‹ Scellés et inventaires d'artistes (volume 2)Chapitre 24 sur 174 · CCLXXVIII · texte numérisé non relu

CCLXXVIII

JACQUES-ALBERT VINCENOT

SCULPTEUR DE l’aCADEMIE DE SAINT -LUC.

4 novembre 1774.

Jacques- Albert Vincenot avait occupé un certain rang parmi ses confrères de l’Academie de Saint-Luc; il avait exercé un moment la charge de recteur. II était donc entouré de quelque considération. Il figure comme témoin au mariage du dessinateur Charles Eisen. Il meurt le vendredi, 4 novembre 1774, sur les six heures du matin, dans une maison de la rue de Sèvres où il occupait un appartement au premier étage qu’il louait de Mar-

JACQUES-ALBERT VINCENOT. 5 g

guerite-Gilles Dardet, femme de Jean-Ives Laloup, sculpteur en marbre, demeurant rue du Bac, principale locataire de ladite maison.

N’ayant pour héritier qu’un parent éloigné, Pierre Neus, ancien mayeur de la paroisse de Gyvelde, près Bergues, domicilié dans ce village, le défunt, dans ses testament et codicilles olographes, en date des lo février, 29 juillet, 3 décembre 1772 et 25 octobre 1774, avait nommé exécuteur testamentaire M® Florent-Jacques Lepot d’Auteuil, notaire à Paris, sur la réquisition duquel les scellés sont apposés par le commissaire Michel-Pierre Guyot; puis l’inventaire est dressé par M® Rouen, notaire au Châtelet.

Le mobilier du s. Vincenot annonce une situation assez modeste.

Il n’a pour tout serviteur qu’une gouvernante. On ne trouve en espèces, dans ses tiroirs, que la somme de 408 livres. Son argenterie consiste en trois cuillers, trois fourchettes et une cuiller à ragoût. Enfin nous remarquons, dans la description du mobilier en évidence : cinq figures en plâtre et en terre cuite, dont le Jugement de Salomon, vingt-cinq tableaux avec ou sans cadre, dixsept estampes, et un cartel de Lantin à Paris.

Les oppositions, au nombre de huit, sont faites par des fournisseurs, sauf celle de la locataire principale de la maison citée plus haut.

On trouvera dans les livrets des Salons de l’Académie de Saint- Luc de 1751, 1753, 1750 et 1762 l’énumération d’un certain nombre de statues ou d’esquisses de notre sculpteur. C’est seulement en 1762 que le livret lui donne la qualité d’ancien recteur. D’après ses œuvres exposées, notre artiste traitait indifféremment tous les genres, sujets religieux, dont quelques-uns sont destinés à des églises du Canada, bas-reliefs, médaillons, figures allégoriques, groupes décoratifs. Dans cette derniere catégorie rentre un modèle de fronton destiné à l’hôtel de M”® de Durfort, au faubourg Saint-Honoré, qui pourrait bien exister encore. Il représentait des enfants jouant avec une guirlande de fleurs autour d’un lion couché. Ces diflérents travaux donnent une idée avantageuse de l’habileté de Vincenot.

(Arch. nat., Y i3554.)

JEAN HERSAN.

JEAN HERSAN

SCULPTEUR

8 décembre 1774.

^ Des plus modestes était la situation du sculpteur Jean Hersan. Etait-il même à proprement parler un artiste? Il occupait une seule pièce au rez-de-chaussée, rue de la Chaise, près la Croix- Rouge, à côté de la dame Louise Leblond, veuve de Casimir Duhamel, maître sculpteur et ancien directeur de l’Académie de Saint -Luc. Par le testament du défunt, reçu par M' Delyon, notaire, le 24 octobre 1774, la veuve Duhamel était nommée exécutrice testamentaire. Elle charge de l’inventaire M' Delyon. Le s. Hersan ne laissait pour héritiers que des cousins issus de germain dont le nom est obscur.

Dans son mobilier nous ne voyons à signaler que trois sculptures en plâtre et une montre d’argent de Bertrand, à aiguilles d’or.

Parmi les opposants se présente le s. Vincenneix (?), maître sculpteur.

(Arch. nat., Y iSqoi.)

NOËL PECQ.UERIE

MAITRE PEINTRE DOREUR

10 mai 1775.

Noël Pecquerie, maître peintre et doreur, meurt le mercredi, 10 mai 1775, dans son domicile, au premier étage d’une maison de la rue Sainte-Barbe à la Villeneuve, dont le s. Michelet, maître maçon, était principal locataire, laissant une veuve et trois fils, dont un mineur. La veuve s’appelle Mathie Vocoret et dirige les opérations d’apposition et de levée des scellés faites par le commissaire Bernard-Louis-Philippe Fontaine. Les fils et héritiers du défunt sont : Gaspard Pecquerie, maître peintre à Paris, demeurant avec son père, Jean Pecquerie, arpenteur du roi, île et côte Saint-Domingue, et Eugène-François Pecquerie, mineur.

NOËL PECQUERIE.

L’inventaire est fait par M» Lebœuf Delebret, notaire. Nicolas Lecomte, maître peintre, rue"du Sentier, est chargé de la pnsee des marchandises; Bonnet d’Anml , peintre et professeur de l’Académie de Saint-Luc, rue Notre-Dame de Recouvrance, de celle des tableaux et estampes.

Les meubles les plus remarquables sont : une pendule sur son pied de marqueterie, deux paysages dans leurs bordures de bois doré, un tableau sur cuivre, onze autres tableaux, des estampes encadrées, trois montres, deux en or et une en argent.

L’argenterie consiste en douze couverts, une cuiller a soupe, deux à ragoût, une écuelle non couverte, un gobelet a pied et quatre timbales.

Outre un magasin à couleurs, un atelier et une broierie, situes dans la maison où il avait un logement, le s. Pecquene tenait en location rue Cadet, faubourg Montmartre, un petit jardin avec une baraque où il préparait son vernis. ^

Il nous paraît inutile d’entrer dans de plus amples details sur le commerce du s. Pecquerie qui a toutes les apparences d’un peintre en bâtiment et marchand de couleurs.

(Arch. nat., Y iSizy.)

JOSEPH DE VILLEDUC

MAITRE PEINTRE DE l’ ACADEMIE DE SAINT-LUC.

12 mai 1775.

Malgré sa qualité de maître peintre et de membre de l’Académie de Saint-Luc, le s. Joseph de Villeduc n’était qu’un marchand de boîtes et de tabatières de carton, tenant boutique et faisant le commerce, comme la description de son mobilier le prouve de

reste.

Il meurt le 12 mai lyyS, rue du Fq,ubourg-Saint-Martin, apres 's’être marié deux fois, d’abord avec Marie-Anne Lorrain, qui lui a laissé deux enfants encore mineurs, Marie-Françoise et Joseph- René de Villeduc, et, en secondes noces, avec Françoise-Pierrette Cochu , prédécédée , dont il a eu un fils nommé François. La femme Lorrain, lors de son mariage avec Joseph de Villeduc, était elle-même veuve en premières noces de René - Gabriel Desoches, maître peintre à Paris, dont le fils, Jean- Alexandre

JOSEPH DE VILLEDUC.

Desoches, compagnon tablettier, requiert l’apposition des scellés, en raison de ce qu il aurait a recueillir de sa mère.

Dans le mobilier en évidence on remarque : quatre tableaux sur toile, sujets de piété, encadrés, un dessus de porte, paysage, dans une bordure de bois doré, trois autres tableaux avec leurs cadres plusieurs estampes ; une pendule sur un pied de marqueterie avec ornements de cuivre en couleur.

Dans la salle au rez-de-chaussée servant de boutique : quatre fours de tôle dans lesquels se sont trouvées trente-quatre douzaines de boîtes de carton, trois tablettes de bois de sapin supportant vingt-six douzaines de tabatières en carton de différentes grandeurs à finir.

Parmi les opposants, au nombre de trente-trois, figurent : François de Villeduc, frère du défunt, créancier de 9,000 livres ; et les s- Pierre Passavant, Jean Morel, Radigue, Jacques Pail has, Jean-Nicolas Grandidier, Pierre Macquart, Jean-Baptiste Desportes, tous maîtres peintres à Paris.

M» Deherain, notaire au Châtelet, procède à l’inventaire, assisté pour la prisée de Jean Démangé, maître peintre, demeurant rue Saint-Denis, et de M= Jean Le Rochais , aussi maître peintre, demeurant faubourg Saint - Martin. Les autres incidents ne méritent pas d’être mentionnés.

(Arch. nat., Y iSzSS.) '

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