‹ Scellés et inventaires d'artistes (volume 2)Chapitre 19 sur 174 · Voy. le tome précédent, p. 33g · texte numérisé non relu

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Dunkerque, et Anne-Marie-Françoise Bethon, femme du s. Courtois, mercier, rue Saint-Denis, enfants de Jean Bethon, peintre du Roi, frère du défunt. C’est évidemment celui-ci qui fut professeur aux Gobelins.

(Arch. nat., Y 1 1190.)

PEINTRE DE l’aCADÉMIE DE SAINT-LUC.

14 juin 1774.

Bien que qualifié peintre de l’Académie de Saint-Luc, Pierre Delaunay paraît avoir été bien plutôt un marchand de tableaux qu’un artiste proprement dit, à en juger par le nombre de toiles qui encombrent toutes les pièces de l’appartement et la boutique. On n’en compte pas moins de cent soixante-douze et, comme ni le sujet, ni le nom des auteurs n’est indiqué, le total seul offre de l’intérêt. D’ailleurs, aucun Delaunay ne figure parmi les artistes qui prirent part aux Salons de l’Académie de Saint-Luc, de lyôi à 1774.

Le défunt tenait un certain état de maison ; il avait à son service quatre domestiques, dont un homme. Son commerce était prospère ; car toutes les sommes déposées dans différents meubles et dans le coffre-fort s’élèvent au chiffre respectable de 80,195 livres, sans compter cinq contrats de rente viagère dont le montant n’est pas spécifié. L’argenterie ne laissait pas que d’avoir aussi une réelle importance; une partie seulement est indiquée, savoir : une douzaine de fourchettes et de cuillers, quatre gobelets à pied, une mouchette et un porte-mouchette, le tout d’argent.

Le s. Delaunay appartenait à une bonne famille de Rouen, comme on le voit par les noms et qualités des héritiers qui se présentent pour recueillir sa succession. Comme ces héritiers n’étaient que des parents en ligne collatérale, par un testament suivi de codicilles, déposé chez M° Baron, notaire, les 2 juin et 29 novembre 1771 et 22 avril 1772,1e défunt avait institué comme exécuteur testamentaire le notaire Jean-Antoine Dosfrand, sur la

requête duquel il est procédé aux opérations d’apposition, puis de levée des scellés.

Pierre Delaunay raentt le 14 juin 1774, veuf de Marie Tramblin, tante de Denis-Charles Tramblin, peintre de l’Académie de Saint-Luc. Ses héritiers sont au nombre de cinq, tous cousins ; ils se nomment : Marie-Françoise Davoust, veuve d’Eustaclie Taillet, négociant à Rouen, ancien juge-consul; Marie-Marthe- Rose Davoust, femme de Nicolas-Jean Duvrac, négociant, officier en la Monnaie de Rouen ; Marie-Angélique-Françoise Davoust, fille majeure ; Jean-Baptiste Davoust, négociant à Rouen, ancien échevin; Denis Davoust, prêtre, chanoine et grand chantre de l’église cathédrale de Rouen.

D’autre part, se présentent les neveux de Marie Tramblin, comme héritiers des meubles, acquêts et propres maternels faisant partie de la succession de leur tante. Parmi eux, on remarque Pierre-Robert Tramblin, bourgeois de Paris, et Denis-Charles Tramblin, peintre de l’Académie de Saint-Luc. Les noms des autres neveux, fort nombreux, de Marie Tramblin, dont plusieurs sont dits domiciliés au Cap-Français, ne méritent pas d’être cités.

L’exécuteur testamentaire désigne Pierre- Claude Delaroche , notaire au Châtelet, pour procéder à l’inventaire et Pierre- Claude Delaize, huissier commissaire priseur, pour faire la prisée.

Point d’oppositions. Les meubles sont vendus aussitôt après la levée des scellés; les héritiers se partagent en nature la vaisselle d’argent.

Un seul incident mérite l’attention. Le voici tel qu’il est rapporté au procès-verbal du commissaire :

Le jeudi, 14 juillet, aud. an, en procédant, led. m® Gérardin (procureur des s” Tramblin, Grimperel, etc., héritiers de la dame Delaunay) nous a observé, d’après les instructions qu’il a reçues des parties, qu’il y a deux tableaux originaux de Restout, représentant, l’un la Prière au Jardin des Olives, et l’autre la Transfiguration de Notre Seigneur, qui font partie des effets et tableaux de la communauté d’entre led. feu s. Delaunay et de lad. feue dame Tramblin, son épouse ; que led. s. Delaunay avoit acheté du s. Remy, son confrère,

NOUV. AUCH. DE l’aRT FR. l885 4

avant le décès de lad. dame Delaunay, dont moitié par conséquent appartient aux héritiers de lad. dame Delaunay, quoique ces deux tableaux ne paroissent pas avoir été compris dans l’inventaire fait après le décès de lad. dame; pourquoi led. m® Desjardins [sic], aud. nom, requiert qu’ils soient inventoriez séparément, sans néanmoins que l’inventorié qui en sera fait puisse en aucune manière préjudicier aux droits et à la propriété de moitié desd. tableaux qui appartient aux héritiers de lad. dame Delaunay.

Et led. m® Dosfrant et led. Popot (procureur des héritiers du s. Delaunay) , répondant au dire dud. m® Gérardin, ont dit que les deux tableaux dont il s’agit, n’étant point compris dans l’inventaire fait après le décès de la dame Delaunay, ne sont point censez en faire partie, led. inventaire forme même une présomption légale qu’ils dépendent de la succession du s. Delaunay et que les héritiers de lad. dame Delaunay n’y ont aucun droit ; cependant , sous toutes réserves , ils déclarent qu’ils n’empêchent l’inventorié desd. deux tableaux séparément.

(Arch. nat., Y liSgy.)

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