‹ Scellés et inventaires d'artistes (volume 2)Chapitre 135 sur 174 · JACQUES CHARLIER · texte numérisé non relu

JACQUES CHARLIER

mourut sans avoir appartenu à l’Académie royale. Notre acte fixe la date de son décès. D’après la déclaration de Charlotte-Élisabeth Portier, qui demeurait avec le défunt et fait apposer les scellés par le commissaire Jacques -Marie- Stanislas Berton , Jacques Charlier, ancien peintre du Roi, meurt de maladie et de vieillesse à l’âge de quatre-vingt et quelques années, dans la matinée du vendredi, ig février 1790, habitant un appartement au deuxième étage au-dessus de l’entresol, dans une maison située rue Thérèze, n° i.

Le s. Charlier étant supposé avoir laissé un testament, perquisition est faite de cette pièce ; on la trouve dans un secrétaire ; elle portait la date du 20 août 1780 et était suivie d’un codicille du 20 août 1782. L’un et l’autre sont déposés chez M® Petit, notaire. Ce testament institue pour exécuteur des volontés du défunt Nicolas-Rémy Robert, juge de Voucq en Champagne, qui charge de la confection de l’inventaire le même M® Petit.

Dans le mobilier, on remarque soixante-quatre tableaux, tant sur toile que gravures et pastels, dans la chambre du défunt; plus quatre-vingt-quatre tableaux dans le salon — malheureusement, le document n’entre dans aucun détail sur ces peintures, — et deux figures en biscuit sous verre.

L’argenterie consiste en une soupière à anses, deux plats creux, une cuiller à œil, une à soupe, une à ragoût, dix couverts, une cuiller à sucre.

La dame Portier, qui était chargée de toutes les dépenses de la maison, déclare avoir entre les mains la somme de i,g5o liv.

Les héritiers sont des pauvres gens habitant la Champagne, ayant droit à la succession par représentation de leur tante, la demoiselle Charlier, sœur du défunt, à son décès veuve du s. Gilles Duru, chirurgien à Voucq.

Une autre héritière est aussi sœur du défunt; elle se nommait Marie Charlier, veuve Amour, demeurant au Croisic.

Lors des opérations d’inventaire, Charles- Alexandre Paillet, maître peintre de l’Académie de Saint-Luc, demeurant rue Plâtrière, est appelé pour donner son avis sur la prisée des tableaux et estampes.

La dame Portier réclame des meubles à elle appartenant dans 1 appartement qu’elle habitait avec le s. Charlier ; plus, la remise de la grosse d’un contrat de mille livres de rente viagère constituée

2 3o PIERRE-PHILIPPE DESNOIRETERRES.

au profit dud. Charlier et de la demoiselle Portier, pour en jouir par lad. demoiselle en cas de survie, contrat passé devant M® Bro, notaire, le 23 avril 1780; plus, un autre contrat de constitution de 1,200 livres de rente viagère constituée par feu M. le duc de Caylus sur sa tête et sur celle du défunt s. Charlier, devant M® Boby, le 29 octobre 1771. Les meubles et les contrats réclamés par la d"® Portier lui sont remis.

D’autres affaires d’argent présentant une certaine complication, mais prouvant en même temps que le défunt n’était pas sans fortune, sont réglées par l’exécuteur testamentaire.

(Arch. nat., Y 1 1106.)

CCCLXXXVIII.

PIERRE-PHILIPPE DESNOIRETERRES

ANCIEN MAITRE DES VERRERIES d’oRLÉANS.

5 mars 1790.

Nous avons publié naguère {Nouvelles A rchives, années 1 880-8 1 , p. 364) plusieurs pièces relatives à un maître verrier italien établi à Orléans vers la fin du xvii® siècle. Voici un nouveau renseignement sur cette intéressante industrie locale.

Le s. Pierre-Philippe Desnoireterres est dit ancien maître des verreries d’Orléans, et c’est à ce titre que nous l’avons admis dans notre galerie. Il meurt de maladie à l’âge de quatre-vingt-sept ans, sur les quatre heures du matin, le vendredi, 5 mars 1790, au second étage d’une maison, rue du Plâtre-Saint-Jacques, appartenant à M. Larguisse, avocat. En l’absence de ses filles, les scellés sont apposés par le commissaire Nicolas-Prançois Boin, à la requête de Paul-Alexandre Desnoireterres, avocat en Parlement, neveu du défunt.

Le mobilier comprend trois grands vieux tableaux, deux portraits de famille et un Christ dans des cadres de bois doré.

Les héritiers sont : 1“ Les enfants d’Hélène-Adélaïde Desnoireterres et de Louis-Prançois Dutartre , marchand mercier ; Pierre-Louis et Marie- Adélaïde-Thérèze ; 2” Marie-Angélique Desnoireterres, veuve de Jacques Mathelin, bonnetier; 3® et 4" Marie-Thérèze et Anne-Pélicité Desnoireterres, filles majeures. Les trois dernières, filles du défunt, habitent Saint-Germain-en-

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