‹ Scapin comédie en un acte, mêlée de coupletsChapitre 11 sur 21 · SCENE XU · texte numérisé non relu

SCENE XU

idn XX

fCAPIN , LE BAMIN, qui a ou Aflpé/iqua « «ww s'avança en lorgnant four a tour Scopin et le pavillon.

LS BARON, à part.

Dissimulons I ( Haut .) Qu’est-ce que tu fais donc U, Scapin t scapin, d'un ton naturel.

Moi, monsieur le baron, je vous brosse...

LS BARON

Ab ! lu me brosses I

Quand il y a des ouvriers dans une maison... c’est une poussière...

LB baron, d'un air soupçonneux.

Oui... mais je croyais t'avoir entendu parler t SCAPIN.

Parler, moi?... c'est que je chantonnais... ça donne du cœur., vous savez, quand on est seul et quand on brosse... tra déri dora là là...

lb baron, d'un air fin.

Oui I... mais, j'avais cru entendre deux voix ?

SCAPIN

Deux?... ah I c'est que dans la chanson il y a le berger, et puis la bergère... voilà les doux voix?

LS baron, qui s'anime.

Ouais I... il me semblait aussi avoir vu une robe de femme?... SCAPIN.

Avec la femme dedans?... (cherchant) Où ça ? c'est une vision, monsieur... il vous passe quelquefois devant les yeux, des especes de bluetsl...

LB BARON, appuyant.

e*ais I... je croyais mémo avoir reconnu la tournure pimpante de madame Patrigaud ?

scapin, à part.

Oh I le gueux I (Faut.) Quelle idée I

lb baron, le repousse et passe .

Arrière I... alors je puis fermer cette porte... n’est-ce pas? scapin, à part.

L'animal I (Fout.) Certainement, monsieur, qu'est-ce que ça me fait ?

„ LE baron, qui a monté une marche.

Mais, elle est fermée, et la clé n'y est pas t...

SCAPIN

La clé I... ah I... oui... je ne sais pas en effet où diable je l’ai fourrée I... (fl feint de tâter tes poches.)

lb baron, à part.

Le coquin l'a sur lui I mais je ne bouge pas d'ici, et nous verrons bien.

UN valet, entre du péristyle.

M. le baron...

LB BARON

Ab I Labnel... justement... va me chercher M. Patrigaud I SCAPIN, frémissant à part.

Ohiméf

LR VALUT.

Oui, monsieur... Madame la présidente vous attend avec des dossiers.

LB baron, à lai-mime.

Elle va me livrer l'héritage du commandeur... bonne affaire I...

scapin, uitiement al se rapprochant.

L’héritage du commandeur?

lb baron, avec hauteur.

Hein?... co sont affaires qui ne vous regardent point. (Il réfléchit.)

SCAPIN, à part.

Il croit ça, lui I

lb baron, pensif, à part.

Ce pavillon... elle partirait...

scapin, voyant çuV réfléchit.

Qu’a-t-il donc? (Août.) Monsieur, n’oublie pas que la présidante?... (Il h» montre la maison.)

LE BARON

Non) Mais je ne veux pas te laisser seul ici.

si

scapin, avec empressement.

Soit!... je ne serai pas taché de voir régler nna succession., par hasard un iour... (/i poste).

lb BARON, l'arrêtant de la main pauefo.

Cela ne se peut!

SCAPIN

Alors... je reste ici I

Do toutl

LB BARON, vivement.

Et bien... j'irai ailleurs...

lb baron, colère.

Encore moins!

SCAPIN

Ah I U faut pourtant que je reste ou que je sorte?., vous ne sortirez pas de là |

le baron.

Ce qu'il dit l’est point dépourvu... (Il jette les yeux sur le pavillon, et aperçoit la guitare. — Saisi d’un projet.) Ah! tu vas le mettra en faction là (il lui montre le devant de la maison), ol sans bouger, avec ceci. (Il prend la guitare et la lui <fonne}! scapin, étonné et la mettant au port d'arme.

Ça sera mon fusil I... que voulez-vous que je fasse de cet ustensile ?

LS BARON

Que tu en joues... là, devant cette porte, comprends-tu? scapin, franchement.

Ma foi, non t

LB baron, avec une colère contenue d'abord.

Si fait!... ça occupe tes dix doigts... moi, je suis là-dedans, j’ai l'oreille au guet, et si la musique s'éloigne... ou si tu cesses une minute d’en pincer, cracl j'arrive, et je te pince... en attendant que M. Patrigaud paraisse... comprends-tu?

scapin, saluant.

Ahl oui, oui... parfaitement t

le baron, qui a pris une chaise pris de la table, la place en face du pénstyis.

Commence I...

SCAPIN

Quel est l’air que monsieur désire?

LB BARON

Ça m’est égal.

SCAPIN

Alors, je puis improviser!...

i f. baron, en entrant dans la maison.

Sentinelle, prenez garde à vouai

soins xxx.

SCAPIN, seul, orna en face de la maison, et tournant le dos au pavillon. — Il paris tout en accordant la guitare.

Que le diable t’emporte I... Il n’y a que les imbécilles pour avoir dos idées spirituelles. Ju vais lui écorcher les oreil.es pour la peine. (Il se met à jouer). Nous sommes pris dans une souricière... Pauvre petite femme qui venait pour me rendra un service, son mari va la surprendre, et...

lb baron, en dedans.

Allez donc, la musique I

SCAPIN

Voilà, monsieur, je tâche de m’accorder I (Il joue en tracassant Us cordes; on entend frapper dans l'intérieur du paiïllon de gauche.) Oui, frappe... je no puis pas t’ouvrir, chère amie !... si cette guitare voulait jouer toute seule, et... si je pouvais... Il se leve et essaie d aller à gauche).

lb baron, an dehors.

Scapin, vous ne pincez pas.

scapin, te rasseyant bien vite.

On y val—

servi nu.

PATRIGAUD, SCAPIN.

PATRICAOO, arrive de la droxte , avec humeur.

Le beron me fait appeler!... eL je ne sais où est ma femme.

scapin, a part .

Ahl diable I le mari, déjà I

SCAPIN

PATUlfijUrD, (pii l*«l flitlfK MK étonné.

Quel!* musique fait ce drôle?

SCAPIN

C'est une A^rénâde dans le goût espagnol.

PATRIGAUS.

Cesse, et tipondl : où est ton maître?

•CAPUf.

Je ne sais pas. (/I joue).

PATR1GACD.

Mais cesse donc I

SCAPIN

Je ne peux pas ! on rrt i, é<*éuti‘ lê-dêdlhs... 1 .a helle vicomtesse bui veut faire sa sieste, et je la berce mollement ue Ifwrs aÉWrdi suaves... de mes accords mélodieux.

PATRioAim, Se hoitchdnl les ortiUét*

Ah ! quel grincement... c'est faux, butor ?

SCAN», vioemcitt.

Vous êtes donc musicien f

PATBICAOd.

Un peü plus que loi I...

marin. à pou.

OUI si je pouvais... (Kout ) Vous êtes jaloux de mou talent'

PATRIGACD.

liais, animal I..UD singe qui gratterait sur une lèchefrite... .

Mina.

Oui? eh bien, faites en donc autant I... (Patriaaud piqué dépose vivement set canne et son chopeau sur la Lwie Je pierre SC A pi x, jou ml toujours.

AI»: Boléro é‘ Pot» i U LeaU.

n» luUu t

lion, le Pratçili n’»oci*l rire

A *mier Ui tuii«r« !

l'ATKiCAiii), impatienté, prend PîiUtruniMl que Scapin continue A gratter.

t n i ü - S a SMA {«, fîo# bMrdtat,

|U la ••• mit naaltAi

(Jm> in a’*# qu'au vrai barbara t

Il se met à jouer, Scapin te mit n ta place, comme i( était.

EX'MBIF.

PATRIcav», jouant avec douceur.

Tmiu, fiand» *■*., Cf»m« on e» a»*...

Kslmiia >|Wl «un,

Et »ae booh# li^dl I

scapin, à part.

La toon* fa#e,

Delà rerW»e,

Mea cher harnn,

J* a‘*B » aia o«» rw la peiaari !

SCAPIN, s'éJrdgne tn eteivinl la voix.

Eacore, «nuira I Qael Jau to***.

PA t Mo AllD.

Au Nnidaiiaat

SCAPIN

<Vi, rramani, iHM «11 m tocl tir» I

(fl o gagné le paillon ouvre la porte, Angélique en sort, irten voyant Pa tngaud que Scapin lui montre et qui joue tou fours.)

PATÙïr.AWS, té détectant.

Toi, quand (a liant ecl MUruanel,

Le diable Mratti «U» an» èm«’

SCAPIN, à part.

Et M èe PIS ea e* uoaeoi,

Pair que M (t mao !

(Angélique fuit, a {ta* da loup, par la gauche. { PATRIGACD. l'tternUMl,

Hein I 0*ù tharmaui toàÀéà a 1 Qurl «hnal.tr allayi j,

Ftna, fmn, «on, na.

Eul.nJMc, B*.ji rf irpiQ,

W*» di»i prHIcaio,

LaaiMU cal bob, mu.

SCAPIN, fl/tm tl près de fut.

Eaoar. uaqiiura, braial OmI 4 m t Put -:«to!

rfon, fNM, ton, ton,

En», f«aa, «llt.rd Ir IimKhi t Sol, fj mi. U, Ml, dn.

Ga irai* e» fcn boutbiu , llravo t

(Le faron parait pendant cet ensemble)

scÈnne xxv.

Lus meurs. LB BARON.

LE BARON, frappé de surprise .

Alt I... comment, c'est vous qui...

patrigaud, tout cit jouant.

l'ne leçon à CO mauvais ménétrier, qui s'imagine savon iouer...

Lit BARON, à Scapin.

Luit.. Et toi... tn...

SCAPIN

Moi, je suis là... je profite... oh! j’ai bien profilé! car pendant ce temps j’ai cherché et j’âi retrouvé la dé.

le baron, à lui- même.

Ah! le pendardl.. il «en ©*t tiré... la porto «wl ouverte, f oiseau est envolé et c’est le mari qui...

scapin, appuyant.

Qui a tenu la guitare ! (haut au baron) Eh bien ? monsieur, ! quand J© voua disais que votait un© vision?

PATRIGACD, dOSC humeur.

Si vous nVcoatez point... ce n’est pas la peine... (if pose la I guitare) Que désirez-vous do moi?

SCAriN, ou baron, awc rr*ui«c«.

11 demande pourquoi vous l'avez fait venir I le baRon, bai.

J’entends bien, double traître (Aoiù A Patrigaad.) Je voulais vous montrer... vous mettre sous b’jWU... mais le corps du délit « diépsru... c’eut une affaire remise I... la Drésidante vient do ot’appoiter une foule de paperasses. J’ai Desoin do vous consulter pièces eu main... passons dans mon cabinet... PATRIGACD.

Dépêchons, s’il vous plaît... car j'ai hâte de rejoindre ma j femme... ( Il prend sa canne et son chapeau.)

scapin. à part.

| Ah I et moi aussi! (haut) M. le baron, faut-il que je continue?. (JI fit If le geste déjouer.)

LE BAUO>, a IM-OOM?

Tu m’es empêché de gagner mon pan... mais, tu me le paieras I (/I sort.)

PATRIGACD, raillant,

Etudiez, M. l'italien !.. et lâchez de raire dos progrès. ( Il suif le baron en riant. Ils soctenl A droite. )

seras zv.

SCAPIN , puis ANGÉLIQUE et ARMÀNDE venant du fond à gauche-

SCAPIS

Ma foi, si je joue mai de la umuns, je crois que j'ai assez ' brun joué du guitariste!., mais, ce *CC(*l «lue ma pauvre confidente... Oh ! la voilà avec Armand©!... (lise masque derrière \ un* des colonnes.

ARMANDE, tout en marchant.

Mais, ma chère Angélique, pour nous éloigner de ma tante, tu m’amènes par içi, et lu veux t’en allerl...

angélique.

Parce que tu eu libre, toi... tu ti’as pas encore un mari comrno le mien.

ARMANDE

Celui qu'on me destine ne vaudra guère mieuxl scapin , à part, et trader * <Mt a pus de loup de droite a gauche”. Elle a du guet!

ANGÉLIQUE, OCW fi foi 19.

C'est bien possible... il serait peut-être aussi jaloux que lo mien de ce petit 8capùi... et il n'euftùl peu toril

scfcNE Xvn.

Qu'oses-tu dire, jaloux d’un valet... ah ! fi I ANGELIQUE, hoc/umt la Me.

Ah I fi I — «h I fi !... en amour iJ ne faut Taire fi de personne! (apercevant Scapin, à pari) Il c»t la !

SCAN*, a part.

Elle est pleine de bon sens I anceliqce, jelte un «lu p (TtrU de côté à Scapin qui Tu» fait de» lignes.

Il y a de? gens distingués partout!

ARMA!» DK.

Ne dis plus de folle*... explique-moi pldtAl res mots mystérieux. (Elle outre ton Awttil.j

• Celui qui vous aune est ici I le chevalier de Pollen. bray? •

AllCtLIQt't.

Cela est clair... tu sais la passion dlio tu lui as inspirée... Et je le trouve bien heureuse I... (Elle jette les yeux vers fui.) scapin, bas.

Amour de femme I (Il lui Sotifpe tin baiser sur la main.)

ARMAKDE.

Mais c’est une persécution... je ne veux pas entendre pdrfer de lui. {Baissant (avoir.) Il me fait peur !.. (Scapin teveles mains un eial.)

ANCÉLIQIK, souriant.

II est peut-être moins effrayant qne tu ne crois.

ARM A SDK, boudeuse.

Tu ris toujours U.

AMfiUQDS.

Non!... très- sérieusement, adieu I... (gêste <T Armante) )o ne vaudrais pas être accusée... par devant notaire ! (tf un / h« prephètûfue] io?u>-lâ... attend* une miuute... et jecroi» quo bientôt... grûce a ma conjuration...

armanur, dépitée.

Allons, il y a de la magie I...

AKctLiQi*, d'un air malin.

11 y on a toujours un peu dans l’amour !..,

AT. ma Mit, descend a droits tandis qu' Angélique rejoint Scapin en haut.

( A tUc-méms) Au surplus, je ne demande pas mieux que do sortir de celte incertitude... qui. malgré moi, m'inquiète 1 ire tourmente I...

scapin, qui a témoigné une grands mryrite en écoutant Angélique. — A mi-coix.

Quoi, la petite Lttdudé... aime le Baron ?... c’est la déco - . vertu du nouveau monde [Angélique se sauve par la gauche.)

ARMAXDE, qui o ouvert son éventail.

C’est bien l'écriture du chevalier... je la reconnais... qui donc viendra m’expliquer ce mystère?...

SCA Pli», sn attitude suppliants.

Lui-même, madame I

scfcars xn.

ARMAMli:, SCAPIN.

ARMAND!, se retournant Jama.

Ciel!... le chevalier de Follembray ?...

SCAPIN

Le clvovelier qol voûs aime plu-» que jàmaisï... il ne peut ▼ivre sans vous !... et si vous «avez pas pillé de lui... il e?.t prêt à mourir, dans ma personne... j’ai ses plein» pouvoirs!

Al» : Je suit malk*HHUM (Chatu Suuh^.

ObI. Il TUJ«*.

Il Ml À

1 Ktulum d* i.-oSr*M».

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