‹ Scellés et inventaires d'artistes (volume 2)Chapitre 124 sur 174 · NICOLAS-FRANÇOIS VALLOIS. 20Q · texte numérisé non relu

NICOLAS-FRANÇOIS VALLOIS. 20Q

estimer les outils et ustensiles qu’il employait dans ses travaux? A de simples menuisiers, l’intervention d’un sculpteur paraissant superflue.

Notre artisan meurt à l’âge de quarante-quatre ans, le dimanche, 6 avril 1788, sur les huit heures du matin, en son domicile, rue du Faubourg-Saint-Denis, en une maison ayant pour locataire principal un sieur Charpentier. Il laisse une veuve, Marie-Anne- Josèphe Gillin, mais point d’enfants.

Ses héritiers sont des frères et nièces : 1“ Nicolas Vallois, maître sculpteur à Paris, rue Pavée; 2° les trois filles mineures de Pierre-Nicolas Vallois, sculpteur à Langres, frère du défunt, décédé; 3“ enfin un autre Nicolas Vallois, aussi sculpteur et frère du défunt, demeurant à Hesse-Cassel et absent. Il faut avouer que le père de famille avait manqué d’imagination lors du baptême de ses quatre fils.

Le mobilier assez insignifiant se compose de quelques figures de plâtre, deux estampes; dans l’atelier se trouvent quatre bois de fauteuils à la reine sculptés, prêts à livrer au s. Boulard, menuisier, un écran sculpté; ces derniers objets donnent une indication précieuse sur la nature des talents du s. Vallois.

La veuve charge de la confection de l’inventaire le notaire Pierre-Gabriel Tiron.

(Arch. nat., Y 14239.)

PIERRE FIXON

^ SCULPTEUR

8 avril 1788.

Pierre Fixon, qualifié sculpteur des Bâtiments du Roi et des Economats, appartient à une nombreuse famille d’artistes, comme on le voit par les documents que nous avons sous les yeux. Ainsi son fils aîné, Louis-Pierre Fixon, déjà âgé de quarante ans lors de la mort de son père, est maître sculpteur 1. Ses autres

I. Bellier de la Chavignerie ne dit rien de Pierre Fixon le père. Il ne connaît que Louis-Pierre, sculpteur des Bâtiments du Roi, comme son père, habitant aussi rue Meslay, inhumé à NOUV. ARCH. DE l’aRT FR. l885

PIERRE FIXON.

fils, Claude-Pierre et Pierre- François Fixon, sont, le premier, demeurant rue Saint-Martin, à la Cloche, peintre de l’Académie de Saint-Luc; le second, peintre doreur; celui-ci est domicilié rue Meslay, n° 8o. Parmi ses gendres, à côté d’un maître plombier et d’un maître couvreur, nous voyons figurer Jacques-Philippe- Joseph Dumont, sculpteur-figuriste [sic) de l’Académie, nommé aussi sculpteur de S. A. S. le duc d’Orléans, époux de Marie- Catherine Fixon, rue du Faubourg-Montmartre. Un dernier frère, Nicolas-François, est parti depuis peu pour l’île Bourbon. Enfin le s. Pierre Fixon laissait une veuve, Marie-Nicole Pitoin, âgée de cinquante-huit ans lors de son décès.

Il meurt le mardi, 8 avril 1788, sur les deux heures, d’une maladie de langueur occasionnée par la suppression d’une pituite qui s’était fixée sur l’estomac, maladie dont il était atteint depuis dix-huit mois. Bien que malade depuis longtemps, le s. Fixon meurt subitement au moment où il se mettait à table. Il habitait une maison lui appartenant, rue Meslay, n” 20.

Après avoir dressé un procès-verbal au sujet de cette mort subite, le commissaire Antoine-Nicolas Gueullette appose les scellés sur les meubles et effets du défunt. Il trouve dans les diverses pièces de l’appartement de nombreuses figures, des groupes, des vases et des bustes en plâtre, une dizaine de tableaux, un certain nombre d’estampes et un Christ en bronze sur un fond de velours noir.

L’argenterie se compose d’une grande soupière, un plat à rôti, deux petits plats ovales, quatre plats d’entrée, huit plats d’entremets, deux plats carrés, une écuelle à oreilles, un porte-huilier et ses bouchons, une saucière, deux grandes et quatre petites salières, six coquetiers, un moutardier et sa cuiller, une cafetière de huit tasses, une de quatre, un gobelet à bain-marie, un gobelet à pied, six timbales, un pot à eau et sa cuvette, quatre cuillers à ragoût, dix-huit couverts, six cuillers à café. Nous avons rencontré jusqu’ici peu de maisons aussi bien montées en argenterie.

Enfin, l’argent comptant trouvé dans les tiroirs s’élève à la somme de i,i83 livres i3 sols 6 deniers.

L’inventaire est fait par M"" Jean-Baptiste Guillaume, notaire.

Saint-Nicolas-des-Champs le 12 janvier 1792. C’est d’ailleurs le seul renseignement que le biographe donne sur la famille en question.

PIERRE FIXON.

Jacques-François Mérigot, libraire, boulevard Saint-Martin, est appelé pour donner son avis sur la prisée des livres.

Oppositions du s. Buldé pour sûreté d’une rente de 1,200 livres au principal de 24,000 livres à lui constituée par le s. Pierre Fixon, par contrat du 3 septembre 17741 — GoufFé de

Beauregard, pour payement d’une obligation de 6,000 livres ; — de Janson, bourgeois de Paris, pour payement de 1,200 livres; — enfin de la dame veuve Fixon, pour obtenir l’exécution de son contrat de mariage passé devant M® Guillaume, le 2 5 août 1778. Cette veuve était la seconde femme du sculpteur. Tous les enfants étaient nés d’un premier lit.

Enfin tous les héritiers présents font opposition à la délivrance de la part dans la succession revenant à leur frère Nicolas-François Fixon de Romainville 1, officier réformé du génie des colonies françaises, faisant actuellement le commerce des Indes, représenté par Jean-François- Pierre Audran, avocat en Parlement, chargé de sa procuration. Cet ancien officier paraît avoir été un assez mauvais sujet, criblé de dettes, devant à tout le monde et ayant mangé par anticipation l’héritage paternel. C’est ainsi que son beau-frère, le s. Dumont, lui réclame une somme de 2,200 fr.

On découvre encore les bijoux suivants : un étui, une tabatière, une chaîne de montre, un cachet d’or, deux esclavages 2, enfin deux épingles en diamants. Le s. Fixon avait aussi chez lui un perroquet gris, fidèlement porté au procès-verbal. Pierre- Louis Fixon est autorisé à recouvrer les deniers revenant à la succession et provenant surtout des loyers de la maison de la rue Meslay, pour les appliquer aux dépenses urgentes et au payement des dettes.

(Arch. nat., Y iSqSz.)

1. 11 avait tout simplement joint à son nom de famille celui du petit village des environs de Paris où son père possédait une maison de campagne dont il est parlé dans notre procès-verbal.

2. Le Dictionnaire de Trévoux nous apprend que le nom d’esclavage avait été donné dans le cours du xviii" siècle, à « une espèce de collier, ou plutôt à un demi-cercle, tantôt simple, tantôt double, de pierreries, attaché par ses deux extrémités au collier qui pend en forme de chaîne et couvrant la gorge. »

FRANÇOIS GUINTRANGE.

CGCLXXVI.

FRANÇOIS GUINTRANGE

MAITRE PEINTRE DOREUR

3 juillet 1788.

Le s. François Guintrange n’est réellement qu’un peintre doreur en bâtiments; aussi ne nous arrêterons-nous pas longtemps à l’acte qui le concerne.

Il meurt le 3 juillet 1788, laissant une veuve, Geneviève Nicolas, qui en était à son deuxième mari ; car elle était déjà veuve quand elle avait épousé notre peintre, de Pierre-Prosper Roussel, bourgeois de Paris. Pas d’enfants. Le défunt avait pour héritier son père, Louis Guintrange, bourgeois de Paris, demeurant rue Saint-Jacques-du-Haut-Pas, n“ 192, dans une pension bourgeoise. Il laissait un testament, reçu le 3o avril précédent par le notaire Brelut de la Grange, qui est chargé de procéder à la confection de l’inventaire.

(Arch. nat., Y lôqgo.)

CGCLXXVI I.

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