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ARCHITECTE DU ROI ET MARÉCHAL DES LOGIS DE SA MAJESTÉ

21 octobre 1766.

Bien des procès-verbaux nous ont passé sous les yeux et c’est la première fois que se présentent des incidents tels que ceux que nous allons résumer.

Jacques Varignon, qu’Adolphe Lance n’a pas connu et dont nous ne saurions trop expliquer la double qualité, était moit depuis quelque temps déjà quand s’engage la procédure. En effet, sa veuve, Catherine De Goulon, peut-être la fille du sculpteur qui travaillait vers la fin du règne de Louis XIV, après avoir épousé en premières noces le s. Michel Derbais, puis

JACQUES VARIGNON. 3o5

Jacques Varignon, était remariée au s. Le Laboureur, chevalier de Saint-Louis, et habitait avec lui rue Meslay, quand son gendre, André-François Langlois, chevalier, conseiller d’État, intendant des finances, en qualité de maître des droits de Marguerite-Julie D’Herbais, s’avise de faire apposer les scellés au domicile de la dame Le Laboureur, sur les effets de la communauté ayant existé entre^le s. Varignon et la demoiselle De Goulon, pour sûreté de la donation entre-vifs, à lui faite, suivant le contrat de mariage passé chez M® Morin le 3 mai lySg, de l’universalité des biens du s. Varignon. Tout cela est assez embrouillé, et le poursuivant paraît avoir attendu bien longtemps pour exercer ses droits.

Protestation du s. Le Laboureur, chez qui on vient apposer les scellés à l’improviste, sur les sept heures et demie du soir. Les parties se transportent incontinent chez le lieutenant civil qui ordonne de poursuivre les opérations.

On continue donc les perquisitions; on fouille dans les tiroirs; on dresse un état des deniers comptants s’élevant à 3, 900 livres. L’argenterie est des plus complètes. Sous la remise, une berline doublée de panne jaune; dans la cave, sept feuillettes de vin de Bourgogne.

Cependant, le s. Le Laboureur ne cesse de protester contre de semblables procédés.

Enfin, par sentence du Châtelet rendue le 2 décembre 1766, confirmée le 7 janvier suivant, est déclarée la nullité de cette apposition de scellés, bien que faite avec la permission du lieutenant civil, et autorisation est accordée aux patients de les faire lever et, au besoin, de les briser.

Remarquons, en terminant, que la demoiselle Catherine De Goulon devait être d’un certain âge lors de l’aventure que nous venons de raconter, puisqu’en 1739 elle avait déjà une fille en âge d etre mariée. Mais pourquoi le s. Varignon traitait-il avec une véritable tendresse de père cette enfant d’un premier lit? c’est ce que le contrat de mariage indiquerait peut-être ; mais nous n’avons pas eu le loisir de faire appel à l’obligeance du successeur de M° Morin.

(Arch. nat., Y 1 1576.)

NOUV. ARCH. DE l’aRT FR. l885

IGNACE CIETTI.

CCCXCIII.

IGNACE CIETTI

ARCHITECTE, ANCIEN DIRECTEUR DE l’ ACADEMIE DE SAINT-LUC.

3o mai 1778.

N’eût-il pris part à aucune exposition, ne figurât-il sur aucun dictionnaire biographique, et c’est ici le cas, un ancien directeur de l’Académie de Saint-Luc ne saurait nous laisser tout à fait indifférent. Nous allons donc résumer sommairement certaines particularités intéressantes contenues dans le procès-verbal de scellé du s. Ignace Cietti.

Il meurt le dimanche, 24 mai i77^> neuf heures du

soir, au retour d’un voyage en Italie, comme il se disposait à repartir pour Paris. Le s. Jacques- André Pichon, maître sculpteur, ancien directeur de l’Académie de Saint-Luc, demeurant rue Poissonnière, à la nouvelle de cette mort, requiert le commissaire Jean-François Hugues d’apposer les scellés au domicile du défunt, rue Meslay, pour sûreté et garantie des fonds appartenant à la communauté des maîtres peintres, dont lui, requérant, était tenu solidairement avec le s. Cietti, avec qui il avait exercé conjointement les fonctions de directeur en 1776 et 1777. On se rend donc rue Meslay, dans la maison avec boutique occupée par le s. Cietti, appartenant à un menuisier demeurant rue de la Croix. Sur ces entrefaites, un négociant, Charles Cicéri, prévient que le fils aîné du défunt a annoncé son départ pour Paris et est attendu d’un moment à l’autre. Peu après, en effet, se présente François Cietti, peintre, exécuteur du testament nuncupatif de son père, reçu par Bouteloup, notaire à Lyon, le 22 mai.

Du procès-verbal de scellés il résulte que ce François Cietti était né à Trefiume, près le lac Majeur, en Italie, où son père possédait une résidence. Il était donc Italien par sa naissance, ainsi que son frère Joachin Cietti, âgé de vingt ans, et son autre frère Pierre Cietti, peintre, résidant à Rome, et représenté par le substitut du procureur du Roi. Aussi, d’après la loi de son pays natal, François Cietti est-il reconnu majeur quoique n’ayant pas encore atteint sa vingt-cinquième année.

L’acte donne au défunt le titre d’ancien directeur de l’Académie de Saint-Luc avec la qualité d’architecte.

IGNACE CIETTI. 307

Est-ce une erreur? On serait tenté de le croire, car l’inventaire comprend des marchandises servant à la peinture et des couleurs, d’où il résulte que Cietti aurait été peintre et marchand de couleurs.

Parmi les objets en évidence dans la boutique ou les chambres, nous ne voyons à signaler qu’un certain nombre de tableaux, unedizaine environ. Jean-Jacques-Marie Dusqyer, maître peintre, demeurant rue Meslay, et Pierre-François Fixon, aussi maître peintre et même rue, sont appelés par les parties pour donner leur avis sur la prisée des marchandises. Le défunt possédait aussi quelque argenterie et des bijoux consistant notamment en une bague de diamants entourés d’autres petits diamants, deux autres bagues d’une agate entourée de roses, enfin une montre à répétition à boîte d’or guilloché, avec chaîne, cachet et breloque d’or, le tout laissé entre les mains du fils aîné.

Le s. Pierre-Jean-Baptiste Delalande, syndic comptable en charge de la communauté des maîtres peintres, assiste à toutes les opérations pour sauvegarder les droits de la Compagnie, en raison des comptes dus par le défunt et des papiers qu’il avait entre les mains. Le notaire Pierre-Étienne Collet est chargé de la confection de l’inventaire.

Le défunt laissait une veuve, nommée Roze Allioli, résidant à Trefiume.

(Arch. nat., Y 11019.)

ET

PIÈCES DIVERSES

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