prisonnière comme
LE DERNIER KLEPIITB U19
LA VOIX DS SPBNGLKR
Ah I... Et êtes- VOUS bien où voas êtes?
AMANDA, an tnbe.
Non; et vous?
Oui, très-bien.
Tant mieux I
LA VOEC DK SPEN6LER.
AMANDA, aa tnbe.
LA VOIX DE SPENGLER
Mon geôlier m'a laissé seul, et je voudrais jeter sur le papier quelques réflexions de statistique.
AMANDA, redescendant.
J'ai épousé mon mari dans des circonstances particulières; îe ne le connaissais pas. Un jour que j'étais arrêtée devant un des nombreux Tibère du musée du Louvre, un monsieui m'aborda : « Mademoiselle, me dit-il, vous aimez donc beau coup les antiques? — Mon Dieu, monsieur... — Oui, oui, vous les aimez, je vois ga; voulez-vous m'épouser? Je suis riche. « — Mes parents ont consenti.
LA VOIX DE SPENGER
Ma femme! Avez-vous découvert quelque documents curieux?
AMANDA, criant.
Oui, un brigand très-extraordinaire.
LA VOIX DE SPENGLER
Boni étudiez-le avec soin.
Cette aventure ne nous serait pas arrivée, si mon mari ne s'était occupé que de sa mission; mais il a tenu à visiter les plaines de Marathon, et voilà où cela nous a conduits. Voyons, où suis-je et que va-t-il m'arriver? Drôle d'ins-
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uUation; je peux bien, sans forfaire aux lois de l'honneur, voir un peu ce qu'il y a chez un voleur, (eiio onvre le ■eerétaire.) Peut-étro dos documents précieux pour mon mari. Ah! voici des papiers... Un diplôme de bachelier ës-sciences ie la faculté d'Aix. Bàhl... Un passeport, un contrat de mariage... Il est bien en règle, ce brigand, (aie remet toa« ces papiers
dans le seerétaire, ouvre un antre tiroir et en retire une lettre.) Et CCCi ?
Ah 1 une lettre timbrée de Téhéran, c'est peut-être curieux ; Lisons... Boni voilà mon homme qui rentre. (Biie referme ie
werétaire 0t etehe la lettre dans sa poche.) Ouf ! 11 était tCmpS.