PROVENANT DES ARCHIVES DES COMMISSAIRES AU CHATELET
Comme on l’a dit précédemment, un certain nombre de pièces concernant les artistes du temps passé, différentes par leur nature de celles qui font l’objet de la présente publication, mais provenant des mêmes archives, ont été publiées dans le Courrier de l’Art. Ce sont des procès-verbaux de saisies opérées par les gardes de la communauté de Saint-Luc, des plaintes motivées par des rixes ou des vols commis au préjudice d'artistes, des discussions de famille portées devant le commissaire au Châtelet, des contrats passés entre différents graveurs, etc., etc. On y retrouve les mille incidents de la vie de chaque jour, nous initiant aux mœurs, aux habitudes, aux petites misères de la société qui nous intéresse. A ce titre, nous avons pensé que le lecteur serait bien aise de retrouver ici au moins le titre et en quelque sorte le résumé d’actes publiés, auxquels il pourra recourir en cas de besoin. A cet effet, nous renvoyons après chaque article à l’année du Courrier de VArt et à la page où la pièce a paru. Pour plus de commodité, la récapitulation dressée ici est classée chronologiquement.
Nous n’aurions rien à ajouter si toutes les anecdotes dont les archives des commissaires ont gardé le souvenir avaient déjà vu le jour. Mais il n’en est point ainsi. Nous avons encore en portefeuille un certain nombre de pièces, et ce ne sont pas les moins curieuses ni les moins intéressantes pour la biographie de ceux qu’elles concernent. Celles-là aussi seront imprimées, soit dans le Courrier de VArt, soit ailleurs. Mais quand? Fallait-il donc les passer sous silence? Nous ne l’avons pas cru. Le lecteur voudra bien nous ouvrir un crédit de quelques mois et attendre
le moment de la publication, qui ne saurait tarder, mais qui ne dépend pas uniquement de nous.
Pour aujourd’hui, nous présentons un aperçu sommaire, très sommaire, de ces pièces tenues en réserve, et que leur étendue, d’ailleurs, ne permettrait pas d’ajouter au présent volume.
Le s. Jacques Autreau^ le graveur, rendait la vie assez dure à sa belle-mère, veuve de Jean Boucher ; elle se trouve réduite à aller porter plainte chez le commissaire le 28 septembre 1701.
Du 9 novembre 171 1, singulière protestation du s. Simon Lourdet^ directeur de la manufacture royale de la Savonnerie, contre une renonciation qu’il venait de signer, sur les obsessions de sa sœur, aux avantages à lui faits par sa mère. Les détails sur la manufacture de tapis, façon du Levant, et sur ses directeurs successifs sont, comme on le sait, très rares.
Plusieurs plaintes de 1731 (16 janvier), 1734 (21 août), 1735 (3o mai) et de 1768 (ii juin) prouvent à l’évidence que le peintre architecte Jean- Adrien Servandoni était d’un caractère emporté et même brutal. On n’est pas Italien pour rien.
Puis, c’est une querelle de ménage. Le peintre Louis Autreau^ dont nous avons analysé le scellé dans les pages qui précèdent, ne vivait pas en très bonne intelligence avec sa femme. Il en est réduit à se plaindre des sévices exercés sur sa personne par cette mégère.
Le 5 septembre lySi, le sergent du guet est appelé par la clameur publique dans une maison du quai de l’Ecole; il y trouve le s. Jean-Jacques Bachelier^ peintre du Roi, tout couvert de sang et dans le plus piteux état. C’était le graveur Jean-Charles Robineau qui l’avait ainsi maltraité. Quant aux causes de la dispute, chacun les présente différemment. Quoi qu’il en soit, il résulte des faits exposés que le s. Robineau n’était pas un mari accommodant, mais aussi qu’il avait bien quelques griefs contre le futur fondateur de l’École gratuite de dessin.
ET PIÈCES DIVERSES
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En 1760 (24 janvier), la femme du s. Auguste^ marchand joaillier bien connu, demande la séparation de biens, alléguant le dérangement des affaires de son mari.
Des 5 juillet 1763 et 14 mars 1764, nous avons diverses plaintes de François-Thomas Germain^ qui prend le titre d’écuyer, sculpteur et orfèvre du Roi, au sujet de plusieurs vols commis dans ses ateliers par ses ouvriers. Puis, les affaires du s. Germain étant devenues fort embarrassées, surviennent des créanciers se plaignant d’avoir été trompés sur l’état de sa fortune (5 juin 1765). Peu de jours après, c’est la femme encore mineure de l’orfèvre du Roi qui introduit une demande en séparation de biens (6 juillet 1765). D’autres pièces du 2 avril 1767 et du 9 mai 1777 complètent un ensemble de documents fort curieux sur les causes de la ruine du fameux orfèvre, dont la déconfiture fit tant de bruit. La dernière, en particulier, entre dans les détails les plus circonstanciés sur l’importance des affaires du s. Germain, et fait monter ses bénéfices, pour une seule année, à plus de cinquante-deux mille livres.
Le 22 mai 1767,1a communauté des maîtres imprimeurs en taille-douce dépose une plainte contre le s. Fessard, graveur, qui imprime chez lui des estampes dont il fait commerce, au mépris des droits et privilèges de la corporation.
Le peintre Louis-Michel Van Loo, directeur de l’Ecole des élèves protégés par le Roi, vient déposer, le 3o juin 1768, au sujet du vol d’une montre d’or.
La femme du peintre Loutherbourg ne donnait pas toute satisfaction à son mari. Celui-ci demanda une séparation. Mais voici qu’un tiers, officier au régiment de Conti, vient provoquer le mari, prétendant que les choses devaient se passer entre eux sans scandale. La proposition ne faisait pas du tout l’affaire de l’époux qui dépose deux plaintes successives contre son provocateur, les 12 et i3 avril 1769. De nombreuses pièces de 1771, 1773, 177^5 s’étendant jusqu’en 1782, achèvent de nous édifier sur les infortunes conjugales du malheureux Loutherbourg.
Une querelle entre le s. Jean-Michel Moreau^ graveur, et son propriétaire, querelle causée par les tours que les élèves de l’artiste jouaient aux habitants de la maison et qui motive une plainte, suivie d’information, en date du lo avril 1770, ne paraîtra peut-être que d’un médiocre intérêt.
Une plainte du 9 juillet 1770, contre le graveur Ficquet, entre dans des détails curieux sur plusieurs œuvres de cet artiste. Cette pièce apportera certainement des traits nouveaux à la biographie de l’habile maître.
Un portrait de M“® de Saint-Vincent, exécuté par le graveur Antoine-Louis Romanet, fut saisi chez l’artiste et chez le marchand d’estampes Isabey, ainsi que le constate le procès-verbal dressé le 16 avril 1776, à la requête de la dame.
Les démêlés de Nicolas Hallé, le peintre en miniature, avec sa femme formeraient un petit roman des plus piquants, grâce surtout à la correspondance jointe au dossier. C’est, à, coup sûr, un des chapitres les plus plaisants de ces mémoires anecdotiques du xvin® siècle.
On connaît maintenant les noms des artistes sur lesquels nous possédons des renseignements prêts à paraître. Passons à la liste des documents déjà publiés dans le Courrier de l’Art :
1698, 8 décembre : Plainte de Jacques Hupierre^ graveur, contre les sieurs Doré et Leriche, jurés tablettiers, qui l’avaient menacé et frappé. — i883 (n“ 37), p. 444.
1699, 9 février : Plainte de Jacques Van Schuppen, peintre du Roi, contre plusieurs particuliers qui l’avaient attaqué et blessé. — i885 (n° 1), p. 20.
— , 21 mars : Déclaration faite par le s. Jacques Hupierre^ graveur du Roi, au sujet de boutons d’argent doré, garnis de diamant, dont une domestique l’avait chargé de négocier la vente au nom (supposé) de de Becordel. — i883 (n° 37), p. 445.
ET PIÈCES DIVERSES
1699, 29 juillet : Plainte portée par Henri Martinot, horloger, valet de chambre du Roi, contre un apprenti qui avait grièvement blessé son fils ; information sur cette affaire. — i883 (n° 40), p. 480.
1701, i5 et 17 avril : Information faite sur, la plainte de Sébastien Doutreau et de Léonard^ son fils, maîtres graveurs à Paris, place Dauphine, et de Claude Collin, bourgeois de Paris, contre Jacques Hupierre ^ maître graveur, au sujet d’une rixe survenue entre le fils dud. Hupierre, âgé de dix ou douze ans, et un autre enfant.
1702, i3 septembre : Procès-verbal de saisie de figures de cire colorée, représentant la duchesse de Noailles et autres personnages, chez les sieurs Farcy, Lignon et Benoist^ à la requête des gardes des arts de peinture et sculpture de Paris. — i883 (n® z3), p. 271.
— , 18 décembre : Plainte du s. Henri Lefebvre^ peintre ordinaire du Roi, contre de Jaucourt, sa propriétaire. — i883 (n“ 34), p. 41 1.
1706, 14 novembre : Plainte portée 'çd.r Pierre-J acques Van Merle et Gilles de Mortain^ peintres à Paris, maîtres de la confrérie de Notre-Dame-de-la-Grâce, en l’église Saint- Denis-de-la-Chartre, au sujet d’un vol commis dans le coffre renfermant les ornements de la confrérie. — i883 (n“ 35), p. 423.
1710, 24 mars : Plainte à’ André Tramblin^ professeur de l’Académie de Saint- Luc, d’Antoine Peqejy, un des directeurs, et de Guillaume Verdier^ un des maîtres de l’Académie, contre le s. Gobelet, modèle aux gages de l’Académie, en raison de ses inexactitudes et insolences.
171 1, 2 mai : Procès-verbal de saisie opérée chez le s. Michel Tardifs peintre en armoiries, à la requête de Jean- Simon du Tour^ peintre ordinaire des ordres du Roi. — i885 (n° 52), p. 635.
1 7 1 1 , 7 et 9 novembre : Plainte de Charles-Gustave Klingstet, dessinateur du duc de Bavière, contre sa femme, qu’il accusait d’ivrognerie et de vol, suivie d’une plainte du s. Darras, huissier-priseur au Châtelet, contre led. Klingstet, qu’il avait essayé de raccommoder avec sa femme, et qui l’avait injurié et battu (26 novembre 1711). — 1886 (nos 2 et 3), p. 22 et 84.
1714, 18 mai : Plainte en injures et violences portée par une voisine contre Jérôme Martinot, gouverneur de la tour de l’Horloge du Palais, et contre la femme dud. Martinot. — i885 (n* 49), p. 5g3.
1717, 26 septembre : Plainte de la femme du sculpteur Anselme Flamen contre une charcutière. — 1882 (n° 22), p. 260.
1727, 25 avril : Plainte de Marie-Louise Quinault, femme de Lebrun, neveu du peintre, contre le s. Lebrun de Thionville^ son fils, en raison de ses débordements et de son insolence. — 1884 (n° 45), p. 536.
1780, 14 octobre : Saisie opérée par Gervais Laurent et Pierre Dansse^ maîtres et gardes de la communauté de Saint-Luc, au domicile du peintre Louis Tocqué. — i883 (n° 10), p. III.
1781, 3o octobre ; Procès-verbal de perquisition et de saisie, chez le sieur Jean Diacre^ maître peintre, d’estampes et gravures contraires aux bonnes mœurs et à la religion. — i883 (n° 89), p. 468.
1786, 19 août : Plainte de Pierre-Denis Martin^ peintre ordinaire du Roi, demeurant aux Gobelins, contre Barthélemy Martin, son fils, en raison de la mauvaise conduite et insolence de ce dernier. — 1884 (n“s 36 et 48), p. 480 et 535.
— , 24 novembre : Procès-verbal d’enquête sur une demande de séparation de biens formée par Marie-Jeanne Bellan contre Mathieu Legoupil, sculpteur des Bâtiments du Roi, son mari. — i885 (n«s 41 et 49), p. 498 et 598.
ET PIÈCES DIVERSES
1741, 20 août : Plaintes de François Roumier, Tancien, sculpteur du Roi, contre un individu qui, lui jetant un pot sur la tête, avait souillé et perdu son vêtement. — 1884 (n" 52), p. 638.
— , 24 septembre : Plainte du même François Roumier contre son frère, Claude Roumier, qui l’avait grossièrement injurié.
— , 21 novembre : Nouvelle plainte du même contre le même, à propos de faits analogues. — i885 (n° i), p. 19.
1743, 6 décembre : Plainte de François- Dagobert Jouvenet, peintre, contre le s. O’ Sullivan, maître d’armes, dont il avait fait le portrait, et qui, pour tout paiement, l’avait menacé et battu. — i883 (n” 3g), p. 466.
1748, 29 février : Procès-verbal de saisie opérée chez le s. Charles Eisen^ peintre, à la réquisition de Pierre- François Beaumont, Jacques-Charles Martin, Jean-Baptiste Poullet et François Joullain, gardes et directeurs de la communauté de Saint-Luc. — 1884 (n” 45), p. 537.
1750, 16 juillet : Saisie de divers tableaux opérée chez le peintre Pierre-Joseph Parrocel, rue Saint-Benoist, à la requête de Nicolas-Félix Adam et Dominique Pineau, gardes et directeurs de l’Académie de Saint-Luc. — i885 (n- i), p. 21.
— , 16 juillet : Procès-verbal de saisie opérée par François Magny et Nicolas-Félix Adam, gardes et directeurs en charge de l’Académie de Saint- Luc, chez le peintre Charles Eisen. — 1884 (n“ 45), p. 53g.
1757, 12 août : Protestation de Jean-Pierre Chardin, élève protégé du Roi, fils de Jean-Siméon Chardin, au sujet de la renonciation à la fortune de sa mère, faite par lui en faveur de son père. — i883 (n* 32), p. 386.
1759, Il septembre : Contrat entre le graveur Laurent Cars et Pierre-François Martenasie, par lequel celui-ci s’engage à travailler pour le premier pendant toute sa vie, à certaines conditions. — i883 (n° 38), p. qSS.
— , 26 septembre : Plainte et information au sujet d’un vol commis au préjudice du s. Hubert Drouais ordinaire du Roi. — i883 (n" 18), p. 21 3.
1760, novembre : Plainte et enquête au sujet d’un vol de six toiles peintes et trois cent soixante-dix-sept dessins et estampes, commis dans l’atelier du peintre Jean-Baptiste- Marie Pierre, ^dxjean et Jacques Roth frères, l’un peintre, l’autre sculpteur. — 1884 (n°s i, 3^ 25, 26, 33), p. 9, 33, 298, 3ii, 394.
1761, 19 mai : Plaintes du s. Guyon, fermier général, contre Charles Eisen et de celui-ci contre le s. Guyon, s’accusant réciproquement d’injures graves et de menaces de mort, et information sur les faits contenus dans ces plaintes"'. — 1884 (n° 49), p. 597.
— , 7 juillet : Nouvelle plainte du s. Guyon, fermier général, contre Charles Eisen, et information sur cette plainte avec dépositions des graveurs J. -B.- J. de la Fosse, J. de Longueil, J.-J. Flipart, L.-S. Lempereur , P. -F. Choffard et J. Aliamet. — 1884 (n°s 5o et 5i), p. 612 et 624.
1763, 8 février ; Plainte de François-Charles de Silvestre, peintre du roi de Pologne, conduit par erreur dans la prison du For-l’Évêque. — i883 (n» 38), p. 457.
1763, juin : Instructions du lieutenant de police pour la fête de l’inauguration de la statue équestre de Louis XV, par Edme Bouchardon. — i883 (n° 89), p. 467.
1764, 3i août : Réclamation de Vincent-Honoré Hubert, sculpteur, au sujet du refus, par la communauté de Saint-Luc, d’exposer deux bustes qu’il avait envoyés pour le Salon. — 1882 (n° 28), p. 33o.
1771, 12 décembre : Plainte de Jean-Charles Lemoine, bourgeois de Paris, contre le s. Tiersonnier de Quenne-
I. Il résulte des détails contenus dans les pièces que ce différend avait été causé par les retards incessants d’Fisen dans la
livraison des dessins pour l’édition des Contes de La Fontaine,
dite des Fermiers généraux, dessins dont il avait reçu le prix.
ET PIÈCES DIVERSES. 3iy
/er, peintre de l’Académie de Saint-Luc, pour cause d’injures et diffamation. — 1884 (n“ 36), p. 42g.
1773, 10 avril : Saisie d'une estampe satirique sur le partage de la Pologne, intitulée le Gateau des Rois, gravée par Antoine-François Descaché. — 1882 (n» 22), p. 25g.
1775, 4 juillet : Plainte déposée par le peintre Antoine- Noël-Benoît Graincourt^ au sujet du vol d’une canne de jais. — 1882 (n° 22), p. 260.
1 77g, 3 avril ; Plainte du peintre François Casanova contre un usurier. — 1882 (n“ 2g), p. 343.
— , 2g août : Plainte portée par Jean-Baptiste Pigalle^ sculpteur du Roi, au sujet du vol d’une tabatière d’or. — i883 (n“ 38), p. 457.
1781, i5 février : Plainte du peintre André Pujos, au sujet de l’accusation portée contre lui d’avoir gravé et vendu, sans autorisation, le portrait de M“® la marquise de Villette. — 1882 (n° 46), p. 55o.
— , 24 juillet : Plainte de Georges Carter, peintre anglais, au sujet de la gravure de son tableau représentant le Combat de la Surveillante et du Québec, par Étienne- Antoine Giraud. — 1882 (n“ 22), p. 260.
1783, 28 mars : Procès-verbal sur l’état mental et la folie de Virginia Parker, femme de Joseph Vernet. — 1882 (n° 20), p. 22g.
— , 3i mai : Plainte au sujet du chien du peintre Antoine Vestier. — 1882 (n" 2g), p. 342.
i8o3, 17 novembre : Trait d’humanité du sculpteur Joseph Chinard. — i883 (n° 38), p. 457.