SPÉCIALITÉ DE REPAS DE NOCES ET FESTINS
... tenant à se montrer digne du grand nom qu’il avait reçu en héritage, se trémoussait énormément. Un vrai branlebas dans l’hôtellerie. Toute la valetaille
SUARAMOUCHE.
occupée à fourbir les armes : broches, fourchettes , cuillers et lardoires ; à passer en revue les grosses pièces d’artillerie : marmites, casseroles, rôtissoires; à faire reluire le cuivre des cruches; à donner de l’éclat au cristal des verres. Ce n’est pas tous les jours qu’on est appelé à servir le repas de noces de l’honnête et débonnaire Gilles et de la si mignonnette Colombine, la plus jolie fille du canton. La paix des ménages dépend souvent, dit-on, de la première nuit...
et la première nuit n’est-elle pas invariablement influencée par le dîner qui la précède? Combien de maris doivent à une fâcheuse indigestion les accidents que le mariage leur a prodigués dans la suite. Le rôle de l’hôtelier est donc de la plus haute importance, et le père Latripe n’ignorait aucun des devoirs de sa charge. Aussi, comme un bon général qui, avant la bataille, s’assure par luimême que tout est prêt pour l’attaque et que rien ne manque à la défense, voulut-
SGAR A MOUCHE.
il, avant de servir un repas dont il avait dévotement composé le menu, goûter de tous les mets, tâter de tous les vins !
— Allons, garçons de salle, filles de cuisines ,graillonneuses, gâ
sauces, et marmitons, qu’on s’empresse ! Les tables sont-elles instal-
Parfait... Toinon ! Margot ! Lisette !
Allons, chaud. Point de paresse !...
« Mon foie et salmis! » A l’œuvre, à l’œuvre !
Et tout le monde allait, venait, descendait, montait, courait; les plats circulaient. C’était merveille !
Du fond des cuisines, trottinant de toute la vitesse de leurs petites jambes, deux
lées ?... Oui ! Les sièges convenablement disposés?...
licot, portent à grand’peine la soupière, remplie jusqu’au bord, d’un potage à l’exquis fumet. Maître Latripe, le bras
armé d’une cuiller gigantesque, soulève le couvercle et s’apprête à goûter...
Trrraaah ! tzim-badaboum !
Un être effroyablement noir sort de l’inoffensive marmite... La terreur rend ht valetaille immobile et l’hôtelier, reprenant lui-même à grand’peine ses. esprits, reconnaît le haut et puissant seigneur Scaramouche.
— Deux mots, manant!
— Monseigneur!...
— C’est ici que la noce va venir?
— Oui, puissant seigneur!...
— Voilà la chambre de la mariée, sans
doute ?
Et son doigt pointu désigne la porte d’une des chambres...
Latripe, ému, opine du toupet...
— Les autres sont libres?
— Jusqu’à présent...
— Bien ! Elles ne le sont plus. Je les retiens!
— Toutes ?... interroge l’honnête hôtelier, -avec méfiance...
— Toutes, imbécile !... Paie-toi.
Scaramouche tire de sa ceinture une bourse appendue et la jette au nez de maître Latripe qui s’apprivoise sur l’heure et empoche sans compter, ayant subitement confiance.
— Cette table est occupée ?...
— Non, pas encore...
— Tu m’y serviras à souper...
— Monseigneur est de la noce?
— Sans doute, riposte Scaramouche en ricanant.
A ce moment, dans l’extrême lointain, le zon! zon! des cornemuses retentit et tout le monde regarde par les fenêtres.
Voici les mariés! Voici les amis!
Zon! zon ! zon!
Latripe, sans plus s’inquiéter de son client bizarre, qui a disparu aux premiers
accords, s’avance important et souhaite la bienvenue aux époux.
On s’empresse, on s’évertue. Les chapeaux sont enleve's, les manteaux soigneusement pliés.
Nunc est bibendum !
Gilles prend un verre :
— A la mariée ! mes amis !
— A la mariée ! clame l’assistance, ravie de l’honnêteté du procédé.
Arlequin est entré furtivement et jette sur son amante un long regard attristé.
Scaramouche s’approche de Colombine et l’implore de nouveau...
— Je suis mariée, monseigneur, répond la coquette souriante, et M. Gilles se fâcherait s’il se doutait jamais...
— Ton mari, fillette ! Il ne l’est pas encore, et je veux que tu sois à moi avant de lui appartenir...
— Au secours! monsieur mon époux.
— Au secours, Gilles, crie Arlequin.
Mais Gilles ne répond pas, il a, pour le moment, d’autres soucis en tête. Voyez-
le sortir précipitamment des cuisines, poursuivi, la broche dans les reins, par es gâte-sauces indignés qu’un profane ait violé l’entrée du sanctuaire.
11 s’arrête brusquement.
Arlequin l’a prévenu du danger que court Colombine. Il bondit, prêt à la défendre. Mais le seigneur Scaramouche est loin déjà... Gilles remercie son complaisant ami et, malgré l’opposition de Cassandre, l’invite à sa propre table sur la prière de la trop reconnaissante Colombine...
Cassandre se fâche et tirant la belle à
l’écart.
— Corbleu! ma fille, déjà catin! Ne sauriez-vous attendre un peu? Apprenez que votre sainte mère ne me fit cocu que le lendemain de notre mariage !
— Le siècle est en progrès, mon père ! riposte modestement Colombine en baissant ses paupières aux longs cils de velours.
L’arrivée de maître Lalripe annonçant
que le repas est servi, interrompt la gourmade.
— A table !
On s’installe. Les invités et le fretin se pressent autour d’une longue table couverte de victuailles. Les époux et le beaur père ont pris place à une petite table sur laquelle en de gracieux flacons rient les vins aux reflets d’opale, à la couleur vermeille.
Arlequin erre en vain.
Repoussé par tous, il se réfugie aux pieds de Golombine et, caché à demi dans les dentelles nuageuses de ses jupes, la tête douillettement appuyée sur sa jambe, grisé par cette exquise et troublante odeur de femme, — iris subtil et senteurs fraîches de jeune chair, — grignottant du bout des dents les gâteaux qu’une main furtive lui glisse complaisamment, il baise à pleine bouche les doigts fuselés dont ses lèvres sont effleurées et remercie Eros, le Divin, des biens sans pareils qu’il lui prodigue.
SCARAMOUC.HE.
On mange. Les verres s’emplissent, les plats fumants se succèdent. Scaramouche surveille.
Tout à coup les tables sont vides, les mets ont disparu, les bouches restent bées! Les convives affamés se regardent avec stupeur ! On se lève et l’on se précipite. Une pyramide de victuailles se dresse, tentatrice, à la place occupée par Scaramouche. Mais l’homme noir, ricanant, arrête l’élan d’un geste. Et voilà tout le monde immobile. Les yeux sont fixes, les cous tendus, les membres raidis, fascinés, hypnotisés, cataleptiques, des grimaces tortionnent les visages, un rictus effroyable déprime les bouches et met sur les faces pâlies un masque hideux de rires et de douleurs. Puis la foule s’agite, s’ébranle, tourne sur elle-même, entraînée par un rythme moqueur, et le tourbillon s’accélère et tous ces pantins se meuvent à la manière de poupées inconscientes, gigottant des jambes en une danse macabre hilarante.
Seuls les deux amoureux, tombés aux bras l’un de l’autre, prennent part avec des gestes gracieux au
lèvres s’unissent en cadence et cueillent des baisers épars.
Gilles et Cassandre, le père, le mari, contre lesquels le pouvoir de Scaramou-
SCARAMO UCHE
che se brise, ont pu atteindre les fines
poulardes, et les succulents pâtés Ifs
s’asseyent, la serviette au cou, la fourchette à la main, l’œil émerillonné, la langue frétillante de gourmands désirs. Mais voilà que leurs sièges les enlèvent dans les airs, voilà que table et victuailles suivent le même chemin, et bien-
tôt, dans un fracas pitoyable, les deux goinfres sont ensevelis sous les débris.
Pauvre Gilles, mauvais présage pour une nuit de noces !
Furieux des railleries, le ventre creux, il congédie ses hôtes. Il a hâte d’en finir! La concupiscence ramène le sourire en ses yeux. Colombine est un fin régal auquel nul ne l’empêchera de goûter. Oh ! les visions suaves!
Allez-vous coucher, madame la mariée !
Votre joue est rouge encore des baisers dérobés par Arlequin, votre lèvre est encore humide des baisers rendus! Baissez les yeux, madame la mariée et songez, par esprit de pénitence, que votre sainte mère ne fit cocu M. Cassandre que le lendemain de son mariage.
Voici vos compagnes, embrassez votre père et montez vous coucher.
Mais que vous arrive-t-il donc? D’où
Kg'
vient votre trouble soudain? Qui cause votre surprise ? Près de vous, issu du soL,
comme un blanc fantôme, un nouveau Gilles se dresse. Il ressemble à votre mari. Ce sont les mêmes habits, ce sont les mêmes traits. C’est le même sourire, c’est la même bonté, un même air de satisfaction, de béate sérénité, épanouit un visage semblable. Et pourtant l’erreur n’est pas permise. Gilles, le vrai Gilles est là, près de vous, vous contemple d’un œil étonné... Eh! bien, que faite s -vous, madame la mariée? Vous partez souriante au bras du nouveau venu !... Prenez garde, Colombine. En voici un second qui vous invite à le suivre, puis un troisième, puis un autre !... Coquine Colombette, vous serez punie de tant d'inconstance.
Gilles se fâche! C’est le maître, c’est la loi! Adieu les visions menteuses. Adieu les blancs mirages. Ils disparaissent et vous voilà seule maintenant devant un époux irrité.
— Montez à votre chambre, madame
la mariée, et attendez-y, solitaire, la fantaisie de votre maître.
Bien, Gilles ! Montre-toi sévère, bonhomme. ..mais redoute à ton tourle dépit , de ta femme. La solitude est mauvaise conseillère, mon ami Pierrot, et tu pourrais bien t’en repentir! Regarde Scaramouche, qui, en tapinois, pendant que tu discutes avec le traître Arlequin s’approche de la chambre de la mariée. Cours ! Cours! Tu n’as que le temps d’éviter un malheur... Scaramouche a disparu. Ce diable noir est insaisissable. Mais Arlequin va t’aider. Quel zèle il déploie!
Comme il t’aime, ton ami Arlequin! Il n’en ferait pas davantage si Colombine était sa femme. Et comme tu le remercies, gouailleur! Et comme tu profites de son affairement pour lui fausser compagnie !
— Toc! Toc! Ouvrez, Colombine! C’est l’époux, madame la mariée.
Étourdi Gilles! Les vins ont-ils à ce point dérangé ta cervelle, que tu ne re-
SCARAMO UCHE
«a'INSî*
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connaisses plus la porte derrière laquelle sont blotties tes amours. En voici une qui s’ouvre, et une Colombine semblable à la tienne t’invite.
Ah! Gilles, Gilles, honnête et débonnaire, vous
SCA RA MOUCHE.
êtes abominablement gris... Est-ce bien vous qui oubliez à ce point vos devoirs. Voilà que vous marchez à toutes jambes vers un intempestif adultère... Pan! La porte sur le nez, époux coupable. Cela vous apprendra... Une seconde s’ouvre, puis une troisième, une quatrième, enfin. Et pendant que tu t’attardes, imprudent, Arlequin s’est furtivement glissé chez Colombine. C’est à ton front qu’ils en veulent.
Au bruit que fait la porte en se refermant sur les deux beaux enfants, Gilles a dressé l’oreille. 11 comprend qu’un surnaturel événement le joue. Le vin fait voir double seulement, et lui, a été halluciné par quatre femmes. Quatre! bon Dieu! Et qu’en pourrait-il faire? Déjà c’est peut-être trop d’une pour quiconque désire garder le repos, et vivre loin des soucis moroses et des dangers couleur de safran.
Quatre femmes, gentil Gilles!
Il s’empresse et fait tapage. C’est à la
SCAR A MOUCHE.
vraie porte qu’il frappe. Cette fois son cœur l’a bien guidé. Colombine est là, derrière, il entend son pas menu, il perçoit ses soupirs.
Pauvre chère! Comme il l’a rudoyée tout à l’heure. Et qu’avait-elle fait, cependant, qu’il n’ait commis lui-même? Combien plus elle est excusable! Une enfant! La tête n’est point solide! Un doigt de vin, quelques gouttes de trop, un baiser, l’espoir du grand mystère! En voilà-t-il pas plus qu’il n’en faut pour troubler la raison?... Et c’est pour cela que tu l’as rudoyée, méchant Gilles!
Ouvrez, ouvrez, Colombelle! C’est votre époux repentant qui implore...
O surprise ! La porte de l’épousée demeure obstinément close, mais toutes ensemble, avec fracas, les quatre autres s’ouvrent. Et, menaçantes, sous leurs coquettes- mines, les quatre femmes s’avancent, décochant au malheureux leurs œillades et l’enlaçant de leurs bras.
Gilles prend la fuite. Elles le poursui-
vent, tenaces, obstinées, et du haut du balcon, le voile en désordre, l’œil brillant de plaisir, la lèvre frémissante, le sein gonflé, la narine palpitante, rendue toute rose par d’affolantes caresses , dédaigneuse de l’exemple de sa mère qui attendit au moins le lendemain des noces, Colombine, la tête renversée, et Arlequin triomphant, le chapeau en bataille et la batte au côté, rient ensemble de l’honnête et débonnaire époux, puni de sa brutalité par les attaques lancinantes de ses quatre persécutrices.
Cependant sa colère est montée au paroxysme. 11 frappe du pied la terre, il commande, et les donzelles, la mine penaude, les bras ballants, disparaissent.
Arlequin — ô le complaisant ami — touche l’épaule du mari, et lui montre sa femme qui, sur le seuil de sa chambre — l’hypocrite ! — avec un sourire déjà pervers, l’engage à venir la rejoindre.
Va! va! Gilles... hâte-toi ! . . . rien ne
sert de courir et le lièvre que tu poursuis est déjà loin, mon cher!
Mais qu’importe ! Pour Scaramouche la partie est perdue. Que ce soit le mari, que ce soit Pamant, un autre que lui est arrivé bon premier, un autre a conquis le virginal trophée. Accostant son rival, il lui reproche sa « félonie ». Mais Arlequin appelle son joyeux rire à la rescousse et voilà Scaramouche plaisamment arrangé...
Victoire! Victoire! Quels sont ces cris? C’est Gilles qui sort triomphalement de la chambre nuptiale, tenant en mains le bouquet d’oranger qu’il croit avoir définitivement conquis. Il presse dans ses bras sa femme rougissante sur laquelle repose son regard satisfait...
Pauvre Scaramouche ! Deux fois vaincu!
Colombine est la plus forte, Éros l’emporte.
Comment se venger?... Oh! quelle idée ! Ah ! Gilles a voulu tâter du mariage! Eh bien il en connaîtra les soucis,
SCAR AMO UCHE.
puisqu’il est trop tard pour l’empêcher d’en savourer les joies. Sois donc père de famille, imprudent, et que ta maison retentisse des criailleries d’insupportables marmots.
Tiens : en voilà un! Un bambin sort de la chambre, Gilles l’accueille en souriant... En voici un second! Gilles continue de sourire. Il les embrasse!... En voici un troisième ! Décidément le ciel te comble, Gilles !... Un quatrième, puis six, puis huit!... Arrête, arrête, Lucine, protectrice des femmes fécondes! Quelle avalanche ! Que de tourments ! Quel sombre avenir!
Scaramouche ricane méchamment! Il est vengé, croit-il! Point! Un bon sourire débonnaire et clément illumine de nouveau le visage de Gilles. Un enfant, c’est bien! Huit, cela est mieux encore! Le cœur d’un père est assez vaste pour y loger tant de tendresse. Merci, Lucine, de tes dons ! La maison sera remplie de rires et de joie! Plus elle est peuplée d’oiseaux
Ciel !
Les bébés roses et blancs se sont retournés ! Leur costume dévoile le doux
au doux ramage, plus gaie est la volière ! Maudit! Scaramouche, maudit!
secret de leur naissance. Un autre que le mari a tiré du néant leur âme mignonnette et Arlequin peut, ajuste titre, s’enorgueillir de l’événement. Tout le monde s’esclaffe ! Moitié vêtus de fustanelle blanche, jabotés de dentelles et colerettés de fine toile de Hollande, moitié de collants multicolores, le chapeau en bataille et la batte au côté, ils dansent, insouciants, les amours aux yeux innocents où se mire la pureté des cieux...
Méchant Scaramouche qu’espères-tu?
Que Gilles s’aperçoive de son malheur?
Insensé ! Un mari connaît-il jamais ces choses, et regarde-t-il autrement ses enfants que du côté où ils lui ressemblent?
Le caprice d’une coquette, l’aveuglement d’un époux, voilà deux forces contre lesquelles ne prévaudront jamais les puissances du ciel ni celles de l’enfer.
Gilles est calme et béat.
Allons ! Allons ! Scaramouche, tu es bien vaincu.
Minuit sonnent à l’horloge !
Douze secondes encore et ton pouvoir expire. Repens-toi ! A quoi bon cette impuissante rage ! Crie, hurle, tempête, peu importe, ta défaite est complète.
Un bruit horrible réveille les échos. Les murs de l’hôtellerie se fendillent, les fourneaux, chauffés à blanc, éclatent. La foule épouvantée s’enfuit en désordre.
Tout s’effondre avec fracas.
Au-dessus de la terre, dans les cieux, une vision baignée de lumière se dessine : Gilles tenant dans ses bras Colombine, Arlequin agenouillé aux pieds de son amante* perdu à demi dans le neigeux fouillis cfes dentelles et de la soie, baisant
SC ARAMOUCHE.
Scaramouche pousse un cri de douleur, il roule à terre : le néant saisit sa proie.
Et là-haut, dans l’empyrée, aux inaccessibles sommets que la foi et la poésie ont, à l’envi, peuplés de dieux immortels, Pulcinella paraît ! Sa trogne écarlate rutile de feux plus vifs, sa panse de pourpre et d’or s’étale, monstrueuse, secouée par un ricanement semblable aux mugissements de la foudre. Il est vainqueur, le dieu de la matière. La terre est son empire et l’humanité est courbée sous ses lois... Sous son sabot orné de têtes de bélier, Scaramouche gît, inanimé.
Vainqueur, Pulcinella?... Non!
Un chant d’amour, hymne de passion, monte jusqu’aux étoiles d’or, imposant et sublime, composé des douces plaintes qiii sur les lèvres frémissantes des amants trahissent le secret des extases infinies et l’Univers, pâmé sous l’étreinte amou-
reuse du printemps clair, célèbre le triomphe du bambin aux flèches de diamant, d’Éros, l’éternel Victorieux !
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