‹ Scellés et inventaires d'artistes (volume 2)Chapitre 48 sur 174 · PEINTRE DES BATIMENTS DU ROI · texte numérisé non relu

PEINTRE DES BATIMENTS DU ROI

21 mars 1778.

Simple peintre en bâtiments ou en voitures, le s. Jean-François Flou, s’il ne se recommandait par le double titre de peintre des Bâtiments du Roi et du comte d’Artois, ne mériterait guère de trouver place dans notre galerie. A en juger par les caisses de berlines, de vis-à-vis à fond doré avec bouquets, et de diligences, trouvées dans son atelier, et les douze chaises de canne à la grecque appartenant à M. le comte d’Artois, le s. Flou se livrait en même temps à plusieurs industries qui vont rarement ensemble. D’après le nombre de ses créanciers, — soixante-quatre oppositions sont formées à la levée des scellés, et un seul réclame 48,250 1., — les affaires de notre homme atteignaient un chiffre considérable.

Jean-François Flou meurt à la suite d’une longue maladie, le samedi, 21 mars 1778, dans une maison de la rue Basse-du- Rempart, portant le n“ 5 et lui appartenant. Pour la payer, il avait dû emprunter une somme de 40,000 livres comprise dans la dette dont il vient d’être question. De son mariage avec Marie- Antoinette Deumier, fille de Pierre Deumier, entrepreneur des Bâtiments du Roi, il laissait deux enfants mineurs, Mélanie et Pierre-Constantin Plou. M° Margantin, notaire, est chargé de la confection de l’inventaire. Les sieurs Paul-Vincent et Pierre- Charles Delavallée, peintres vernisseurs, demeurant rue de la Chaussée-d’Antin et faubourg Saint-Denis, sont appelés pour donner leur avis sur la prisée des marchandises.

Mobilier sans intérêt; mais le procès-verbal fait mention d’une montre, d’un bracelet garni en diamants, décrit plus au long dans l’inventaire, retirés de chez un prêteur sur gages pour 980 livres.

Parmi les noms des créanciers opposants figurent ceux de Jean- Joseph Le Roy, architecte (pour 9,000 livres, prix de vente d’un terrain), de Le Roy, peintre en marbre, carré de la porte Saint- Denis, de Louis-Henri Du Cormier, peintre, rue des Prêcheurs, de Jacques Aqure, peintre, rue Coquenard, de Philibert Défais, dit

PIERRE-ÉTIENNE DANSSE.

Dubois, peintre en montures, rue de la Verrerie, de Jean-Baptiste- Nicolas Moreau, peintre doreur, rue des Marmousets, de Jean- André Richer, peintre et doreur, rue du Chevet-Saint-Landry, du s. Protin, peintre, rue Neuve-d’Orléans, dus. François Brunei, peintre, rue Neuve-Saint-Martin, dus. Gaspard Pecquerie^ , maître peintre, rue Sainte-Barbe, paroisse Bonne-Nouvelle, des syndics de la communauté des maîtres peintres-sculpteurs-marbriers de Paris, enfin du s. Pierre-Jacques-Antoine Bergeret, commandeur-trésorier de l’ordre de Saint-Louis et receveur général des finances de Montauban, qui avait prêté 40,000 livres au s. Plou, le 22 août 1775, pour l’acquisition du terrain et de la maison de la rue Basse-du-Rempart.

(Arch. nat., Y logiS.)

PIERRE-ÉTIENNE DANSSE

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