JACQUES HOUDAN
pour sûreté des loyers. Il faut ajouter que la seule héritière du s. Houdan, sa tante Jeanne-Marguerite Houdan, veuve de Jean- François Hénard, maître horloger à Paris, donne simplement à son neveu le titre de maître peintre, sans y ajouter celui d’ingénieur.
Jacques Houdan meurt le jeudi, 23 juin, sur les trois heures, en son domicile de la rue du Fouarre, après une maladie de quarante jours, survenue à la suite d’un coup de fleuret, ainsi que nous l’apprend l’opposition du sieur Soupe, chirurgien de l’Hôtel-Dieu, qui avait prodigué au blessé ses soins et ses saignées, car il ne lui avait pas donné moins de seize coups de lancette. Est -ce bien le coup de fleuret qui avait entraîné la mort du peintre-ingénieur ?
Peu de détails à relater dans ce procès-verbal. Il y est longuement question de bijoux emportés par Michel-François Lory, ancien marchand bonnetier et ancien grand’garde de sa communauté. D’ailleurs, celui-ci vient de lui-même déclarer que, pour garantie des sommes prêtées au défunt, filleul de sa femme, ou avancées pour les frais funéraires, il a reçu du s. Houdan les objets suivants : une montre d’or de Grignon, horloger de la Dauphine, à boîte d’or de couleur, guillochée, en forme de côte de melon, aiguilles d’or, garnie de diamants, avec sa chaîne d’acier et crochet à usage de femme (le s. Houdan avait perdu sa femme), un petit carafon de même or de couleur, un cachet d’or uni, monté d’une pierre en forme de jaspe ou cornaline rouge, représentant une tête antique d’homme avec un casque.
Les opérations sont conduites par Antoine-Bernard Léger, commissaire au Châtelet, la confection de l’inventaire est confiée au notaire Jacques-Claude Perron.
Peu de meubles à noter : vingt-deux estampes, quinze tableaux sous verre dans leurs filets et bordures de bois sculpté et doré, plus huit petits tableaux et bas-reliefs, probablement sans cadre.
Parmi les oppositions au nombre de quatorze, on remarque celle d’un brodeur des Ecuries du Roi, Etienne-Pierre Rocher, réclamant 428 livres pour la fourniture et la broderie d’un habit fait pour le défunt, des s” Moreau, chirurgien-major, et Soupé, chirurgien de l’Hôtel-Dieu, pour soins donnés au défunt, tant dans sa dernière maladie que pendant un espace de cinq années, ainsi qu’à sa femme et à son père. Enfin, Pierre Grignon, horloger, quai Conti, réclame le restant du prix de deux montres d’or
PHILIPPE CAFFIERI
par lui fournies; c’est probablement une de ces montres non entièrement payées que le sieur Lory avait prise en nantissement de ses prêts et avances.
(Arch. nat., Y 14559.)
CGLXXVII.
PHILIPPE CAFFIERI