I06 GABRIEL-JACQUES DE SAINT-AUBIN
l’Académie de peinture, en 1751, puis, tout à coup, abandonna les voies battues pour se livrer à la fantaisie et à tous les caprices d’une imagination vagabonde. Ce fut ce qu’on appelle aujourd’hui un bohème, dans toute la force du terme.
Il meurt le mercredi, 9 février 1780, dans un appartement au second étage d’une maison de la rue des Prouvaires, appartenant à la demoiselle Ballin, occupée en bas par un fourreur. C’est l’appartement de Charles -Germain de Saint -Aubin, l’aîné de tous les frères, dessinateur du Roi et dessinateur sur étoffes, auteur des Papillonneries humaines. Celui-ci fait appeler, le jeudi 10 février, le commissaire Marie-Joseph Chénon fils, et déclare que son frère Gabriel-J acques de Saint-Aubin, « peintre de l’Académie de Saint-Luc, est décédé la veille à onze heures du matin chez lui où il s’étoit fait transporter le samedi précédent pour être plus à portée de secours, étant malade depuis plus de six mois qu’il traînoit. « Il avait apporté avec lui des nippes sans valeur, consistant en une redingote de peluche rayée, une robe de chambre de damas brun, une culotte noire, une vieille paire de pantoufles, une chemise sale, un bonnet de laine sans coiffe, un mouchoir, « seuls effets dans lesquels il était enveloppé dans la chaise à porteurs dans laquelle il s’est fait transporter. » Le défunt avait donné à sa sœur sa montre d’or et sa médaille d’or de l’Académie.
Puis, les scellés sont apposés sur les portes de l’appartement habité par le s. Gabriel de Saint-Aubin, rue de Beauvais, maison du s. Garnier, menuisier, au second. Quand il s’agira, le 22 février, de faire dresser l’inventaire des meubles du défunt, par le notaire Étienne-Prosper Delamotte, le commissaire fera cette remarque caractéristique : « attendu le désordre qui règne dans led. appartement et l’impossibilité qu’il y a de procéder à l’inventorié de ce qu’il renferme avant qu’au préalable il ait été fait un arrangement et mise en ordre de tous les meubles et effets, tableaux, dessins, livres et papiers bouleversés et confondus les uns dans les autres... » C’est la première fois que nous rencontrons dans un procès-verbal une pareille observation. Il est donc procédé à l’arrangement et rnise en ordre des meubles et effets, et François Baqan, le graveur et marchand d’estampes bien connu, demeurant rue et hôtel Serpente, est désigné pour donner son avis sur la prisée des tableaux et estampes.