COMPAGNON SCULPTEUR
i8 avril 1781.
Apposition de scellés après le décès de Nicolas Blavier, compagnon sculpteur, mort en son domicile, rue Saint-Martin, à la requête de sa veuve Marie-Jeanne Fontaine.
Le mobilier est sans importance; la plupart des effets du défunt, notamment quatre portraits et sa montre à boîte d’or portant sur le plateau du balancier le nom de Vernezobre, ayant été emportés peu avant ou même après le décès par divers créanciers en garantie des sommes par eux prêtées.
La seule héritière du sieur Blavier est une sœur mariée à Liège. Le notaire Jacques Garcerond est chargé de la confection de l’inventaire.
(Arch. nat., Y i33o3.)
PIERRE DOGUET
MAITRE PEINTRE
i5 septembre 1781.
Un nom et une date, c’est à peu près les seuls renseignements à recueillir du procès-verbal en question. Après une maladie à la suite de laquelle il reste trois jours sans connaissance, Pierre Doguet, maître peintre, est transporté de son logement, rue des Vieilles-Tuileries, cour du Manège, à l’Hôtel-Dieu, où il meurt le lendemain, i5 septembre 1781. Un de ses amis, le s. Joseph Charrière, Suisse au service de la comtesse de La Rochefoucauld, fait apposer les scellés par le commissaire Claude Le Seigneur. Le mobilier est insignifiant. Le défunt a pour unique héritier un frère, Joseph Doguet, habitant à Sordeval, en Normandie. Oppositions du propriétaire, du chirurgien et du s. Charrière, créancier d’une somme de 220 livres.
(Arch. nat., Y iqSyo.)
JEAN-BAPTISTE LEPRINCE
JEAN-BAPTISTE LEPRINCE
PEINTRE DU ROI ET DE l’aCADÉMIE.
3 octobre 1781.
Après le beau volume dans lequel M. Jules Hédou a exposé le résultat de ses longues et consciencieuses recherches sur Jean Le Prince et son œuvre (Paris, Rapilly, 1879, in-8", avec planches), il reste bien peu de chose à dire sur cet artiste de mérite. Aussi nous contenterons-nous de relever dans le scellé deux passages, l’un relatif à ce fameux secret de gravure en lavis, qui fut acheté à Marie-Anne Leprince, nièce et légataire universelle du peintre, moyennant une pension viagère de 1,200 livres, et une somme de 600 livres une fois payée. On trouvera dans le livre de M. Hédou tous les renseignements désirables sur cette négociation.
L’autre passage du scellé dont nous conservons la mention se rapporte à un fait moins connu. Il était absolument interdit, on le sait, aux membres de l’Académie de peinture, de se livrer au commerce des tableaux. Certains d’entre eux ne se faisaient pas scrupule de violer cette règle. Seulement, ils prenaient, comme Leprince, leurs précautions en s’associant avec un marchand ou un membre de l’Académie de Saint -Luc. Les quatre grands tableaux de Parrocel réclamés pour moitié par le sculpteur Jean- Baptiste Feuillet figurent sous le n“ 6 dans la Notice des principaux articles de tableaux... provenant de la succession de feu M. le Prince, dont la vente se fit le 28 novembre 1781, par les soins de J.-B.-P. Le Brun. Voici comment ces peintures sont décrites au Catalogue : « Quatre grands tableaux, représentant des sujets de bataille auprès de villes, de fortifications, et en pleine campagne. Ces quatre superbes tableaux sont clairs, brillants et de la plus grande richesse ; ils sont dignes d’orner le plus beau cabinet. Hauteur, 5o pouces. Largeur, 87 pouces. Toile. »
M. Hédou, qui reproduit le catalogue de la vente faite après le décès de Le Prince, ne donne pas les prix. Nous ignorons donc si l’associé du peintre rentra dans ses déboursés.
JEAN-BAPTISTE LEPRINCE
Procès-verbal d’apposition de scellés, au Louvre, dans le logement occupé par Jean- Baptiste Leprince, peintre du roi, de V Académie de peinture et de sculpture, « décédé depuis quelques jours dans une maison sise en la ville de Lagny. » (3 octobre 1781.)
Le logement de Leprince était situé au second étage du château en entrant par Bescalier de la colonnade à droite et dans le corridor régnant derrière lad. colonnade.
Opposition à la levée des scellés.
En procédant, est comparu s. Jean-Baptiste Feuillet, sculpteur et ancien directeur de l’Académie de Saint- Luc, demeurant à Paris, rue du Cocq-Saint-Honoré, paroisse Saint-Germain-l’Auxerois, lequel nous a dit qu’au mois de juin 1780, il a acheté en société avecled. feu Leprince, de M. le président de Chazelles, quatre grands tableaux de Parocels, représentant Batailles et marche de troupes, de 7 pieds 4 pouces de large, sur 4 pieds 2 pouces de haut, sans bordure, moyennant la somme de deux mille livres, qu’il a payé en billets souscrits de lui seul au proffit de M. de Chazelles, sans que led. feu Leprince lui ait remis des fonds pour acquitter les mille livres faisant la moitié dont il est tenu de celle de deux mille livres, prix de l’acquisition ; que, depuis cette acquisition, lesd. tableaux ont été restaures, du consentement dud. feu s’’ Leprince, par les soins de luy sieur Feuillet, qui a payé à ce sujet une somme de 329 livres i5 sols, suivant les mémoires qu’il a en sa possession, dont moitié à la charge dud. s. Leprince, d’où il résulte qu’indépendamment de la propriété dud. s. Feuillet de la moitié desd. tableaux, il est encore créancier de la succession dud. s. Leprince
JEAN-BAPTISTE LEPRINCE
de la somme de 1,164 li’vres 17 sols 6 deniers pour la moitié dud. s. Leprince dans le prix desd. tableaux et de ce qu’il en a coûté pour les restaurer, et que, quoique led. s. Feuillet n’ait point été payé de la somme de 1,164 livres 17 sols 6 deniers par led. s. Leprince, il a cependant laissé en la possession dud. s. Leprince lesd. quatre tableaux, lesquels doivent se trouver dans son attelier sous les scellés, pourquoy led. s. Feuillet déclare qu’il est opposant et s’oppose à la reconnoissance et levée de nos scellés et que les causes de son opposition sont : 1° à ce qu’il lui soit donné acte de la réclamation qu’il fait desd. tableaux pour la moitié qu’il luy en appartient en conséquence de la société verballe qu’il a contracté avec led. feu s. Leprince, et de son réquisitoire, même de son consentement que lesd. tableaux soient inventoriés et vendus par distinction, pour la moitié du prix auquel ils seront adjugés luy etre payée en qualité de propriétaire; 2° afin de payement par privilège sur l’autre moitié appartenante à la succession dud. feu s. Leprince , de la somme de i , 1 64 1. 1 7 s. 6 d, à lui due par la succession dud, feu s. Leprince, ainsy qu’il est cy dessus expliqué, ensemble des interets de lad. somme qu’il requiert ; 3° en cas d’insufisance du prix de lad. moitié appartenante à la succession dud. s. Leprince '^o\xv payer à luy s. Feuillet lad. somme de 1,164 1. 17 s. 6 d. et intérêts, d’être payé de l’excédent par contribution au marc la livre avec les autres créanciers opposants sur le prix des meubles et effets dépendants de la succession dud. feu s. Leprince, n’empêchant néanmoins qu’à la charge de ses oppositions, réclamations et réquisitoires, il soit procède à la reconnoissance et levée de nosd. scellés, et a signé.
(Signé :) Feuillet.
JEAN-BAPTrSTE LEPRINCE.
Et le 23 octobre, aud. an 1781, est comparu M® Jean- Denis Le Sacher, procureur au Châtelet, lequel nous a requis procéder à la reconnoissance et levée de nosd. scellés.
En procédant, ledit M® Le Sacher, esd. noms et qualités de fondé de procuration dud. s. Luce (exécuteur testamentaire) et de lad. demoiselle Leprince, nous a dit que, s’estant trouvé dans les papiers de la succession dud. s. Leprince une liasse de plusieurs pièces concernant la découverte faite par led. s. Leprince d’un procédé de gravure en lavis, il nous observe qu’il est de l’intérêt commun que ces pièces demeurent secrètes jusqu’à ce que les droits des parties dans la succession dud. s. Leprince soient réglés ; pourquoy il nous requiert qu à la conservation des droits de qui il appartiendra et le nombre desd. pièces préalablement par nous constaté, elles soient par nous mises sous nos scellés et déposées ès mains de notre greffier, pour estre ensuite remises quant et à qui il appartiendra.
Sur quoy, nous lieutenant général (de la Prévôté de 1 Hôtel) avons constaté que lesd. pièces sont au nombre de quatre et toutes manuscrit, la première écrite sur cinq pages de papier de compte tant recto que verso et sur les deux tiers du recto d’une sixième feuille commençant à la première page . par ces mots : Procédé de la gravure en lavis, et finissant par ceux-ci : qui sont déjà gravé. La seconde pièce écrite sur une feuille de papier à lettre commençant en vedette par ces mots : Mémoire, et finissant par ceux-ci : de ce quoagulé. La troisième pareillement écrite sur une feuille de papier à lettre, commençant par ces mots : Le grain établi sur la planche, et finissant par ceux-ci : à l’encre de la Chine; que la quatrième et dernière consiste en des
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nottes composant neuf lignes en alinéa, écrites pareillement sur le tiers du recto d’une feuille de papier à lettre commençant par ces mots : L)6 Ici Touche.^ et finissant par celui-ci ; Table. Lesquelles quatre pièces nous avons renfermé dans un petit carton carré sur lequel nous avons apposé le cachet de nos armes et ordonne que led. carton sera déposé entre les mains de notre greffier pour estre remis à qui il appartiendra.
Sont nommés ; le s. Jean-Baptiste-Pierre Lebrun^ peintre, demeurant à Paris, rue de Gléry, parroisse Saint-Eustache, pour donner son avis sur l’arrangement, prisée et valeur des tableaux, estampes, gravures, desseins et autres objets relatifs à son art, dépendants de la succession dud. -s. Leprince., et le s. Louis-François Prault, imprimeur et libraire du Roy, demeurant à Paris, quay des Augustins, parroisse Saint-André-des- Arts, pour pareillement donner son avis sur l’arrangement, prisée et valeur des livres composant la bibliotèque dud. deffunt s. Leprince.
Les héritiers étaient : T° Marie-François Leprince, bourgeois de Paris; 2“ Jean - Baptiste-Jude Charpentier, ci-devant maître de langue de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, au nom de sa femme Anne-Catherine-Louise Leprince; 3° Marie-Anne Leprince, bourgeoise de Saint-Denis, frère et sœurs du défunt ; 4° Marie-Anne Leprince, demeurant au château du Louvre, nièce dud. défunt; 5“ Jeanne I.eprince, femme du s. de Longehamp, bourgeois de Londres, également niece du défunt. Les deux dernières pour un quart seulement et en représentation de Jean- Robert Leprince, leur père, bourgeois de Londres.
Les frais de scellés s’élevèrent à 1,182 1. 12 s. 6 d.
(Arch. nat., V’* 91.)