‹ Scellés et inventaires d'artistes (volume 2)Chapitre 50 sur 174 · PEINTRE EN MINIATURE · texte numérisé non relu

PEINTRE EN MINIATURE

20 mai 1778.

Jean-Louis- Wernhard Faesch, peintre en miniature, était originaire de Bâle, en Suisse, où vivaient la plupart de ses héritiers. Il meurt, âgé d’un peu plus de trente-neuf ans, le mercredi, 20 mai 1778, sur les trois heures du matin, dans un appartement au second étage d’une maison de la rue du Four, appartenant au s. Boitte, marchand mercier, après une maladie de six mois, ‘pendant laquelle il avait été réduit à engager à des fripiers du voisinage sa montre et la plus grande partie de sa garde-robe.

Le commissaire Antoine-Bernard Léger, chargé de procéder à l’apposition des scellés, signale dans le mobilier en évidence : un atlas géographique, un buste en plâtre représentant une femme, dans sa cage de verre, sur un pied de bois sculpté doré, onze estampes anglaises sous verre, vingt et une autres estampes encadrées, un petit médaillon rond représentant le roi d’Angleterre.

Les oppositions des fournisseurs ou gens de service ne méritent pas d’être notées.

Les héritiers, frères et sœurs du défunt, sont au nombre de six : Georges Faesch, capitaine au service de S. M. Britannique; Rose Faesch, veuve de Jean-Rodolphe Thourneisen, docteur et professeur en droit; Anne-Élisabeth, Marguerite et Anne-Marie

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Faesch, non mariées, demeurant à Bâle avec leur sœur Rose et avec Jean-Jacques de Bary, négociant, fils de feue dame Esther Faesch et de Jean de Bary, ce dernier héritier par représentation de sa mère.

Pierre-Henri Paulmier, notaire à Paris, est chargé de faire l’inventaire par Rodolphe Schorndorff, bourgeois de Paris, porteur de la procuration des héritiers faite en son nom.

(Arch, nat,, Y iqSqi.)

FRANÇOIS JOULLAIN

PEINTRE DE l’ ACADEMIE DE SAINT-LUC.

5 octobre 1778.

François Joullain appartenait à une de ces vieilles familles de marchands d’estampes parvenus, grâce à une longue pratique, à une expérience, à une connaissance des gravures qui leur créaient une situation exceptionnelle. Mariette est resté le prototype de ces marchands érudits. Sans mériter de figurer sur le même rang que Mariette, François Joullain occupe une des premières places parmi ses contemporains. En tête du catalogue de ses collections vendues après sa mort, en deux fois, à Fhôtel d’Aligre (17 mai et 27 septembre 1779), il est dit formellement que, depuis la mort de Mariette, il ne s’en était pas fait une semblable pour la quantité et le choix des estampes, dont la réunion, ajoute la notice, est le fruit d’un travail de plus de cent années.

Le père de François Joullain était donc marchand d’estampes, peut-être son grand-père aussi, puisque l’origine des collections de la famille remontait à plus de cent années. Quant au fils unique du défunt, François-Charles Joullain, que nous voyons figurer ici, il est l’auteur de l’ouvrage intitulé : Réflexions sur la peinture et la gravure accompagnées d’une courte dissertation sur le commerce de la curiosité et les ventes en général (Metz, imp. Lamort, 1786, in-12). On sait que ce livre recherché contient des renseignements curieux sur les principales ventes du temps et sur les prix des tableaux et des estampes. Cette publi-

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cation avait été précédée d’un Répertoire paru en lySB et dont les exemplaires sont de toute rareté.

Arrivons au scellé de François Joullain.

Il meurt le lundi, 5 octobre 1778, dans une maison du quai de la Mégisserie à lui appartenant, où il a son établissement et son commerce. Par un testament reçu par M“ Dosfant, notaire, le 3o mars 1778, il a institué pour exécuteur de ses dernières volontés M'= Claude-Geneviève Coqueley de Chaussepierre, avocat au Parlement, garde et dépositaire des anciennes minutes du Conseil au Louvre et censeur royal , demeurant à Paris , au Vieux Louvre. Celui-ci, en cette qualité, préside à toutes les opérations et commence par se faire remettre un sac contenant cent louis d’or, plus un louis de 48 livres, faisant ensemble 2,448 livres, sac trouvé dans le comptoir du magasin, pour subvenir aux frais indispensables.

Les héritiers sont : François-Charles Joullain, maître peintre à Paris, demeurant avec son père, et Marie-Françoise Joullain, épouse de Charles-Nicolas De Hémant, maître horloger à Paris, demeurant dans la même maison. Leur mère, nommée MarieiMarguerite Gautrot, avait laissé en leur faveur un testament olographe, daté du 23 juillet 1757, déposé chez M® Mathon, notaire, le 3o juillet 1762. La dame de Hémant était grevée de substitution par ses père et mère.

Le mobilier renferme nécessairement de nombreux tableaux et estampes dans des cadres de bois doré; une pendule à cartel de cuivre, faite par Thiout; i5 marcs 7 onces d’argenterie montée, 12 marcs 4 onces de vaisselle plate et un marc 3 onces 5 gros de jetons d’argent.

Le s. Buldet, maître peintre, ancien directeur de l’Académie de Saint-Luc et marchand d’estampes, rue de Gesvres, est appelé pour donner son avis sur la valeur et prisée des marchandises dépendant du commerce du défunt.

Le s. Dessaint junior, libraire à Paris, remplira le même office pour les livres.

L’inventaire est fait par le notaire Jean-Antoine Dosfant. Une somme de 2,53 1 livres i sol 8 deniers, outre celle déjà remise à l’exécuteur testamentaire, est trouvée dans les effets du défunt.

Parmi les opposants paraissent Bailly et consors,

anciens directeurs de l’Académie de Saint-Luc, réclamant le mon-

JEAN-JACQUES ERNST

lOI

tant des sommes qu’ils ont avancées pour payer le prix de la maison appelée l’Hôtel de la Madeleine, en vertu de condamnations résultant de l’arrêt du Conseil d’État des 14 juillet et I®’' septembre 1778, et que le s. Joullain et autres, qui ont signé les délibérations des Sojuin et 12 juillet 1764 pour l’acquisition de ladite maison, sont condamnés à rembourser.

Une autre opposition est faite au nom de Delorme, maître fondeur-doreur-graveur-ciseleur, demeurant rue Saint-Andrédes-Arts.

D’après l’inventaire, le défunt avait, au rez-de-chaussée, boutique et arrière-boutique, magasin au premier et appartement au second.

(Arch. liât., Y 1 1408.)

JEAN-JACQUES ERNST

PEINTRE d’histoire NATURELLE.

3i mai 1779.

Le procès-verbal de scellés fournit quelques indications sur la nature des œuvres du défunt; aussi reproduisons-nous plus loin ce passage.

Le s. Jean-Jacques Ernst, peintre naturaliste ou d’histoire naturelle, natif de Strasbourg, fils de Jean-Balthazard Ernst 1, pâtissier à Strasbourg, et de Marie-Madeleine Boiring, qui déclarent tous deux renoncer à la succession de leur fils, meurt le lundi, 3i mai 1779, dans une chambre au troisième étage d’une maison de la rue de la Harpe, où était l’ancien collège de Narbonne.

D’après la déclaration du s. Nicolas-Joseph Devillers, peintre, demeurant rue des Anglais, sur la réquisition duquel le commissaire Hugues-Philippe Duchesne vient apposer les scellés, tous les meubles garnissant la modeste chambre du s. Ernst appartenaient au s. Gigon d’Arcy, receveur général des finances, demeurant rue des Capucines, qui logeait le peintre par charité.

I. Nagler cite un dessinateur-graveur nommé Charles-Mathias Ernst, né à Mannheim; mais il ne connaît pas le Jean-Jacques Ernst, qui meurt à Paris en 177g.

JEAN-JACQUES ERNST

Celui-ci ne possédait que quelques mauvaises hardes enfermées dans une malle de cuir trouvée dans sa chambre.

Le 7 juin, Claude Gérardin, graveur, demeurant rue du Paon, vis-à-vis l’hôtel de Tours, chez le s. Gérardin, son frère, aussi graveur, vient former opposition à la levée des scellés, comme habitant avec le s. Ernst et associé à ses travaux.

Claude Girardin présente, de ce chef, les réclamations suivantes :

1° Une somme de 96 livres pour la composition et dessein du frontispice de la collection des chenilles, chrisalides et papillons qui se trouvent en Europe; 2“ celle de 48 livres pour la composition et gravure des armes de M. Darcy; 3^ pareille somme de 48 livres pour avoir retouché les planches du premier cahier de lad. collection et deux du second cahier-, 4° celle de 12 livres pour les couleurs qu’il a fournies pour, enluminer lesd. papillons et pour les godets; 5° celle de i3o livres pour des effets, planches et ustencils par îuy laissés dans l’appartement où nous sommes, originairement loués par luy, les termes de laquelle location ont été payés par le defîunt^ et le dernier seulement par led. Darcy ; 6° la somme de 600 livres, à quoy il évalue son travail, le tems par luy employé pour l’exécution de lad. collection, en conformité des pactes et conventions faittes entre luy, le deffunt et M. Darcy, et encore entre luy et le deffunt.

Uinventaire est fait par M® Boulard, notaire.

(Arch. nat., Y 15287,)

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