CHARLES-FRANÇOIS ROLAND LE VIRLOYS
ARCHITECTE DU ROI DE PRUSSE ET DE l’iMPÉRATRICE.
19 mai 1772.
Né à Paris, le 2 octobre 1716, notre architecte est plus connu sous le nom de Roland de Virloys que sous celui qui lui est ici donné. Chargé de construire le théâtre de Metz à la suite d’un concours ouvert en 175 1, il devint ensuite architecte du roi de Prusse, puis de l’impératrice Marie-Thérèse. Il a laissé un Dictionnaire d'architecture en x.To\s volumes in-4” avec 10 1 planches.
Lance le fait mourir le 3o mai 1772, tandis que, d’après le présent acte, son décès remonterait au 19 du même mois. Nous devons ajouter que les scellés ne furent apposés que plusieurs jours après, le 26 seulement, à la requête d’un créancier, le s. Béguin, marchand traiteur à Paris, qui obtient à cet effet une ordonnance du lieutenant de police et charge des opérations le commissaire Jean-François Hugues. Déjà, la veuve du défunt, Marie- Victoire Brodin de la Jutais, dont le contrat de mariage datait seulement du 17 février précédent (Armet, notaire), avait fait transporter presque tous les meubles dont elle réclamait la possession en vertu de ce contrat, de l’appartement de son mari, situé rue Saint-Denis, vis-à-vis le Grand-Cerf, au fond de la cour, au troisième étage, chez le s. Bâillon, musicien, demeurant dans une maison voisine.
La veuve fait en effet rapporter tous les meubles enlevés par elle; aucun ne mérite une mention. Seule, la garde-robe du défunt, laissée au propriétaire, le s. de Peuil, contrôleur de la maison du Roi, en garantie du loyer, présente quelque valeur. En voici l’énumération ;
Deux habits noirs ; un habit de panne de poil de chèvre mordoré, doublé de même panne blanche, ayant des brandebourgs de la même couleur ; une veste à
LOUrS-CLAUDE GUESNEAU.
culotte pareille; une veste à culotte de même étoffe, mais blanche; une veste de satin blanc brodée en soye; un habit de drap gris doublé de satin jaune ; veste à deux culottes pareille, à boutons d’or; un surtout; une épée à garde de similor, et une de deuil; une robe de chambre et sa veste de toile d’orange doublée de toile grise, et une robe à l’usage de la comparante, en satin jaune moucheté, doublé de satin à taffetas.
Les oppositions sont faites par des fournisseurs. Le défunt avait pour héritiers, outre sa veuve, à qui il avait laissé, par donation universelle, tous ses biens, trois frères et une sœur. Les frères sont : André-François Roland, maître écrivain à Paris, Charles Roland, maître ès-arts et de pension, Charles-Nicolas Roland, receveur des tailles de l’élection de Chartres. La sœur, Marie-Antoinette Roland, est femme de François-Joseph Normand, professeur et inspecteur de l’école royale militaire, demeurant à Paris, rue des Deux- Ponts, île Notre-Dame. Ces héritiers réclament la vente des effets inventoriés par M' Nicolas Armet, notaire au Châtelet.
En somme, le défunt était dans une fort modeste situation de fortune, en dépit des titres pompeux rapportés de ses séjours dans les cours étrangères.
(Arch. nat., Y i ioi3.)
LOUIS-CLAUDE GUESNEAU
MAÎTRE PEINTRE DE l’ ACADEMIE DE SAINT-LUC.
19 juin 1772.
La description des objets mobiliers trouvés chez le s’’ Louis- Claude Guesneati, qualifié dans l’acte maître peintre de l’Académie de Saint-Luc, mais réellement marchand de couleurs, est précédée , d’une information sur sa mort subite. En effet, voici comment Marie-Madeleine Mabille, veuve du défunt, habitant avec lui rue du Four, faubourg Saint-Germain, raconte les faits ;
« Dépose que le jour d’hier, 19 du présent mois, sur les onze heures trois quarts du soir, étant couchée avec son mari, elle
LOUIS-CLAUDE GUESNEAU. 4^
s’est réveillée en sursaut et a été surprise de sentir son mary couché à travers le lit, le nez dessous ; qu’aux plaintes qu’elle lui a entendu faire, elle a aussitôt crié afin que ses voisins puissent lui prêter du secours, que sesdits voisins, au nombre de deux, sont aussitôt entrés dans sa chambre; qu’elle a envoyé aussitôt chercher le s. Béguinot, chirurgien, pour lui prêter le secours qu’elle demandoit; mais qu’il n’étoit plus temps, qu’il étoit
mort. » . ^
Les deux témoins entendus, la mère de la veuve Guesneau et
le s. Béguinot, maître en chirurgie, confirment la déposition précédente. Ce dernier pense que le défunt a été enlevé par un coup de sang.
Le mobilier en évidence dans la chambre et dans la boutique garnie de produits servant au commerce de marchand de couleurs comprend un trumeau d’une glace, surmonté d’un petit tableau représentant des Bergers, un Christ dans une bordure ovale de bois doré, une Vierge dans une bordure dorée, enfin un tableau représentant le Couronnement de sainte Catherine.
L’argenterie consiste en quatre timbales, quatre couverts et une grande cuiller-, on trouve 177 livres 2 sols d’argent comptant dans une commode. Le s. Guesneau laissait trois enfants mineurs sous la tutelle de leur mère ; Pierre-Louis, Jean-Marie et Henry- Louis, et de plus deux filles, Marie-Anne et Marie-Louise, issues du premier mariage du défunt avec Marie-Hélène de Beaujeu. Ces filles étaient placées sous la curatelle à' Antoine Blereau, maître peintre de l’Académie de Saint-Luc.
M» Poultier, notaire, est chargé de la confection de l’inventaire, dans lequel sont compris quelques menus bijoux, découverts au cours des opérations, notamment deux montres d or.
(Arch. nat., Y 14028.)